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Pourquoi et comment Toronto peut renverser Golden State

Pourquoi et comment Toronto peut renverser Golden State

Le 30/05/2019 à 08:22Mis à jour Le 30/05/2019 à 15:04

NBA - Les finales débutent dans la nuit de jeudi à vendredi, avec le premier match entre les Raptors et les Warriors, à Toronto. L'ouverture d'une série qui s'annonce équilibrée et engagée jusqu'au bout. Contrairement à l'an dernier, les passionnés de basket pourraient se régaler lors de cet ultime duel pour le titre.

Pour ce baptême du feu, les Raptors affronteront l’une des armadas les plus impressionnantes de tous les temps. Les Warriors, qui disputent eux leurs cinquièmes finales de suite – ce qui n’était plus arrivé depuis les Celtics dans les années 60. Un ogre. Les Canadiens savent exactement à quoi ils s’attaquent. L’inverse est moins vrai. Pour la première fois depuis leur ascension au pouvoir, les Californiens vont affronter une formation différente des Cavaliers. “C’est juste bizarre. Bizarre de se dire que LeBron James n’est pas en face. C’est vraiment très étrange“, admet volontiers Draymond Green. Steve Kerr et ses assistants ont certainement fait leur travail en analysant minutieusement les matches précédents de Toronto depuis le début des playoffs. Mais ça reste un adversaire inédit.

Le show Kawhi Leonard

Un adversaire qui a le profil pour donner du fil à retordre à ces mêmes Warriors. Il n’y a pas de LeBron, certes, mais il y a un Kawhi Leonard au sommet de son art. Il marche sur l’eau depuis le début de la compétition. Il a éliminé les Sixers avec un panier monstrueux au buzzer du match 7, et il a été gigantesque lors des deux derniers duels contre les Bucks malgré une légère blessure à la jambe. Pour déterminer l’éventuel vainqueur d’une série, la première question consiste souvent à se demander : qui sera le meilleur joueur sur le terrain ? C’est paradoxal, parce que le basket est un sport d’équipe. Mais avec seulement cinq hommes de chaque côté sur le parquet, il suffit parfois, même souvent, que l’un soit plus brillant que tous les autres pour que ça fasse la différence à l’arrivée. Et en l’absence de Kevin Durant, encore touché au mollet, Leonard est le basketteur le plus fort des deux effectifs confondus. D’où le fait que les Warriors ne cessent de répéter qu’ils ont besoin de KD pour décrocher leur troisième bague de suite.

Pour l’instant, faisons comme si Durant ne jouait pas. Il est déjà officiellement forfait pour le premier match des finales, et sa présence pour la suite de la série est encore incertaine, même si le staff se montre optimiste au sujet d’un éventuel retour à la compétition dans les prochains jours. Ça fait de Kawhi Leonard la force la plus dominante sur le terrain. "Il est ce qu’il y a de plus proche de Michael Jordan, ose Doc Rivers, l’entraîneur des Clippers. Kawhi n’est pas Jordan à proprement parler, mais c’est celui qui lui ressemble le plus. De grandes mains, du jeu au poste, de la finition, de la détente, une super défense, un excellent jeu intermédiaire. Puis vous ajoutez son tir à 3 points… Je n’aime pas entrer dans le débat de qui est le meilleur joueur. Mais il est dans ce groupe-là." L’ancienne superstar des Spurs a atteint un niveau où elle devient presque impossible à arrêter. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment de joueur des Warriors capables de le contenir complètement. Klay Thompson et Andre Iguodala, deux excellents défenseurs, vont se relayer sur lui. Peut-être Draymond Green par moments.

Mais Leonard n’est pas seulement un attaquant. C’est aussi un stoppeur d’élite. Il va pouvoir se charger personnellement de Stephen Curry – l’autre superstar de ces finales – sur certaines séquences. Il ne le sera pas le seul à le faire. C’est l’autre vrai atout des Raptors dans l’optique d’un duel avec les Warriors : ils ont plusieurs défenseurs mobiles et polyvalents, à même de ralentir plusieurs profils de scoreurs différents. Il y a donc Kawhi mais aussi Pascal Siakam, Danny Green, Kyle Lowry voire même Norman Powell et le jeune O.G. Anunoby (actuellement blessé, il devrait faire son retour au cours de la série). Ils ont les armes pour changer ("switcher") de défenseur sur un pick-and-roll impliquant Curry et Green, les deux moteurs de Golden State. C’est la clé.

Toronto a le profil pour gêner Golden State

L’Histoire récente montre que pour battre les Warriors, il faut les avoir à leur propre jeu – même s’ils ont rarement été battus au cours des dernières années. En 2016, Cleveland a entamé sa remontée fantastique seulement après avoir faire passer Kevin Love sur le banc pour s’appuyer sur un groupe mobile. Un tour auparavant, la même année, Oklahoma City a fait trembler Golden State (quand Durant jouait encore au Thunder) en misant sur un cinq majeur véloce. Serge Ibaka était d’ailleurs de la partie à l’époque. Il joue à Toronto désormais. Il aura un rôle très important sur ces finales. Parce que Marc Gasol risque vite de montrer quelques limites. Les Raptors ne pourront pas laisser le pivot espagnol plus de 30 minutes sur le terrain. Pas quand les Warriors alignent Draymond Green au poste cinq. Ce dernier est trop rapide pour l’ancien All-Star. Ibaka sera sans doute placé au côté de Siakam dans la raquette dans ces moments-là.

Le natif de Brazzaville peut être le facteur X de son équipe s’il s’applique des deux côtés du parquet. Il avait été déterminant lors des deux rencontres disputées entre les Raptors et les Warriors cette saison. Deux matches gagnés par Toronto ! 20 points en 37 minutes lors de la première opposition, remportée en prolongation (131-128) par les Canadiens d’un excellent Kawhi Leonard (37 pts). Durant avait inscrit 51 points ce soir-là. Insuffisant. Quelques jours plus tard, mi-décembre, les Raptors dominaient encore leurs adversaires avec 20 nouveaux points d’Ibaka. Malgré l’absence de Leonard. Deux victoires qui remontent maintenant à plusieurs mois mais qui donnent toujours un peu de confiance en plus.

Les finales représentent tout de même un tout autre niveau. La pression y est beaucoup plus élevée. C’est tout nouveau pour Toronto. Pas pour Golden State, qui sait déjà maîtriser les enjeux. Les Raptors ont l’avantage du terrain mais ils moins de marge. Même si Durant venait à manquer l’intégralité de la série, ce qui est, insistons, une vraie possibilité. Les Warriors ont gagné 31 des 32 derniers matches qu’ils ont disputés sans lui. Leonard et ses coéquipiers vont devoir s’arracher pour réussir l’exploit. Ça promet tout de même une belle série. Engagée. Longue, peut-être. Sans doute bien plus vibrante que celle de l’an dernier.

Pronostic : On a commencé avec un pronostic, alors autant finir de la même manière. 4-2 pour les Warriors. Stephen Curry MVP des finales.

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