C’est fini. Battu par Los Angeles (111-97) hier soir, Dallas quitte les playoffs. Avec maintenant une longue attente avant de retrouver Luka Doncic sur un parquet NBA. Peut-être pas avant 2021. Ses exploits vont nous manquer… Mais les longs mois qui se présentent à l’horizon s’annoncent très importants pour les dirigeants des Mavericks. Parce que s’ils sont éliminés, c’est non sans avoir pris rendez-vous avec un avenir très, très proche. Bien plus proche que prévu. Avant d’aller prendre des vacances bien méritées, le nouveau Mozart de la balle orange a donné à ses supporters et à ceux de la franchise des raisons de rêver. D’un futur glorieux, rien de moins.

Premier constat de ces playoffs, Doncic est toujours très en avance pour son âge. Il n’en finit plus de surprendre, et ce même alors qu’il est attendu. Paradoxe du très grand joueur. 21 bougies soufflées cette année et déjà terriblement important pour son équipe. Il en est le socle. Amener la franchise texane à ce niveau de la compétition dès sa deuxième saison dans la ligue représentait déjà une sacrée performance. Mais la facilité qu’il a dégagée pour ses premiers pas dans le grand bain… Impressionnant.

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31/08/2020 À 04:34

Luka Doncic, des premiers playoffs historiques

Il a été fantastique. 42 points dès son entrée en matière, tout simplement du jamais vu dans l’Histoire de la NBA. Blessé à la cheville lors du troisième match (mais en triple-double avant de sortir !), il est tout de même revenu en puissance la rencontre suivante. 43 pions et un buzzer-beater d’anthologie pour battre les Clippers. Et il a donc terminé sa campagne de découverte avec 38 points, 9 rebonds et 9 passes hier soir. En faisant tout son possible pour maintenir son équipe en vie. En vain. Mais 31 points, 9,8 rebonds et 8,7 passes de moyenne, c’est tout simplement fou. Et c’est là aussi évidemment un record pour un basketteur qui disputait ses premiers playoffs.

Les statistiques sont dignes des meilleurs joueurs du monde. Les LeBron James, les James Harden. Ça confirme que le jeune homme est déjà une superstar, pas juste un All-Star ou un excellent soliste. Il est déjà dans le gratin NBA. Le top-dix, certainement et peut-être même le top-cinq. Ça laisse aussi penser qu’il peut rapidement devenir le visage de son sport. Encore plus tôt qu’imaginé. Et Dallas peut donc surfer sur la vague pour ambitionner une deuxième bague (après celle de 2011). Le scénario est de plus en plus réaliste. Ce n’est plus juste un fantasme.

"Ils sont plus proches du titre qu’ils ne le pensaient. Grâce à Luka. C’est un talent générationnel qui semble en mesure de porter une franchise", confie un dirigeant de la Conférence Ouest à ESPN. Tout le monde reste en admiration devant Doncic. Des figures NBA comme Kawhi Leonard ou LeBron James jusqu’aux membres de l’encadrement des autres organisations. "C’est un joueur à qui je prédis plusieurs trophées de MVP", insiste un scout. "Si je devais commencer une franchise aujourd’hui, il n’y a pas un joueur que je choisirais avant lui." Le présent et donc le futur de la ligue.

Le buzzer-beater de Luka Doncic

Crédit: Getty Images

Comment les Mavericks peuvent passer le cap

Mais aussi fort soit-il, l’ancien prodige du Real Madrid ne peut pas faire toutes les différences en solo. Il est le moteur des Mavericks. La pièce centrale. Il s’agit maintenant de l’entourer. C’est la mission qui attend la direction pendant les longs mois sans basket. La première grande interrogation concerne Kristaps Porzingis. Peut-il se maintenir en bonne santé ? Le Letton a passé quasiment deux ans sans jouer avant de reprendre avec Dallas cette saison. Encore une fois gêné par son genou, il a manqué les trois derniers matches de la série contre Los Angeles. Handicapant. 24 points et 9 rebonds en moins quand il est absent. Ça pèse.

Sur le papier, l’intérieur de 25 ans a le potentiel pour s’affirmer comme le lieutenant de luxe de Doncic. Encore faut-il que son corps tienne le choc… et qu’il prouve sa capacité à briller bien au-delà du premier tour. "Je pense qu’il est encore trop tôt pour juger s’il est vraiment à même de devenir une deuxième option pour un candidat au titre", estime un GM. "Dans le pire des cas, c’est un troisième homme", ajoute un scout. Dans l’Histoire récente, Pau Gasol était une deuxième option d’une équipe championne. Kyle Lowry ou Dwyane Wade aussi. Porzingis peut-il vraiment se hisser à leur niveau ? Le talent est là. Mais il va devoir prouver.

Ses chiffres (notamment son adresse : 52% aux tirs et 52% à trois-points) sur ces playoffs donnent là aussi des raisons d’y croire. C’est autour des deux Européens que les Texans vont devoir construire. Une troisième star ne sera pas forcément nécessaire si KP passe le cap. Par contre, il va falloir apporter de la défense. Dallas était la troisième plus mauvaise équipe dans ce domaine en playoffs (18ème en saison régulière). Impossible de jouer le titre sans se classer au moins dans le top-12 de cette catégorie. C’est le plus gros défi du coach Rick Carlisle.

Porzingis, Dallas Mavericks

Crédit: Getty Images

Le titre dans trois ans ?

Doncic et Porzingis ne sont pas des grands défenseurs, même s’ils font les efforts. Il faut un, voire deux stoppeurs sur les ailes. Et un intérieur mobile capable de chasser des plus petits au loin. Voilà les priorités. Mais l’effectif ne devrait pas beaucoup évoluer d’ici la saison prochaine. Surtout si Tim Hardaway Jr active son option à 19 millions de dollars. Les dirigeants ont peu de manœuvre alors que les revenus NBA – et donc le Salary Cap – sont revus à la baisse suite à l’épidémie de COVID-19.

Les Mavericks vont d’abord devoir miser sur des vétérans combatifs, capables d’apporter de l’énergie et de l’expérience au groupe. Et donc si possible de la défense. La présence de la prochaine icône NBA peut leur donner envie de venir. C’est un leader altruiste. Tout le monde s’unit derrière lui. Ça va aider sa franchise à recruter.

Les progrès se feront par étapes, même si le Slovène les franchit à la vitesse supersonique. Peut-être le deuxième tour l’an prochain. Pour le titre, il faudra peut-être attendre 2023. Le temps d’apprendre des échecs. Nécessaires à toute évolution. Ce n’est pas si loin. C’est même très tôt pour une équipe qui vient à peine d’entamer son nouveau cycle. Mais avec Luka Doncic, les Mavericks peuvent rêver en grand. C’est fini mais en réalité, ça vient seulement de commencer.

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