"What a hectic day". The Athletic, média parmi les plus réputés quand il s'agit de suivre le basket américain, a résumé en quatre mots – trois même, en français, avec "quelle journée frénétique" - un mercredi de folie qui a agité la NBA comme rarement une journée avait pu le faire ces dernières années. A peine plus largement, ces derniers jours ont bouleversé l'Association qui n'a plus trop su à quel saint se vouer, comme si les certitudes des dix dernières années avaient toutes décidé de se mettre sur pause. La ligue, à grand coup de story telling, a su rendre son actualité souvent trépidante. Mais bien malgré elle, elle s'est surpassée pour accélérer un peu ce que seront les contours de son avenir à court et moyen terme.
La NBA arrive à la croisée des chemins. Celle de l'ère LeBron James, qui doit laisser la place pour envisager ce que sera l'après. La star des Lakers n'a rien pu faire pour éviter une sortie de piste en Lakers arrivées à son image, diminués en play-offs. James en a connu d'autres, bien que jamais au 1er tour des phases finales. Mais cette élimination face aux Phoenix Suns obligeait déjà à entrevoir la question, si longtemps restée un crime de lèse-majesté tant LBJ reste au sommet en dépit du temps qui passe : mais que sera la NBA une fois que le Roi rendra son trône ? La saison régulière, si particulière car post-Covid et marquée par de nombreuses blessures, en avait donné un premier échantillon encore insuffisant pour en faire une tendance. Les playoffs et leurs derniers rebondissements sont venus donner du crédit à ce à quoi pourrait ressembler le jour d'après.
NBA
Jordan 1993, O’Neal 2000, LeBron 2016 : Antetokounmpo et ces autres performances historiques
21/07/2021 À 09:32

KD, dernier rempart à l'anormal

Un champion nouveau est sur le point de voir le jour. Certaines des franchises encore en lice ont jadis déjà soulevé le Trophée Larry O'Brien, mais à des époques révolues. Des stars déjà bien établies sont encore en lice, comme le double MVP Giannis Antetokounmpo, Joel Embiid ou encore Paul George. Toutes ne rêvent que d'une chose : passer une bague de champion à leur doigt pour et ne plus être "seulement" des vedettes de leur temps mais bien des légendes dont l'histoire se souviendra à jamais. Il ne reste guère que Kevin Durant, héroïque mardi soir pour maintenir ses Brooklyn Nets en vie contre les Milwaukee Bucks, qui puisse contrecarrer les plans de ces nouveaux princes.

Kevin Durant (Brooklyn Nets)

Crédit: Getty Images

Que dire alors des jeunes vassaux prêts à monter à l'assaut ? Donovan Mitchell (Utah Jazz), Devin Booker (Phoenix Suns) ou encore Trae Young (Atlanta Hawks) réalisent des play-offs de feu et sont prêts à renverser l'ordre établi. Le lutte pour le pouvoir est déjà chaotique. Le début de semaine a transformé le champ de bataille en champ de mines.
George va devoir se débrouiller seul pour qualifier les Los Angeles Clippers après la blessure sérieuse et pourtant mystérieuse au genou de Kawhi Leonard, l'autre habitué des sommets avec Kevin Durant. Touché aux ligaments croisés, il ne devrait pas revenir de la série, et possiblement pas de toute la phase finale. Surprenants en saison régulière, flamboyants depuis le début de la postseason, les Suns de Phoenix ont vu leur ciel radieux s'obscurcir avec l'annonce du placement à l'isolement de leur patron Chris Paul, conformément au protocole Covid de la NBA. Sa date de retour est inconnue et pourrait tout changer pour Booker, provisoirement livré à lui-même pour sa toute première phase finale. Quant à "Spida" Mitchell, il va devoir vivre avec un fil à la patte, sa blessure à la cheville le gênant au point de devoir changer son jeu offensif - d'ordinaire si aérien - alors que son équipe est au bord de l'élimination (3-2 contre les Clippers, match 6 la nuit prochaine).

Doncic, Williamson, Tatum : un été pour tout changer ?

On n'en est encore qu'à la prévisualisation, mais le passage à la vie d'après ne se fait pas sans remous. Avant que LeBron James et la génération de stars trentenaires (Chris Paul, Stephen Curry, Kevin Durant…) ne quittent réellement la scène, le passage de témoin devrait plus tenir d'un long processus que d'une révolution. Mais ce mois de juin 2021 restera sans doute comme le point de départ de ce qui doit être le nouveau chapitre de la NBA. La liste des prétendants pour en être les nouvelles égéries est d'une longueur presque sans fin. Mais outre ceux qui pourraient s'emparer du pouvoir par la force durant ces play-offs, d'autres œuvrent en coulisses pour que leur temps avant d'y parvenir soit compté.
Les Dallas Mavericks sont ainsi prêts à tout reconstruire pour sauver ce qui peut l'être de l'opportunité rare d'avoir un talent générationnel dans ses rangs. Luka Doncic a la victoire dans le sang. Biberonné aux titres dès son plus jeune âge avec le Real Madrid, galvanisé par le titre européen de la Slovénie en 2017, le meneur n'est pas du genre à vouloir prendre son mal en patience. Après deux campagnes de play-offs conclues par des revers au premier tour, Doncic va vouloir vite jouer le titre. Mark Cuban, le propriétaire des Mavs n'y est pas passé par quatre chemins : son coach, Rick Carlisle, et son manager général Donnie Nelson, respectivement 13 et 23 années d'ancienneté, ont choisis ou ont été contraints de partir à 24 heures d'intervalle.
"Je connais Donnie depuis que je suis gamin, et il fait partie de ceux qui m’ont drafté, s'est souvenu, ému, Doncic. C’est difficile pour moi de voir ça, mais ce n’est pas moi qui prends les décisions là-bas." Le Slovène a tout de même une partie de son destin entre ses mains, et avec lui une partie de celui de la NBA. Son contrat rookie arrive à son terme à la fin de la saison prochaine, et il peut signer une prolongation dès cet été. Mais si l'exercice à venir ne se montre pas concluant avec des nouveaux capitaines à bord, Doncic pourrait vite être tenté de quitter le navire.

Jayson Tatum (Boston Celtics) défend sur Luka Doncic (Dallas Mavericks)

Crédit: Getty Images

Drafté un an plus tôt, Jayson Tatum se retrouve dans une situation similaire avec les Boston Celtics. Compétitifs mais incapables de devenir les patrons de l'Est, ils ont eux aussi procédé à leur ménage de fin de printemps. L'architecte historique Danny Ainge a été éconduit, remplacé par Brad Stevens, qui passe d'entraîneur à président des affaires basket des C's. Sans coach, Tatum se retrouve même désormais sans meneur pour l'abreuvoir en ballon puisque Kemba Walker, décevant depuis son arrivée en 2019, a été échangé vendredi à Oklahoma City pour libérer de la place dans la masse salariale. En contrepartie, voilà Boston sans premier tour de draft dans quelques semaines pour apporter du sang neuf.
On pensait alors que la dernière coqueluche de la ligue, Zion Williamson, allait vivre son éclosion lentement mais sûrement du côté de La Nouvelle-Orléans. Raté, l'entraîneur Stan Van Gundy a été viré sans ménagement mercredi après une seule saison à la tête des Pelicans. Coïncidence pas si fortuite, The Athletic révélait ces dernières heures que l'entourage de Zion souhaiterait le voir jouer ailleurs, persuadé que New Orleans ne sera jamais le cadre idéal pour jouer la gagne. Le poids sportif et marketing de Williamson peut lui permettre de faire pression sur ses dirigeants pour vite renforcer l'effectif.
Williamson (20 ans), Doncic, Young (22 ans), Tatum (23 ans), Mitchell, Booker (24 ans) Antetokounmpo (26 ans), Embiid (27 ans)… Tous sont prévus pour être les têtes de gondole d'une NBA qui n'a plus eu à penser à un nouveau cycle depuis près de quinze ans. Les voilà plongés dans le grand bain dans la précipitation au moment d'écrire leur histoire et celle de toute une ligue.
NBA
Les Bucks privés de Giannis pour le Game 5
01/07/2021 À 17:43
NBA
Detroit premier choix, Houston deuxième et les Warriors bien lotis
23/06/2021 À 05:23