Getty Images

Dynastie des Warriors, blessures, Leonard : ces Finales vont changer le visage de la NBA

Dynastie des Warriors, blessures, Leonard : ces Finales vont changer le visage de la NBA

Le 14/06/2019 à 14:31Mis à jour Le 14/06/2019 à 19:14

NBA – La saison s’est terminée sur ces superbes finales remportées en six manches par Toronto. Les Raptors sont champions pour la première fois de leur histoire mais ils font déjà face à des questions avec l’avenir incertain de Kawhi Leonard. Une problématique similaire pour les Warriors qui sortent lessivés de cinq années historiques. On fait le point en sept questions.

Golden State, la fin d’une dynastie ?

Alors que les Warriors s’apprêtaient à perdre le titre, les bookmakers américains fixaient déjà les cotes pour la saison 2020. Leur favori ? Golden State. Encore. Toujours. C’était avant que Klay Thompson ne se rompe les ligaments croisés lors du Match 6. Paradoxalement, les blessures de Thompson et Kevin Durant offrent tout de même aux Californiens de meilleures chances de conserver leurs deux stars ou au moins l'une d'entre elles. Les Warriors ont une philosophie un peu similaire aux Spurs, qui les ont évidemment influencés. San Antonio a construit un trio légendaire avec Tim Duncan, Manu Ginobili et Tony Parker. Les profils sont évidemment différents mais les dirigeants californiens sont partis pour essayer de conserver leur noyau dur – Stephen Curry, Draymond Green et Thompson – jusqu’à la fin de leur carrière.

Comme les Spurs, ils ont là trois futurs Hall Of Famers capables de s’imposer sur la durée. Ils ont déjà disputé cinq finales de suite avec trois titres dont deux de suite, ce qui n’a jamais été accompli par les éperons. Sauf que les Texans ont été au sommet pendant quinze ans. Quinze ans. Pas sûr que les Warriors tiennent autant sur la durée. Mais ils ont l’opportunité de continuer à marquer l’Histoire. Peut-être pas en allant au bout chaque année, ce n’était pas non plus le cas pour Duncan et compagnie. Peu importe. Ça dépasse les bagues. Cette envie d’aller plus loin - des "années lumières d’avance" comme le disait le propriétaire de la franchise - va sans doute les pousser à offrir un contrat maximum à Klay Thompson malgré sa blessure au genou.

Et tant qu’il accompagnera Curry et Green, cette équipe sera l’une des meilleures de la ligue. Ce n’est donc pas la fin d’une dynastie. En revanche, c’est sans doute un cycle un peu différent qui s’ouvre pour les Warriors et surtout une année dans l'inconnu alors qu'ils vont changer de salle, direction une enceinte flambant neuve à San Francisco et que Curry et Green seront seuls aux manettes. Ces finales ont démontré que le groupe était éreinté, usé par tant d’années au plus haut niveau. Ça laisse des traces sur les corps et les esprits. Ce qui explique aussi les blessures. Les Warriors ne domineront peut-être plus jamais autant la NBA comme ils l’ont fait entre 2015 et 2019. Mais ils ne sont certainement pas finis.

Stephen Curry, la vedette des Warriors, après la troisième défaite de Golden State contre Toronto (3-1) lors des finales NBA.

Stephen Curry, la vedette des Warriors, après la troisième défaite de Golden State contre Toronto (3-1) lors des finales NBA.Getty Images

Kevin Durant, un avenir chamboulé ?

La déchirure du tendon d’Achille est l’une des pires blessures pour un athlète. La très large majorité des joueurs NBA qui en ont été victimes ne sont jamais revenus au même niveau. Pour cette raison, nombreux sont ceux qui imaginent Durant activer son option à 31 millions de dollars et rester un an à Golden State en attendant de tester le marché en 2020 suite à sa blessure lors du Match 5 des finales. C'est loin d'une certitude. KD reste le meilleur joueur du monde. Plus qu’un basketteur, c’est un formidable produit marketing et un aimant à superstars. Plusieurs franchises ont besoin d’un joueur comme lui. Notamment des Knicks désespérés. Les Nets et les Clippers sont aussi susceptibles de s’intéresser à lui de lui proposer un contrat massif malgré son indisponibilité pendant plusieurs mois, peut-être même un an.

Adrian Wojnarowski, l’homme de tous les scoops NBA, a déjà fait savoir que Durant allait probablement chercher à signer un nouveau contrat dès juillet. Que ce soit aux Warriors ou ailleurs. Il reviendra fort. Peut-être pas aussi fort, mais il reviendra fort. Alors autant miser sur lui dès maintenant.

Kevin Durant, blessé lors de ces Finales

Kevin Durant, blessé lors de ces FinalesGetty Images

Kawhi Leonard, quelle place dans l’Histoire ?

C’est évidemment trop tôt pour juger la carrière de Kawhi Leonard. Tout simplement parce qu’elle n’est pas terminée. Il a déjà deux titres de champions NBA et deux trophées de MVP des finales à 27 ans (28 à la fin du mois) – le premier à décrocher cette distinction dans les deux Conférences. Au même âge, Michael Jordan gagnait sa première bague. Kobe Bryant en comptait trois mais sans jamais avoir été élu meilleur joueur des finales. Voilà pour les comparaisons abstraites. Leonard n’aura peut-être jamais la carrière des deux géants mais il a marqué l’histoire avec sa campagne de playoffs.

Plus de 30 points de moyenne avec quelques performances époustouflantes. Et même un panier pour la gagne planté à la sirène d’un Match 7 épique au second tour contre Philadelphie. 720 points au total en 22 matches, la cinquième campagne la plus prolifique de tous les temps. On vient clairement d’assister à des playoffs légendaires sur le plan individuel. Et ça, il n’est pas trop tôt pour l’affirmer.

Toronto, un aboutissement ou le début d’une nouvelle ère ?

Les Raptors ont été créés en 1995, suite à l’expansion de la NBA vers le Canada avec l’implantation d’une franchise à Toronto et une autre à Vancouver. Ils ont disputé cette saison la première finale de leur histoire. Et ils l’ont donc gagnée. L’avenir s’annonce donc prometteur… a priori. Sauf que l’organisation pourrait être chamboulée. On ne change pas une équipe qui gagne, à part quand ses cadres décident d’aller voir ailleurs. Kawhi Leonard sera libre de signer où bon lui semble cet été. Avant de débarquer dans l’Ontario, où il ne se voyait clairement pas, il avait exprimé le désir de jouer pour Los Angeles. Marc Gasol pourrait aussi tester le marché. Kyle Lowry a été déterminant sur ces finales mais il prend de l’âge.

Même Masai Ujiri, l’architecte de ce succès, est fortement convoité par Washington. Le Président peut aller se lancer un nouveau défi aux Wizards. Mais tout ce beau monde peut finalement décider de prolonger l’aventure. Avec un Pascal Siakam en plein développement pour épauler Leonard au sommet de son art. Les prochaines semaines nous diront vite si c’était juste un "one shot" ou si Toronto peut s’affirmer dans la durée.

Toronto Raptors - NBA champions 2019

Toronto Raptors - NBA champions 2019Getty Images

Kawhi Leonard a-t-il gagné son bon de sortie ?

Si jamais le MVP des finales venait à partir, les supporters des Raptors ne pourront même pas vraiment lui en vouloir. Il est venu, il a vu et il a vaincu. Il a mené la franchise canadienne sur le toit du monde. Rien que pour ça, il sera idolâtré pendant longtemps dans le grand Nord. Même s’il prenait la décision de ne rester qu’un an.

Lui ne voulait pas jouer au Canada. Il rêvait de Los Angeles. Des Lakers avant de l’arrivée de LeBron James. Puis des Clippers en plan B. Les deux équipes de New York – Knicks et Nets – vont aussi lui faire les yeux doux cet été. Sera-t-il séduit ? Personne ne sait réellement ce qui se passe dans la tête de l’ailier All-Star. Il ne s’exprime pas beaucoup. Ceux qui cherchent des signes noteront qu’il n’a pas acheté de maison à Toronto.

Si Leonard venait à partir – en légende – il laisserait le champion NBA dans l’incapacité, a priori, de conserver son titre. Et à l’inverse, il ferait de l’heureux élu un candidat immédiat au titre. Parce qu’il est aujourd’hui le meilleur joueur de la ligue, surtout après la grave blessure de Durant. L’arme absolue des deux côtés du parquet. Dans une ligue sans KD pour un an, sa décision va donc déterminer en grande partie la prochaine saison. Jusqu’à présent, il a mis fin à des dynasties – celle du Heat, celle des Warriors. Peut-être qu’il sera temps qu’il en lance une. Que ce soit à Toronto ou ailleurs.

Kawhi Leonard lors de Golden - Toronto - Match 4 des Finales NBA 2019

Kawhi Leonard lors de Golden - Toronto - Match 4 des Finales NBA 2019Getty Images

Quel héritage pour Stephen Curry ?

Plutôt que de fêter le titre après la sirène finale, Leonard s’est dirigé vers Stephen Curry pour le réconforter. Steve Kerr avait lui aussi eu un geste d’attention pour son meneur juste après que ce dernier ait manqué le tir pour la gagne. Curry avait une occasion d’arracher un Match 7. Il l’a raté. Ses détracteurs souligneront que, malgré ses trois titres, il n’a jamais été élu MVP des finales. Est-ce que ça veut dire pour autant qu’il s’est planté à chaque fois ? Bien sûr que non. Il a même été bon sur chacune des cinq finales. Par contre, il n’a pas été aussi étincelant que ce qu’il a pu l’être pendant la saison régulière ou d’autres tours de playoffs. En même temps, il place la barre tellement haut…

Rien que sur cette série, Curry a tourné à 30 points par match, plus de 5 rebonds et plus de 6 passes. Avec des pourcentages proches de ceux de Leonard. De mémoire, on n’a pas le souvenir d’un joueur défendu d’aussi près en finales. Shaquille O’Neal attirait les prises-à-deux, certes. Mais sous le panier. Avec le ballon. Steph est constamment pris à deux, parfois à trois, même à dix mètres du cercle. Même parfois quand il n’a pas la balle entre les mains. Un traitement unique. Il serait dommage de simplement retenir ce tir raté.

Quelle Conférence Ouest l’an prochain ?

Les blessures de Klay Thompson et Kevin Durant promettent un sacré chantier de ce côté du pays la saison prochaine. Les Warriors seront évidemment amoindris. Le reste de la Conférence est très ouverte – l’accession des Blazers en finales à l’Ouest l’a démontré. N’importe quelle équipe qui récupère Anthony Davis peut prétendre aller loin. Les Lakers, qui paraissent si mal en point, pourraient complètement inverser la tendance en alignant LeBron James et A.D. Portland peut passer un cap en arrivant à dénicher l’intérieur All-Star des Pelicans. Ça s’annonce très ouvert et très indécis.

LeBron James, la star des Lakers

LeBron James, la star des LakersGetty Images

Pariez sur le Basketball avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313