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Envie de départ, manigances avec les Lakers : pourquoi Anthony Davis va bouleverser la NBA

Manigances et petit arrangement entre amis : pourquoi Davis va bouleverser la ligue

Le 29/01/2019 à 14:38Mis à jour Le 29/01/2019 à 16:33

NBA - Anthony Davis ne veut plus jouer pour les New Orleans Pelicans. Une requête pas surprenante mais soudaine qui pose de nombreuses questions. En attendant les réponses, Lakers, Knicks, Celtics et autres franchises mythiques vont batailler pour récupérer un joueur qui peut s'affirmer comme le prochain visage du championnat.

La bombe n'a pas encore explosé. Mais ses déflagrations sont déjà apparentes. Lundi, on a appris qu'Anthony Davis, intérieur star des Pelicans, avait prévenu sa franchise qu'il souhaitait aller voir ailleurs. Le timing n'a évidemment rien à voir avec le hasard et le contexte est tellement étrange que la ligue a carrément décidé de mener une enquête sur le dossier. Avec une possible amende à venir pour la superstar. Pourquoi ? Parce que "The Brow" pense que sa demande est téléguidée de l'extérieur... et plus précisément de Los Angeles où évoluent les Lakers et un certain LeBron James.

Un timing qui joue clairement en faveur des Lakers

Déjà, il faut savoir qu’Anthony Davis est représenté par Rich Paul, figure dans le milieu et patron de Klutch Sports. Une agence qui gère les carrières de nombreux athlètes dont… LeBron James. C’est là que ça se complique. Paul n’est pas juste l’agent ou un associé de James. C’est son ami. L’un de ses meilleurs amis. Un membre très proche de l’entourage du King, avec qui il partage tout et avec qui il se concerte sur de nombreuses décisions qui dépassent le cadre de sa propre carrière.

James est d’ailleurs souvent impliqué, plus ou moins indirectement, dans les affaires des autres clients de Paul. C’est après avoir mis la pression aux Cavaliers – via des tweets ou des déclarations – que J.R. Smith et Tristan Thompson, deux autres joueurs représentés par Klutch Sports, ont signé des contrats supérieurs à leur valeur sur le marché. James est très proche de Ben Simmons ou Eric Bledsoe ainsi que tous les membres de la "famille Klutch Sports".

Quand Anthony Davis a changé d’agent, l’été dernier, pour engager Rich Paul, l’hypothèse d’un futur transfert aux Lakers, où venait de signer le triple champion NBA, a de suite été évoquée. Ses envies de départ ne surprennent pas. C’était pressenti depuis un moment. Cela fait même des années que c’est dans l’air, avec déjà plusieurs tentatives pour le récupérer de la part des Celtics. Même les Warriors y songeaient avant même la signature de Kevin Durant. Les coéquipiers de Davis n’ont pas été étonnés quand il leur a annoncé ses intentions il y a trois jours. Ce qui choque, c’est le timing si brutal. Parce que ce timing, justement, joue clairement en faveur des Lakers.

Kyle Kuzma, Lebron James et Lonzo Ball

Kyle Kuzma, Lebron James et Lonzo BallGetty Images

Cela fait maintenant un mois que Los Angeles met tous ses jeunes joueurs sur le devant de la scène. Comme si la franchise se préparait à les vendre et cherchait donc à démontrer leur valeur. Quatre semaines que les principaux talents prometteurs des Californiens sont gavés de responsabilités en l’absence d’un James certes blessé à l’aine mais qui aurait déjà pu reprendre la compétition selon Brian Windhorst, journaliste ESPN le mieux renseigné au sujet du natif d’Akron.

Des Celtics hors-course avant l’été

Si l’on se fie à ses sources, LeBron est prêt mais il ne joue pas (il va reprendre très prochainement…). En attendant, Ivica Zubac (21 ans) a été brusquement relancé dans la rotation alors qu’il ne jouait que des bouts de matches jusqu’alors. Et il enquille, avec du temps de jeu. 26 points et 12 rebonds par-là, 24 et 16 par-ci. Le jeune pivot est mis en avant après avoir été laissé sur le banc. Brandon Ingram, Kyle Kuzma, Josh Hart et Lonzo Ball – avant sa blessure – aussi. Ce dernier compilait plus de 14 points, 7 rebonds et 7 passes avant de se faire une sévère entorse de la cheville. Ce n’était plus des matches pour les Lakers mais une exposition en vitrine de tous les joueurs qu’ils pourraient sacrifier pour mettre la main sur Anthony Davis.

Ce timing si particulier met aussi hors-course les Celtics, principaux concurrents des Angelenos sur le dossier. Ils ne peuvent pas se positionner parce qu’ils ont déjà Kyrie Irving dans l’effectif. Explications : Irving et Davis ont tous les deux été nommés "designated player" à l’issue de leur contrat rookie par leur franchise respective (Cleveland et New Orleans) à l’époque. Ils ont alors négocié un deal au maximum sur cinq ans. Le règlement NBA interdit toute équipe de posséder deux "designated player" dans son effectif.

Autrement dit, Boston ne peut pas récupérer AD tant qu’Irving n’est pas parti ou n’a pas signé un nouveau contrat. Donc pas avant cet été, quand le meneur All-Star sera sur le marché avec une possible extension à parapher avec l’organisation du Massachusetts. Les Celtics ont le meilleur package disponible pour Davis – à choisir entre des choix de draft, Jaylen Brown, Terry Rozier, Al Horford, Gordon Hayward et même peut-être Jayson Tatum – mais ils ne peuvent même pas se mêler à la lutte pour l’instant.

Ajoutez-y un LeBron James qui a avoué qu’il aimerait bien jouer avec Davis et vous obtenez une parfaite théorie du complot. Ou au moins un dossier croustillant avec des zones d’ombre.

Gordon Hayward avec Kyrie Irving - Boston Celtics 2019

Gordon Hayward avec Kyrie Irving - Boston Celtics 2019Getty Images

Anthony Davis, déjà le dernier espoir des Lakers ?

Il y a moins d’une semaine, Davis assurait qu’il voulait attendre la fin de la saison pour se pencher sur son avenir. Il a visiblement changé d’avis rapidement. Mais ça se comprend. Son envie de changement est légitime. Les Pelicans ne seront jamais au niveau. Ils sont encore une fois englués à la treizième place de la Conférence Ouest avec 22 victoires et 28 défaites. L’intérieur All-Star aspire à plus que ça. Il n’a joué les playoffs que deux fois depuis son arrivée en 2012 avec une élimination au premier tour puis une demi-finale de Conférence disputée l’an dernier. Le joueur a sa part de responsabilité dans ces échecs : il a souvent été blessé et il n’est pas forcément un leader de vestiaire. Mais toujours est-il que ses dirigeants n’ont jamais su (ou pu ?) le mettre en position pour gagner un titre.

Davis reste un joueur phénoménal – 29 points, 13 rebonds et 4 passes au compteur cette saison – qui collerait parfaitement avec James. Parce que contrairement à d’autres stars de cette ligue, il n’a pas besoin de porter la balle longtemps pour briller. C’est un finisseur. Il peut compléter LeBron et leur association peut faire des ravages.

Le sentiment d’urgence affiché par les Lakers tend aussi à montrer que les dirigeants californiens ont peur de ne pas justement trouver une deuxième star pour aider le King dans sa quête du titre. Il y a beaucoup d’enjeux. C’est peut-être la moitié du mandat de James (deux ans sur les quatre signés) qui se joue dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Ils ont besoin d’un autre joueur pour passer un cap. Mais qui ? Qui va venir ? Qui veut venir ?

Klay Thompson semble fortement attaché aux Warriors, surtout si Golden State lui offre le maximum. Kevin Durant a déjà été très vivement critiqué pour son choix de rejoindre Stephen Curry et compagnie. Très difficile de l’imaginer s’aligner avec LeBron, surtout après avoir déclaré que ce n’était pas facile pour les stars de jouer avec James, un joueur qui dirige tout le jeu. C’est justement pour ça que Kawhi Leonard et Jimmy Butler ne seraient pas intéressés par l’idée de signer aux Lakers. Kyrie Irving a quitté les Cavaliers (et donc James) pour cette raison et il est impensable qu’il replonge là-dedans. Malgré tous les joueurs qui seront sur le marché cet été, les options sont donc limitées.

Les Knicks prêts à faire tapis ?

Contrairement aux joueurs cités, Davis est plus complémentaire de James. Et il a toujours été attiré par les super teams – il l’a lui-même avoué. Son agent a d’ailleurs déclaré que Davis voulait rejoindre un candidat au titre ou un grand marché en mesure de lui faire jouer la gagne durablement. Selon les sources d’Adrian Wojnarowski, le pape du scoop, le joueur et son entourage vont bientôt faire passer le mot comme quoi Los Angeles est la priorité absolue et que toute autre équipe qui récupérera Davis le verra partir un an plus tard, quand son contrat arrivera à expiration en 2020. Y compris les Celtics. Des menaces fantômes qui peuvent décourager les autres formations et ainsi faire baisser les enchères… en faveur des Lakers.

Ils sont pour l’instant favoris avec une offre centrée autour de Lonzo Ball, Kyle Kuzma, Ivica Zubac et un premier tour de draft. Ça peut paraître très léger – surtout aux yeux d’un supporter des Pelicans – mais les franchises qui échangent leur superstar sont de toute façon quasiment toujours perdantes dans le deal.

D’autres équipes peuvent tenter le coup. S’il y a un pari à prendre, c’est maintenant. Anthony Davis est sous contrat jusqu’en 2020. Ça laisse un an et demi pour le convaincre de rester ou même pour le transférer à nouveau. Les Knicks sont sur le dossier. Parce que l’intérieur serait l’appât parfait pour ensuite signer une deuxième star cet été. Quoi de mieux pour attirer Durant ou Irving que de leur présenter l’opportunité de jouer avec Davis ? New York est un marché qui séduit. Les Knicks peuvent proposer Kristaps Porzingis, dont l’état de santé est inquiétant (ce qui peut justement refroidir les Pelicans) ainsi que Kevin Knox. Ou même son choix de draft, même si ça semble vraiment moins probable.

Toronto peut tenter de faire tapis en essayant de récupérer Davis pour vraiment partir à la quête du titre cette saison. Quitte à ensuite perdre ses deux stars, dont Leonard. Et encore. Les deux peuvent prendre plaisir à jouer ensemble et se décider à monter une place forte à l’Est. Mais les Raptors ont trop peu d’atouts. Pas sûr que Pascal Siakam, O.G. Anunoby et des picks fassent l’affaire. Même en incluant d’autres joueurs.

Les Pelicans ne doivent pas craquer

De toute façon, les Pelicans ont intérêt à attendre. Et à ne pas céder à la pression ambiante. Le risque, comme l’indiquait Jared Dudley, joueur des Nets, c’est de renvoyer l’image d’une franchise qui garde sa star contre son gré. Ce qui peut pourrir un peu le vestiaire. Mais Davis a pris ses employeurs en otages en demandant soudainement son transfert au milieu de la saison ! La balle est désormais dans le camp des dirigeants. Maintenant, au moins, c’est clair : ils savent que leur joueur, le meilleur de la planète à son poste, veut partir. C’est à eux de décider ce qu’ils veulent récupérer en échange : plutôt des jeunes joueurs ? Plutôt des choix de draft ? Des vétérans confirmés ?

Attendre reste la meilleure option. Attendre cet été. Pour permettre à Boston d’être dans la course. Les Pelicans ont intérêt à viser Jayson Tatum. Les Celtics diront sans doute non au début mais c’est lui la cible. C’est un jeune joueur qui a le potentiel pour devenir une superstar. S’il y a un jeune à récupérer, c’est lui. Quitte à faire comprendre aux dirigeants de Boston qu’ils enverront Davis aux Lakers s’ils refusent de céder Tatum.

Anthony Davis a tenté sa chance à fond en demandant son départ. Avec l’espoir d’atterrir à L.A. Mais son destin repose toujours entre les mains des Pelicans. Une chose est sûre : ce transfert va bouleverser le paysage de la NBA, quelle que soit l’équipe qui récupère la superstar de 25 ans.

Anthony Davis (New Orleans Pelicans)

Anthony Davis (New Orleans Pelicans)Getty Images

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