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Tout le monde a-t-il oublié les Warriors ?

Tout le monde a-t-il oublié les Warriors ?

Le 11/10/2019 à 09:32Mis à jour Le 11/10/2019 à 10:06

NBA – Machine à gagner depuis cinq ans, quintuple finaliste, l’équipe de Golden State fait soudainement figure d’outsiders aux yeux de la planète basket. Et c’est peut-être justement dans cette position qu’ils sont les plus dangereux.

Qui sont les favoris pour décrocher le titre NBA en juin prochain ? Allez, petite revue d’effectif des principaux candidats. Les Clippers de Kawhi Leonard et Paul George ? Plutôt les voisins, les Lakers de LeBron James et Anthony Davis ? Qui mise sur les Rockets de James Harden et Russell Westbrook ? Ou pourquoi pas les Bucks de Giannis Antetokounmpo ? Les Sixers et leur cinq majeur terrifiant sur le papier ? C’est sûr, les prétendants sont nombreux à l’approche de la nouvelle saison. Ça faisait longtemps. Mais vous remarquerez qu’une équipe est rarement citée à l’aube d’un exercice 2019-2020 qui s’annonce palpitant. Une équipe qui a pourtant dominé le championnat au point de le rendre presque ennuyant (aux yeux de certains). Les Warriors, finalistes cinq années de suite et trois fois sacrés champions entre 2015 et 2019.

Mais cette épopée fantastique – et historique – a pris fin avec la défaite contre les Raptors en juin dernier puis surtout avec le départ de Kevin Durant vers Brooklyn, synonyme de démantèlement du "Big Four" de Golden State. Alors, est-ce une fin de cycle ? "Steph [Curry] est toujours là ? Klay [Thompson] aussi ? OK, dans ce cas on peut encore viser les finales", rétorque Draymond Green. "Tout le monde pense que c’est terminé pour nous. Ce n’est pas malin de penser ça. Nous ne sommes pas finis." Stephen Curry, Klay Thompson et Green, les trois socles de cette dynastie, sont effectivement toujours en place. Même si Thompson sera indisponible encore plusieurs mois – et peut-être même toute la saison – après s’être gravement blessé au genou lors des dernières finales NBA. Malgré le départ de KD, les cadres du groupe croient encore dur comme fer à leur capacité d’aller encore une fois au bout. Et ils n’ont pas peur de le clamer haut et fort.

Klay Thompson et Stephen Curry, les deux joueurs de Golden State.

Klay Thompson et Stephen Curry, les deux joueurs de Golden State.Getty Images

Nouvelle salle, nouveaux joueurs, mêmes ambitions

Ce sont plutôt les éléments extérieurs à l’organisation – journalistes, passionnés et peut-être même adversaires – qui se montrent plus sceptiques. En réalité, ce n’est même pas tant qu’ils ne font plus confiance aux Californiens. Leur regard est juste attiré ailleurs désormais. Plusieurs formations se sont renforcées sensiblement cet été. Kawhi et PG aux Clippers, Davis aux Lakers, Westbrook à Houston, etc. On ne va pas refaire la liste. Les Warriors, à l’inverse, ont perdu des joueurs majeurs. Andre Iguodala, vétéran précieux, a été transféré aux Grizzlies pour faire de la place dans la masse salariale. Shaun Livingston a pris sa retraite. Il était important sur le terrain et peut-être encore plus au sein du vestiaire, comme "Iggy". Et puis bien sûr Durant. Le MVP qui faisait de cette équipe une armada quasiment invincible – jamais battue en playoffs au complet – a préféré mettre les voiles vers l’Est. D’autres joueurs de l’effectif ont changé de cap. Il y a donc plein de nouvelles têtes dans la Baie. D’abord D’Angelo Russell, jeune All-Star de 23 ans débarqué en provenance des Nets. Alec Burks, Willie Cauley Stein, Glenn Robinson III et Omari Spellman sont les autres recrues notables.

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Ce coup de neuf – qui ne s’arrête pas à l’effectif puisque la franchise a déménagé d’Oakland à San Francisco, dans une salle fraîchement bâtie – Steve Kerr et ses ouailles en avaient peut-être même besoin. Le succès était presque devenu routinier, et ce sont les joueurs eux-mêmes qui l’ont avoué ! Les longues campagnes, année après année, ont fini par user un groupe où les brouilles ont pris un peu plus de place que d’habitude dans la presse l’an dernier. Surtout, ils ont usé les corps et les esprits. D’où peut-être l’avalanche de blessures pendant les derniers playoffs. Là, les Warriors ont maintenant les ingrédients pour repartir de l’avant. "Il faut tout réinventer et s’adapter en fonction", conçoit le coach. Mais le challenge est excitant. Green évoque justement ce mix de sensations entre l’enthousiasme lié à ce qui est nouveau et le besoin de construire une nouvelle alchimie : "Il y a plein de choses qui ont changé. Vous vous habituez à quelque chose puis ça change. Tout le monde n’est pas encore sur la même longueur d’onde. (…) Mais c’est amusant."

Ça demandera un temps d’adaptation certain. Et c’est peut-être aussi pourquoi Golden State fait moins peur aujourd’hui. Russell, par exemple, va devoir apprendre un nouveau système, avec beaucoup plus d’écrans sur le non-porteur de balle qu’à Brooklyn, où il dirigeait quasiment toutes les possessions. Un nouveau rôle, des nouveaux principes de jeu. Il en va de même pour les nouveaux arrivants. Les Warriors ont formé l’une des attaques les plus impressionnantes de l’Histoire depuis que Kerr a pris place sur le banc de touche à l’intersaison 2014. Cette formation aura déjà plus de mal à faire exploser toutes les défenses soir après soir. Il y a moins de puissance de feu. Certes. Mais il y a toujours Stephen Curry, comme le rappelait son coéquipier.

Chef Curry va épicer les défenses

Privé de son compère Klay Thompson au moins jusqu’en février, le double-MVP va avoir un paquet de cartouches. Il va pouvoir se faire plaisir. Ce sera évidemment plus difficile par moment puisqu’il sera encore plus ciblé par les défenses avec deux pistoleros en moins à ses côtés. Mais imaginez une saison comme l’a fait Harden avec Houston avec le meilleur shooteur de tous les temps à sa place. Un scénario idéal consiste à imaginer un Curry à plus de 32 points par match et dans la course pour le MVP. Le "one man show" promet d’être grandiose. Et il a suffisamment de talent pour maintenir la baraque à flot.

Stephen Curry

Stephen CurryGetty Images

"Draymond Green sera la clé", analyse l’ancien All-Star Paul Pierce. "On va voir si c’est vraiment l’un des quinze ou vingt meilleurs joueurs du monde. Il va falloir qu’il en fasse plus en attaque en l’absence de Thompson. Sinon ce sera difficile." Effectivement l’intérieur All-Star sera une nouvelle fois l’une des clés du succès des siens. Pour que Curry ait plus d’espace, il faut qu’il soit dangereux. Avec la balle mais surtout sans. Et pour ça, il faut mettre dedans. Mettre dedans pour convaincre les défenses adverses de ne pas trop se resserrer sur le meneur des Warriors, sous peine de laisser des tirs ouverts à Green. Son adresse extérieure n’a cessé de décliner depuis le premier sacre. De 38 à 28%. Il doit se remettre dans le rythme. Ce n’était pas spécialement facile d’être adroit en tentant très peu sa chance quand Durant et Thompson étaient autour de lui. Là, il aura plus d’opportunité pour régler la mire. Il a d’ailleurs déjà commencé à travailler en ce sens cet été. S’il est adroit, ça donnera un tout autre élan à l’attaque de Golden State. Comme c’est le cas depuis cinq ans finalement.

On peut aussi se demander quel sera le niveau défensif d’une équipe qui a perdu quatre de ses cinq meilleurs stoppeurs en comptant la blessure de Thompson. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’interrogations. Ça aussi, c’est nouveau. Le flou. Autour de la cohésion d’équipe, du système de jeu, de la complémentarité de Russell et de Curry… voire même du retour exact de Klay. Rien ne garanti qu’il sera en tenue cette saison. Les dirigeants ont fait savoir que l’arrière All-Star serait réévalué mi-février tout en insistant sur le fait que ça n’insinuait pas qu’il puisse rejouer à ce moment-là.

Le flou complet, oui. Cette saison sera quitte ou double pour Golden State. Mais ça peut justement plaire à Stephen Curry et sa troupe. Ils restent dangereux et capables de prendre feu rapidement. Ils ne sont peut-être pas aussi armés que d’autres formations sur le papier mais il faudra bien du courage pour les affronter – et les sortir – en playoffs. C’est une équipe poil à gratter. Et vu que la marge est réduite, il suffit d’une blessure ou de certaines circonstances favorables pour qu’elle soit à nouveau pleinement dans la course au titre. Sauf que les Warriors seront cette fois dans la peau des chasseurs. Et après cinq ans à avoir été scrutés continuellement, ils ne demandaient sans doute que ça.

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