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Attention, LeBron est en mission

Attention, LeBron est en mission

Le 09/03/2020 à 11:46Mis à jour Le 09/03/2020 à 14:37

NBA - LeBron James et les Lakers viennent de frapper deux grands coups. Ils ont battu les Bucks de Giannis Antetokounmpo vendredi, puis les Clippers du duo Kawhi Leonard - Paul George dimanche. Pour cela, "King James" a pu compter sur un Anthony Davis à la hauteur, mais c'est bien lui qui symbolise la grande forme des Pourpre et Or. Avec en ligne de mire, deux objectifs indicateurs de sa grandeur.

Il est des célébrations signifiantes. Le 19 décembre dernier, Giannis Antetokounmpo avait mimé la présence d’une couronne sur sa tête, après avoir inscrit un trois points lors d’une rencontre remportée par Milwaukee face aux Lakers. Un geste du MVP en titre accompagné d’un discours rageur, que certains férus de lecture labiale avaient traduit ainsi : "Je porte cette merde maintenant !", et que tous les suiveurs de la NBA avaient interprété comme une référence au surnom royal de LeBron James.

Quelques semaines plus tard, "King James" a pris sa revanche sur la star des Bucks, vendredi (113-103), avant de terrasser les Clippers, deux jours plus tard (103-112). En guise de point d'exclamation, LBJ a conclu cette double performance par une mise en scène solennelle, son coéquipier Kyle Kuzma feignant de lui déposer sa fameuse couronne sur le crâne, alors qu’il sortait du terrain, à quelques secondes de la fin d’une rencontre qu’il venait de plier ce dimanche.

Intensité défensive retrouvée

En moins de 48 heures, le n°23 des Los Angeles Lakers a fait très fort. Face à Milwaukee, James a non seulement noirci la feuille de statistiques (37 points, 8 rebonds, 8 passes) mais surtout marqué les esprits dans son duel face à Antetokounmpo, légèrement touché au genou gauche lors de la deuxième mi-temps mais présent dans le "money time". Le triple champion NBA a pris le dessus des deux côtés du terrain, avec notamment un panier important inscrit en isolation face à son jeune rival (25 ans), et plusieurs interventions défensives notables. Un secteur du jeu dans lequel LeBron redresse la barre cette saison, après y avoir été sur courant alternatif en termes d’intensité pendant quelques années.

Giannis a tout de même rendu une copie correcte, avec 32 points, 11 rebonds et 6 passes. Mais à moins de 50% au tir (10/21, contre 12/21 pour James) et, donc, avec la défaite au bout, pour la meilleure équipe de la Conférence Est (bilan de 53-10, passé depuis à 53-11). Une sorte de mise au point de la part du King. Mais restait encore à effectuer la mise au pas du rival de L.A., dauphin des Lakers à l’Ouest.

Vers une saison record (pour lui) à la passe

C’est chose faite, après un match que James n’a pas survolé. Dimanche soir, "The Chosen One" a été le plus maladroit (7/17), parmi les quatre superstars qui ont foulé le parquet (Anthony Davis à ses côtés, Kawhi Leonard et Paul George en face). Mais il est allé chercher ses points sur la ligne – avec un 12/14 aux lancers francs, une réussite dont il est peu coutumier –, a pesé sur le dénouement de la rencontre une première fois, en se jetant comme un mort de faim sur un ballon qui traînait dans sa raquette, a su faire briller AD quand il le fallait et a scellé le sort du match d’un "and one".

28 unités au compteur, 9 passes décisives et 7 rebonds. Une ligne de stats normale pour lui, et ce malgré ses 35 ans. C’est aussi ça qui impressionne. L’âge de LeBron James. Le fait qu’il soit encore au sommet de la ligue au cours de sa 17e saison. Cette remarquable longévité, saluée par Giannis avant leur dernier duel, est un argument de poids dans le "dossier MVP" de James, en passe de signer le premier opus de sa carrière à plus de dix assists de moyenne par rencontre (10.7 après 58 parties). Un dossier qui remonte tout en haut de la pile… des challengers.

LeBron James (Lakers) et Giannis Antetokounmpo (Bucks)

LeBron James (Lakers) et Giannis Antetokounmpo (Bucks)Getty Images

En lice pour un trophée de MVP historique

Antetokounmpo garde en effet une longueur d’avance dans la course au trophée individuel ultime de la NBA. Intrinsèquement, avec 29.6 points de moyenne par match (25.7 pour LBJ), assortis de 13.7 rebonds (contre 7.8) et 5.8 passes, le tout magnifiant le meilleur bilan de la Grande Ligue, le "Greek Freak" paraît intouchable. Mais outre le côté "immortel" de LeBron, la dynamique plaide en faveur d’un match relancé : quand Giannis va rater au moins deux matches à cause de sa blessure au genou (dont un déjà joué, et perdu, par les Bucks dimanche face aux Suns), James vient peut-être d’ancrer deux images indélébiles dans l’esprit des votants.

Le message ? J’ai surpassé, dans la foulée, le MVP de la saison régulière (Antetokounmpo, donc) et le MVP des finales (Leonard). Plus globalement, LBJ surfe sur la vague de "hype" des dix victoires en onze matches des Lakers, avec au passage 40 points marqués face aux Pelicans de l’attraction Zion Williamson, ou encore une performance très "clutch" contre les Celtics, ennemis intimes des Californiens. Deux succès à la clef.

Mais il ne faut pas se limiter au parquet pour comprendre en quoi "King James" peut briguer un cinquième titre de MVP de saison régulière, avec une troisième franchise différente (après celles des Cavs et du Heat), ce qui serait inédit. Le tragique décès de Kobe Bryant, le 26 janvier dernier, donne une dimension épique à la fin de saison des Lakers. Cela pourrait compter, de manière plus ou moins consciente, dans l’esprit des journalistes appelés à voter.

L’image de la campagne à la fois brillante et teintée d’émotion des Pourpre et Or – même si Anthony Davis a encore prouvé vendredi et dimanche qu’il en était un élément essentiel –, c’est LeBron James. D’autant plus que l’ancien franchise player des Pels plaide pour son leader. "Ce qu’il fait à 35 ans est incroyable. Ce n’est pas pour manquer de respect à Milwaukee, Giannis fait une sacrée saison, mais si vous pensez à ce que signifie ‘most valuable player’ (joueur le plus précieux), c’est Bron pour nous. Regardez nos statistiques quand il est sur le parquet. Il est le MVP" détaille Davis dans des propos rapportés par Yahoo Sports. Être primé avec un adversaire d’une telle ampleur et un lieutenant d’une telle envergure relèverait de la gageure mais cela semble moins utopique qu’il y a un mois.

Anthony Davis et LeBron James (Lakers), victorieux face aux Clippers

Anthony Davis et LeBron James (Lakers), victorieux face aux ClippersGetty Images

Un dernier rendez-vous face aux Clippers

LeBron James rejoindrait Michael Jordan s’il décrochait un cinquième trophée de MVP, restant une longueur derrière Kareem Abdul-Jabbar en la matière. Mais sa course à l’histoire ne s’arrête pas aux distinctions individuelles. Il vise une quatrième bague. Et le double coup de poing sur la table des Lakers donne du corps à leur candidature pour le sacre. Mais il faut tout de même se méfier des enseignements à en tirer. Certes, les hommes de Frank Vogel ont mis à terre les deux adversaires avec qui ils partagent la faveur des pronostics pour le Trophée Larry O’Brien. Mais ils n’ont fait "que" prendre leur revanche.

Bucks et Lakers, dont la place en playoffs est assurée et qui ne pourraient s’y affronter qu’en finales, termineront la régulière avec une victoire chacun dans leur duel. Quant à la bataille de l’avantage psychologique face au rival local, elle n’est pas terminée. Lors de la soirée d’ouverture de la saison, les Clippers s’étaient imposés malgré l’absence de Paul George. Rebelotte à Nöel, cette fois avec PG13. Ils mènent donc encore 2-1 jusqu’au 9 avril prochain, date de la quatrième rencontre entre les deux franchises, initialement prévue le 28 janvier mais reportée en raison du drame qui a touché la NBA. LeBron James aura là une nouvelle opportunité de marquer des points. Sur plusieurs tableaux.

LeBron James (Lakers) au lay-up face aux Clippers - 08/03/2020

LeBron James (Lakers) au lay-up face aux Clippers - 08/03/2020Getty Images

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