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Cousins peut-il devenir un problème pour les Warriors ?

Cousins peut-il devenir un problème pour les Warriors ?

Le 08/03/2019 à 09:26Mis à jour Le 08/03/2019 à 12:51

NBA – Mal en point en ce moment, notamment en défense, les Warriors ont perdu cinq de leurs huit derniers matches. Au cœur de ces difficultés, un homme : DeMarcus Cousins. Sans être responsable de tous les maux, l’intérieur en manque de rythme semble handicaper son équipe quand il est sur le terrain. Analyse.

Depuis que Kevin Durant a rejoint la baie d’Oakland en 2016, il y a une règle non-écrite : ne jamais s’enflammer et tirer des conclusions trop hâtives après une éventuelle série de défaites des Golden State Warriors. Parce que cette équipe a tellement de talents dans son effectif qu’il est quasiment impossible de l’imaginer perdre sur une série au meilleur des sept manches si elle est au complet. Les doubles champions en titre sont leurs propres adversaires. S’ils trouvent les ressources physiques et surtout mentales pour pratiquer leur basket, ils vont finir par gagner. C’est simple.

C’est pour ça que nous ne sommes pas inquiets pour les troupes de Steve Kerr alors qu’elles traversent actuellement une mauvaise passe. Elles ont perdu cinq de leurs huit dernières rencontres. Et à ce stade de la saison, alors que les favoris au titre montent traditionnellement en puissance, ce n’est pas complètement anodin non plus. Avant de chercher une éventuelle solution à un problème qui n’existe peut-être pas totalement, aussi absurde que cela puisse paraître, encore faut-il identifier ledit problème. Et les amateurs de statistiques n’ont pas mis longtemps à trouver un coupable. Les chiffres pointent du doigt DeMarcus Cousins, cinquième All-Star du groupe ajouté l’été dernier et qui a débuté sa saison en janvier après un an d’absence en raison d’une déchirure du tendon d’Achille.

Le pivot est encore rouillé et ça se sent. Il est à court de rythme et il retrouve seulement ses sensations après une longue période de rééducation. Il a sorti quelques bons matches, évidemment, mais il manque de régularité. Le temps qu’il se remette réellement dans le bain. Maintenant, cela ne change pas grand-chose au constat immédiat : en attendant qu’il revienne à son niveau de jeu d’avant-blessure (sans doute l’an prochain, quand il ne sera probablement plus aux Warriors), Cousins est un point faible pour une armada habituellement sans grandes lacunes.

Une équipe qui n’arrive pas (pas encore ?) à intégrer son cinquième All-Star

Son Net Rating – le différentiel entre les points marqués et encaissés par son équipe quand il est sur le terrain – est assez parlant. Il est à -0,8, ce qui est tout de même surprenant vu que les Warriors dominent généralement leurs adversaires assez nettement. Ils marquent 5,6 points de plus que l’équipe d’en face en moyenne sur 100 possessions. Mais ils sont donc mis en difficultés quand DMC est sur le parquet. Ce dernier peine encore à s’adapter à ses nouveaux partenaires. Bon c’est assez logique. Il a repris la compétition il y a moins de deux mois. Il y a des automatismes à trouver. Mais là encore, peu importe les justifications, cela ne change pas le constat. Les titulaires “cinq étoiles” de Golden State, les cinq All-Stars, marquent 115,5 points sur 100 possessions… mais ils en encaissent 116,5 dans le même temps ! Et oui, le cinq majeur le plus terrifiant de la ligue sur le papier est loin d’être dominant. Avec de vrais problèmes défensifs.

Draymond Green est tout de même monté au créneau pour défendre – preuve qu’il sait toujours le faire quand il veut – son camarade : "Je pense que beaucoup de gens regardent le cinq majeur et se disent : ‘oh, leur défense est pire depuis que DeMarcus est là’. Mais notre défense a été mauvaise quels que soient les joueurs présents sur le terrain. C’est facile de regarder les chiffres et d’interpréter mais nous n’avons pas été compétitifs en réalité." Toujours est-il que quand Stephen Curry, Klay Thompson, Kevin Durant et Green sont tous les quatre ensembles sur le parquet, avec n’importe quel autre joueur que Cousins, ils ne prennent que 107,2 points ! Pour 118,9 marqués (toujours sur 100 possessions). Ça, c’est une équipe qui domine et terrifie la NBA.

Kevin Durant, Draymond Green, Stephen Curry, Klay Thompson et DeMarcus Cousins (Warriors), lors du Media Day, le 24 septembre 2018.

Kevin Durant, Draymond Green, Stephen Curry, Klay Thompson et DeMarcus Cousins (Warriors), lors du Media Day, le 24 septembre 2018.Getty Images

Il n’est pas le seul responsable mais Cousins reste un point faible en défense. Il est mobile pour sa taille mais pas au point de pouvoir chasser des ailiers loin du cercle après avoir changé sur les écrans, une stratégie appliquée quasiment partout en NBA. Surtout qu’il n’a pas la même vitesse latérale depuis sa blessure. Même offensivement, il n’est pas assez efficace. 15,5 points en seulement 25 minutes, certes, mais avec un vilain 24% de réussite à trois-points. Et 45% aux tirs, ce qui reste faible pour un intérieur. Il réduit les espaces en demandant la balle près du panier. Surtout que ses coéquipiers l’alimentent souvent en ballons, justement dans la volonté de le mettre en confiance. Sauf que ça casse le rythme. Et avec leurs tireurs, les meilleurs du monde, les Warriors ont besoin de dynamisme et non d’un point d’ancrage dessous. Le basket ne se joue plus comme ça. En tout cas au plus haut niveau du plus haut niveau. Pas pendant les playoffs et encore moins pendant les finales.

DeMarcus Cousins peut-il accepter d’être sixième homme ?

Les doubles champions en titre ont toujours été plus forts dans une configuration “small ball”, avec Green en pivot. Quand ils peuvent jouer vite en attaque et changer sur tous les écrans en défense. C’est moins possible en ce moment. Steve Kerr est évidemment tenté de donner des minutes à Cousins, ce qui réduit les temps de passage de Green au poste cinq. Mais jusqu’à quand ? La donne risque d’être différente en playoffs. Et sur les matches vraiment serrés, vraiment disputés, il est fort probable que l’ancienne superstar des Kings et des Pelicans passe de longs moments sur le banc.

L’idéal serait peut-être même justement de le faire sortir du banc. Ou alors de jouer les cinq premières minutes du premier et du troisième quart temps, de sortir rapidement puis de rentrer à nouveau seulement quand les titulaires adverses se reposent. Dans un rôle de joker offensif à la Enes Kanter – oui, ça peut être peu flatteur vu le niveau de Cousins avant sa blessure mais c’est la réalité actuelle – qui marque un paquet de points face à des adversaires plus faibles. Reste à savoir si le joueur, avec son caractère bien trempé, sera prêt à mettre son ego de côté pour faire gagner l’équipe. Parce qu’il soit titulaire ou remplaçant, il est évident qu’il y aura des matches où il va passer 15 à 20 minutes sur le parquet. Il sera frustré. Mais c’est à lui de prendre sur lui.

De sa réaction dépend aussi la campagne des Warriors. Ajoutez-y l’incertitude grandissante autour de l’avenir de Kevin Durant – certains membres de l’équipe l’imaginent déjà partir – et la fatigue accumulée après quatre finales de suite et vous obtenez une série de détails qui, mis bout à bout, seront les principaux obstacles rencontrés par cette équipe dans les prochaines semaines.

DeMarcus Cousins lors d'un match entre les Hornets et les Warriors, le 25 février 2019.

DeMarcus Cousins lors d'un match entre les Hornets et les Warriors, le 25 février 2019.Getty Images

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