Rudy Gobert

Les échecs cuisants des Bucks et des Clippers en playoffs ont fait oublier celui du Jazz, sorti par les Nuggets après avoir mené trois manches à une. Dès le premier tour. La franchise de Salt Lake City s’est affirmée comme l’une des valeurs sûres de la Conférence Ouest depuis quatre ans, avec quatre qualifications de suite pour les grandes échéances du printemps, mais sans jamais passé le cap. Et alors qu’elle vient de changer de propriétaire, une question se pose : doit-elle chambouler son effectif ?

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Il va y avoir des choix à faire dans l’Utah dans les prochaines semaines. Rudy Gobert, co-star de l’équipe, est au cœur de certaines. Déjà parce qu’il peut signer une prolongation de contrat cet hiver, tout comme Donovan Mitchell, l’autre joueur majeur de l’organisation avec qui la ligne de communication a été rompue pendant un moment à la suite de leur contamination au coronavirus en mars dernier. Dans l’idéal, les dirigeants aimeraient continuer à construire autour de leurs deux cadres.

Mais pour ça, il va falloir sortir le chéquier. Surtout pour le pivot français. Il est éligible au "supermax" cet hiver. Le Jazz veut-il débourser autant d’argent et en faire le joueur le mieux payé de l’effectif (Mitchell, plus jeune, ne peut prétendre « qu’à » 170 millions de dollars sur cinq ans contre 220 à 250 pour Gobert). Ce serait mérité. Parce que l’intérieur de l’équipe de France sort d’une nouvelle saison très solide. Plus de 15 points et 13 rebonds de moyenne, avec sa première sélection All-Star à la clé.

L’incertitude du duo formé par Mitchell et « Gobzilla » renforce les rumeurs au sujet de l’avenir du natif de Saint-Quentin. Récemment, c’est du côté des Celtics que son nom circulait. En réalité, plusieurs franchises auraient bien besoin de ses services. Parce que les grands capables de peser autant en défense ne sont pas nombreux en NBA. Il figure parmi les spécialistes dans le domaine, avec Anthony Davis et Bam Adebayo. Une vraie tour de contrôle.

Mais comme il le dit lui-même, ce n’est pas parce d’autres franchises le suivent que son équipe cherche forcément à l’échanger. Rudy Gobert se sent bien à Salt Lake City et le Jazz compte sur lui. Il y a plus à parier qu’il signe un nouveau contrat à Utah, sans doute à mi-chemin entre son salaire actuel (25 millions de dollars) et celui du supermax (50 millions). Dans le cas contraire, il se retrouverait sur le marché en 2021.

Evan Fournier

Cette Free Agency 2020 n’est pas spécialement chargée en superstars (contrairement à 2021) et c’est peut-être l’occasion pour Evan Fournier de se positionner parmi les joueurs incontournables du marché. En effet, l’arrière du Magic peut renoncer à sa dernière année de contrat – et à 17 millions de dollars – pour parapher un deal encore plus juteux en profitant de sa position de force.

Rien ne l’empêche de tester le marché, de prendre quelques contacts, pour ensuite prolonger à Orlando. Seul hic, les franchises auront moins d’argent à dépenser suite aux pertes engendrées suite à la crise sanitaire (le Cap est indexé directement sur les revenus de la ligue). Ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour aller chercher un salaire massif, à moins d’être un joueur majeur en NBA.

Evan Fournier (Orlando Magic)

Crédit: Getty Images

Fournier ne rentre pas dans cette catégorie mais il sort de sa saison la plus prolifique avec 18 points de moyenne et 40% de réussite à trois-points. Sa progression est constante depuis son arrivée dans la ligue mais, à 28 ans, il a pris de la bouteille. Il s’affirme. Et c’est clairement l’un des atouts phares de sa formation – sans être intouchable pour autant. Son profil peut typiquement intéresser des franchises ambitieuses.

Reste à voir s’il se sent prêt à quitter la Floride pour tenter l’aventure ailleurs. En tout cas, si Evan Fournier active son option pour rester un an de plus au Magic, il se pourrait que son nom revienne fréquemment dans les spéculations autour d’un transfert en cours de saison.

Nicolas Batum

Quelle année galère pour Nicolas Batum. Pas seulement à cause du COVID-19 et des blessures. L’ancien manceau s’est retrouvé au sein d’une franchise en complète reconstruction, où il n’entrait plus dans les plans de son entraîneur James Borrego. Résultat ? Seulement 22 matches joués, à peine trois titularisations et 3,6 points de moyenne… encore pire que lors de sa toute première saison en NBA.

Un rendement ridicule en comparaison des 25 millions de dollars qu’il perçoit de la part des Hornets. Ce qui fait d’ailleurs de lui une cible d’une partie du public. Mais Batum a été coincé dans une équipe faible, avec un rôle de mentor pour les jeunes. Sauf qu’il a 31 ans, pas 35. L’ailier peut encore prétendre à jouer plus. Et mieux. Pour ça, il aurait fallu qu’il soit envoyé ailleurs. Mais avec son contrat, sa valeur sur le marché restait proche du néant.

"Batman" a maintenant un choix à faire : prendre son argent – 27 millions tout de même – et probablement vivre un scénario similaire un an de plus. Ou alors renoncer à cette somme et se chercher un nouveau point de chute pendant la Free Agency. On est persuadé qu’il en a encore sous le pied et qu’il serait susceptible d’aider une équipe qui correspond plus à ses ambitions.

Frank Ntilikina

Les Knicks peuvent prolonger Frank Ntilikina cet hiver mais ils ne le feront pas. Ils le laisseront certainement aller au bout de son contrat rookie, qui expire en 2021, pour éventuellement en faire un free agent protégé (avec la possibilité de s’aligner sur toutes les offres) dans un an. Et encore, ça c’est si l’ancien prodige de la SIG arrive enfin à se faire son trou dans cette franchise encore une fois en plein renouveau.

Frank Ntilikina

Crédit: Getty Images

La présence de Leon Rose, le Président fraîchement débarqué qui représentant Ntilikina à son arrivée en NBA, et celle de Tom Thibodeau, un coach réputé pour sa rigueur défensive, sembler pencher en la faveur du jeune homme de 22 ans. Le dirigeant le considère d’ailleurs comme "une pièce importante" des Knicks. Parce que même s’il a peiné à prouver qu’il était digne d’un huitième choix de draft (6 points de moyenne en 178 matches), le meneur a encore une vraie marge de progression. Et c’est un joueur sérieux. Impliqué.

Tout ce qu’il lui manque, et qu’il lui a manqué, c’est un surplus d’agressivité et surtout une vraie opportunité de faire ses preuves. Il aura peut-être enfin cette chance cette saison. Sinon… il faudra sans doute convaincre une autre franchise de le lancer en 2021. On parie que même si ça ne marche pas aux Knicks, il trouvera une place dans un effectif NBA à l’issue de la saison prochaine. Ce n’est donc pas l’exercice ultime pour jouer sa place mais il commence à y avoir urgence.

Sekou Doumbouya

En un an, Sekou Doumbouya a fait grincer des dents, froncer des sourcils mais aussi bondir les foules et susciter les fantasmes des supporteurs des Pistons et ceux de l’équipe de France. Tout le paradoxe du bonhomme, très talentueux, très prometteur mais au comportement parfois décrié. Son attitude, par exemple, a été critiquée à plusieurs reprises par son coach Dwane Casey. L’agence Comsport, qui représente les principaux talents français en NBA, a aussi décidé de mettre fin à leur collaboration avec le natif de Conakry en juin dernier.

Le joueur est précieux. Précieux de par son âge, ses capacités, sa marge de progression… mais il doit faire preuve de plus de rigueur. Plus de sérieux. En tout cas, les derniers retours sont très positifs. Son entraîneur a souligné à plusieurs reprises ses performances depuis la reprise à Detroit cet automne. S’il garde le cap, le succès lui tend les bras.

Timothé Luwawu-Cabarrot

En voilà à qui la bulle Disney a bien profité ! En quelques semaines, Timothé Luwawu-Cabarrot s’est fait une place solide en NBA en battant notamment ses records personnels. Le Français de 25 ans, déjà intéressant par intermittence pendant la saison régulière avant la coupure, s’est retrouvé avec un temps de jeu important à la suite des nombreux forfaits aux Nets. Une opportunité qu’il n’a pas manqué de saisir. Excellent dans son rôle, il était tout simplement l’un des meilleurs joueurs de son équipe à Orlando. Avec même 16 points de moyenne pour ses premiers playoffs.

"TLC" a montré qu’il fallait compter sur lui. On peut tout de même se demander si tout n’est pas à… refaire. En effet, Brooklyn a changé de coach, avec un Steve Nash nommé sur le banc, et Kyrie Irving tout comme Kevin Durant vont faire leur retour. Les Nets chercheraient d’ailleurs une troisième star – Bradley Beal, Jrue Holiday – susceptible d’évoluer sur le même poste que Luwawu-Cabarrot. Il aura probablement moins de temps de jeu… Dommage, parce qu’il doit encore batailler pour décrocher un contrat sur plusieurs saisons. Mais il a clairement le profil pour s’imposer en NBA, aux Nets ou ailleurs.

Ian Mahinmi

Quand il n’est pas gêné par les blessures, Ian Mahinmi est un joueur utile, fort dans son rôle (7 points et 5 rebonds en 2020), en NBA. C’est ce qu’il va devoir prouver, ou ce que son agent va devoir rappeler, lors des négociations pour son prochain contrat cet hiver. Les Wizards ne chercheront peut-être pas à le conserver maintenant qu’il est libre. Mais le pivot fait le job et ça peut-être une bonne doublure dans la meilleure ligue du monde.

Joakim Noah

L’énigme. Son court passage (7 matches dont 2 en playoffs) aux Clippers restera purement anecdotique. D’ailleurs, vu comment Nikola Jokic a fait des misères à la défense californienne, c’est bien dommage que Doc Rivers n’ait pas plus fait confiance à Joakim Noah. L’ancien All-Star prend de l’âge (35 ans) mais il était encore plutôt bon aux Grizzlies il y a deux ans. Pas sûr que ça suffise à trouver un nouveau point de chute.

Joakim Noah

Crédit: Getty Images

Vincent Poirier

En faisant le grand saut vers la NBA à 26 ans (27 depuis quelques jours), Vincent Poirier semblait prêt. Mais l’apprentissage fut très discret. Le natif de Clamart a finalement très peu joué, 6 minutes en moyenne en saison régulière et une apparition express en playoffs. Son avenir ne s’inscrit probablement pas à Boston. Les Celtics pourraient même le transférer pendant l’intersaison, histoire de libérer de l’espace sous le Cap. Le pivot tricolore est déjà annoncé de retour en Europe, avec notamment le Fenerbahçe qui lui ferait les yeux doux.

Elie Okobo

Une très belle saison rookie en 2019 puis… une deuxième année plus compliqué avec un temps de jeu en baisse. Cinq minutes de moins, tout en passant de 5,7 à 4 points de moyenne. Les Suns comptent-ils vraiment sur Elie Okobo ? On va bientôt le savoir. Son contrat n’est pas garanti pour la saison prochaine et il ne serait pas surprenant que Phoenix cherche à s’en séparer. Surtout que la franchise de l’Arizona a fait venir plusieurs meneurs – dont Ricky Rubio – dans l’Arizona l’an dernier.

Adroit de loin, bon sur pick-and-roll, Okobo a certainement le profil pour jouer en NBA. Les qualités aussi. Mais ça ne sera pas nécessairement facile de retrouver une équipe et il va falloir batailler.

Adam Mokoka

L’un des Français les moins connus de la ligue et pourtant auteur d’une superbe performance avec les Bulls en cours de saison. Une fulgurance avec 15 points inscrits (3/3 à trois-points) en quelques minutes seulement. Au-delà de ça, le Parisien évolue essentiellement en G-League et c’est en multipliant les bonnes prestations à l’échelon inférieur qu’il pourra éventuellement se faire repérer en NBA.

Jaylen Hoard

Pour l’instant, le protégé de Chris Paul doit faire ses gammes dans l’ombre. Donc en G-League, lui aussi. 13 matches avec les Blazers, juste pour prendre la température. Mais à 21 ans, Jaylen Hoard reste un jeune joueur qui sera suivi de près. Surtout qu’il compilait 16 points et 6 rebonds dans l’antichambre de la NBA.

William Howard

Le joueur es Rockets est dans une situation similaire à Hoard et Mokoka. Beaucoup de G-League, peu de temps de jeu en NBA.

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