"KOBE". Le cri de rage, sorti du cœur, des tripes, d’Anthony Davis après son panier victorieux au buzzer dimanche soir signifiait beaucoup. Une pensée forte pour son idole à l’un des moments les plus importants de sa carrière. Comme n’importe quel passionné de basket qui hurlerait le nom de Bryant en essayant de rentrer une boulette de papier dans une corbeille. Sauf que là, A.D. joue les playoffs. Les finales de conférence à l’Ouest. Et, avec un point de retard à deux secondes de la sirène, son tir assassin à trois points donnait la victoire aux Los Angeles Lakers. La deuxième en deux matches contre les Denver Nuggets.
"On veut représenter Kobe, surtout avec cette tunique", confiait la superstar, maillot noir en hommage au Black Mamba sur le dos. Les Californiens portaient effectivement une tenue en partie désignée par l’ancienne légende NBA, décédée en janvier dernier. "Ça rend le moment encore plus spécial", ajoute Davis. Ce panier est déjà une action forte de la saison et de la carrière du bonhomme. L’illustration de sa panoplie offensive impressionnante. Long, athlétique, il dispose aussi d’une mécanique de tir très fluide, ce qui lui permet de planter de loin. Ici, derrière l’arc. Pour la gagne. Ça n’arrive pas tous les jours en playoffs, quand la pression est à son comble. "Je tiens à prendre ces tirs-là. C’est pour ça que l’on m’a fait venir ici, aux Lakers."
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Sur la dernière remise en jeu, Rajon Rondo songeait à servir LeBron James. Le quadruple MVP et triple champion NBA. Les deux hommes se sont regardés. Mais vu que le King restait sur place, le meneur s’est vite tourné vers l’autre star de l’équipe. Il a bien fait. D’ailleurs, si un joueur doit hériter du dernier ballon, c’est bien Anthony Davis. Encore plus que le numéro 23 de Los Angeles. Une statistique simple et ahurissante pour comprendre l’efficacité de l’intérieur de 27 ans dans les moments chauds : 14 paniers rentrés en 29 tentatives dans les 24 dernières secondes d’un match avec une possibilité d’égaliser ou de passer devant. Soit 48% de réussite. C’est monstrueux. Le plus adroit de la ligue dans cette situation depuis… 1997 !
Fort. Très fort. Trop fort. Davis est trop fort. Et peut-être même que c’est lui le patron chez les mauve et or. James n’a jamais joué avec un coéquipier aussi doué (précision importante : Dwayne Wade, même en 2011, commençait déjà à décliner en raison de nombreux pépins physiques). Mais ça, cette tournure, ça sous-entend que son jeune coéquipier lui sert de lieutenant. Ce n’est pourtant pas la réalité du terrain. LBJ dispose encore du statut de figure emblématique parce qu’il évolue à un niveau de jeu stratosphérique pour un homme de 35 ans, bientôt 36, qui dispute sa dix-septième saison en NBA. Dans les esprits, il est le leader de cette formation. Mais sur le parquet, c’est souvent Davis le "game changer" pour Los Angeles.

LeBron James et Anthony Davis (Lakers) lors du match 2 face à Houston

Crédit: Getty Images

Anthony Davis, MVP des Lakers... et des playoffs ?

D’ailleurs, si James estime qu’il devait hériter du MVP, que devrait penser A.D. ? Il a au moins autant d’impact que lui sur le succès des Lakers cette saison. Même plus, à en croire les "Win Shares", une statistique qui mesure le nombre de victoires apportées par un joueur à une équipe. Davis pointe à 11,1, comme Giannis Antetokounmpo, quand le natif d’Akron est à 9,8. Bon, ça reste des chiffres très abstraits. L’ancien joueur des Pelicans reste tout de même le meilleur marqueur des Angelenos et le meilleur défenseur de l’équipe. Donc le meilleur joueur ? C’est évidemment plus complexe que ça, mais il est l’homme qui peut – et va – faire la différence pour la franchise hollywoodienne.
C’est le joueur le plus dominant depuis le début des playoffs ! Encore plus que Jimmy Butler à Miami ou Jayson Tatum à Boston. 28,7 points par match, 57% aux tirs et 40% à trois-points, 10,7 rebonds et même presque 4 passes. Avec également le meilleur différentiel +/- de son équipe. Quand il est sur le terrain, les Lakers prennent le dessus sur leurs adversaires par 15 points d’écart sur 100 possessions en moyenne. Plus que n’importe lequel de ses partenaires, Danny Green mis à part (+18). LeBron est à +13. La vraie différence se fait quand il sort. -8 avec Davis sur le banc. Et pour James ? -0,2. Ses passages sur le banc ne sont plus aussi coûteux qu’à une époque, quand ses coéquipiers prenaient l’eau sans leur maestro.
Au final, LeBron James et Anthony Davis se complètent bien. Le premier a besoin de la fraîcheur du second pour tuer certaines rencontres. Et le second a besoin du premier pour créer du jeu. Un duo dévastateur. Peut-être les deux meilleurs joueurs encore en lice dans la compétition. Avec un tel tandem, les Lakers n’ont pas le droit de se planter.
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