Getty Images

Melo, l'homme qui s'est offert une fin à la hauteur de son talent

Melo, l'homme qui s'est offert une fin à la hauteur de son talent

Le 04/12/2019 à 14:29Mis à jour Le 04/12/2019 à 15:30

NBA – Ancien joueur majeur du championnat mis aux oubliettes depuis un an, Carmelo Anthony a donné un tout dernier élan à sa carrière en enchaînant les bonnes performances avec les Blazers. Et ça fait plaisir à tout le monde.

La semaine dernière, James Harden a lâché 60 points en seulement 30 minutes sans même prendre la peine de fouler le parquet dans le quatrième quart temps. Luka Doncic a été phénoménal, comme d’habitude, en domptant notamment LeBron James et les Lakers. Et pourtant, au moment de distribuer les récompenses hebdomadaires, la NBA s’est tournée vers Carmelo Anthony, dont le retour fantasque a redonné un second souffle à des Blazers mal en point.

Il a donc été nommé joueur de la semaine à l’Ouest. Quatre ans après sa dernière distinction, quand il était encore la superstar des Knicks. Un trophée purement symbolique. Presque une marque de reconnaissance de la part de la ligue. Une manière de montrer que tout le monde, y compris les dirigeants du championnat, se réjouit de le revoir sur un terrain de basket.

Parce qu’il revient de loin. Avant de faire ses débuts avec les Blazers contre les Pelicans, le 19 novembre dernier, il n’avait plus joué un seul match depuis un an quasiment jour pour jour. Un dernier passage qui remonte donc à 2018, sous le maillot des Rockets. Signé par Houston pendant l’intersaison, il avait été mis à l’écart par la franchise texane après seulement dix matches puis est tombé dans l’anonymat depuis. Ringardisé, placardisé mais aussi étiqueté comme un ancien grand qui refusait d’admettre qu’il n’était plus en mesure d’assumer le même rôle, celui de première option, en NBA.

Une longue période de doute pour le troisième choix de la draft 2003. "Je me préparais à prendre ma retraite. J’étais prêt à tout arrêter, oui. C’était difficile. Mais je suis arrivé au point où je me suis dit que j’avais déjà donné beaucoup à ce sport, a-t-il expliqué à ESPN. Quinze ou seize saisons. J’étais prêt à abandonner. Cette perception autour de ma personne était déjà là donc je savais que ce serait une trop grande bataille à mener si je ne trouvais pas la bonne situation pour moi."

Carmelo Anthony

Carmelo AnthonyGetty Images

Carmelo Anthony a relancé les Blazers...

Anthony traînait donc cette réputation de star capricieuse incapable de se plier aux tâches qui reviennent aux joueurs de devoir, un statut qui lui correspond pourtant mieux à 35 ans. C’est peut-être pourquoi il est resté aussi longtemps sans trouver d’équipe malgré un talent individuel indéniable. Les acteurs NBA ont milité avec insistance pour qu’il revienne dans la ligue. Parce qu’il est apprécié et respecté par ses pairs. Portland a fini par lui donner sa chance. Une toute dernière chance.

Un contrat d’un an non garanti, susceptible d’être arrêté à tout moment d’ici le 7 janvier. Mais pour le triple champion olympique, à ce stade, c’était déjà suffisant. Aujourd’hui, il tire le maximum de cette opportunité. Après sept matches, il compile 16 points, 44% aux tirs, 37% à trois-points et 6 rebonds. Avec un différentiel de +3,3. Ses pointes à 25, 19 et 23 unités ont mené les Blazers à trois victoires de suite la semaine dernière. Et voilà que la franchise de l’Oregon, avant-dernière à l’Ouest au moment de le signer, a entamé une soudaine remontée au classement sous l’impulsion du vétéran ! C’est déjà la belle histoire de ce début de saison.

C’est même à se demander comment aucune franchise n’a pu oser le relancer plus tôt. Le joueur a quand même assuré quelques compromis pour revenir. "Il a complètement adhéré à l’idée qu’il devait progresser en défense et arrêter de tenir la balle en attaque", raconte son entraîneur personnel à ESPN. Quand on faisait des un-contre-un, c’était un peu dur pour lui parce qu’il a cette tendance à garder la balle, à se relaxer et à laisser la défense faire une erreur. Nous avons essayé de casser les habitudes qu’il a bâties pendant des années. Et il était complètement d’accord avec ça. Nous avons aussi travaillé son jeu sans ballon parce que j’avais remarqué que c’était l’un de ses points faibles."

... Mais il s'est surtout relancé lui-même

Carmelo Anthony se serait donc remis en question pour donner un dernier élan à sa carrière. Ses performances actuelles laissent la porte ouverte à une suite, que ce soit à Portland ou ailleurs. Il est déjà presque acquis que les Blazers vont le conserver au-delà du mois de janvier. Ça aurait pu être une simple tournée d’adieu éphémère, un chant du cygne, et ça se transforme petit à petit en tremplin.

S’il parvient à contribuer à une qualification en playoffs, ce serait sans doute une façon de se refaire une place dans la ligue. Une place qui lui revient pour tout ce qu’il a accompli en NBA. Puis un duel contre son ami LeBron James en playoffs – ils ne se sont affrontés qu’une seule fois à ce stade de la compétition, en 2012 – donnerait un peu plus de saveur à ce retour. Après tout, Melo était censé être l’alter-ego du King à leur arrivée chez les pros !

Carmelo Anthony et Lebron James en 2017

Carmelo Anthony et Lebron James en 2017Getty Images

Les mauvaises décisions, autant sur le terrain qu’en coulisses, ont quelque peu gâché les capacités individuelles absolument ahurissantes du bonhomme. Alors il aurait changé pour revenir. Pas tant que ça finalement. Sur de nombreux points, il est toujours le même. Mou sur certaines séquences défensives. Brillant mais soliste en attaque. Ça tombe bien, Portland est l’équipe qui joue le plus de séquences offensives en isolation juste après Houston. C’est aussi pour ça que ça colle aussi bien avec Anthony.

Il est traité comme s’il était toujours une superstar ! Ses coéquipiers le cherchent constamment et le gavent de ballons. Peut-être même trop. Mais il prend du plaisir et tout le monde est content de le voir cartonner. Il est toujours le même joueur mais finalement tant mieux. L’essentiel est ailleurs. Il est heureux et c’est ça qui compte. Carmelo Anthony n’a pas eu la carrière qu’il aurait dû avoir mais au moins il n’aura pas eu une fin qu’il ne méritait pas.

Pariez sur le Basketball avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
0
0