Bucks – Lakers. Comme un parfum de finales NBA. Enfin… en théorie. Quand la ligue a programmé ce choc au sommet en affiche vedette de sa soirée du mercredi, elle ne s’imaginait sans doute pas que les deux équipes seraient mal en point après un mois de compétition. Il s’agit d’un potentiel avant-goût du mois de juin, un duel entre les deux derniers champions en titre et non pas une rencontre banale entre le onzième de la Conférence Est et le septième de l’Ouest. Pour l’instant, Milwaukee comme Los Angeles végètent au milieu du classement. Bien loin de leurs prétentions.
Pire encore, la différence de niveau de jeu affiché entre les Bulls et les Lakers lundi soir (défaite de L.A. 103 à 121) laisserait penser que ce sont les Chicagoans, et non pas les Californiens, qui ambitionnent de jouer les premiers rôles en juin prochain. Les joueurs de Frank Vogel ont pris l’eau sans opposer la moindre résistance dans le troisième quart-temps. Avec un écart qui est monté jusqu’à 25 longueurs pour une lourde défaite à l’arrivée. Sauf que même après seulement 15 matches, impossible d’avancer la thèse du simple accident. En réalité, cela devient même une fâcheuse habitude. Ils avaient déjà subi le même sort quelques jours plus tôt contre les Timberwolves.
NBA
Durant toujours plus régulier, Lillard toujours pas réglé
06/11/2021 À 09:10
Au point d'inciter Anthony Davis, d’ordinaire très discret, à pousser une gueulante. "On a été nuls", a-t-il balancé après le revers de son équipe (83-107). "On ne défend pas et on n’arrive pas à marquer non plus. C’est à nous de nous demander ce à quoi on aspire. Est-ce que l’on veut être une équipe qui joue le titre ? On est loin d’y ressembler. On doit faire mieux. C’est embarrassant." Ses mots n’ont pas l’air d’avoir trouvé écho. Los Angeles est même la plus mauvaise équipe de la ligue dans les troisièmes quart-temps avec un différentiel total de -89. Même les cancres que sont New Orleans, Detroit ou Houston font mieux.

Los Angeles, bien loin de pouvoir prétendre au titre

C’est problématique, évidemment, mais aussi symptomatique. Que les automatismes ne soient pas encore au point, c’est presque normal. Mais l’attitude et le niveau d’efforts affichés par les joueurs restent indignes d’une équipe de cette stature. Les meilleurs groupes sont justement censés dominer dans les troisièmes quart-temps ! C’est même devenu la marque de fabrique des Warriors lors de leurs quatre finales consécutives. Le plus troublant, c’est que les Lakers n’ont rassuré sur aucun des points faibles potentiels imaginés avant le coup d’envoi de la saison. Incohérents, mal-construits et donc dysfonctionnels. Ils cochent toutes les cases.
Le manque d’alchimie a sauté aux yeux dès les premières rencontres – logique cela dit – avec par exemple un match contre les Suns où LeBron James, Russell Westbrook et Davis ont débuté avec 7 possessions de suite conclues par des tirs à mi-distance, le plus souvent contestés. Parce qu’ils n’arrivaient pas à se trouver sur le terrain et chacun y est allé de sa petite action personnelle à tour de rôle. Il s’agit juste d’un passage isolé il y a deux mois mais finalement assez significatif de l’absence d’espace et de complémentarité quand les trois stars sont ensemble sur le terrain avec un pivot lent et inoffensif comme DeAndre Jordan.

Russell Westbrook

Crédit: Getty Images

Chaque discussion sur le sujet revient à un moment à Russell Westbrook. Parce que sa présence dans cet effectif soulève toujours autant d’interrogations. Le bilan chiffré n’est pas mauvais – 19,4 points, 8,7 rebonds et 8,3 passes – mais il ne l’est jamais avec l’ancien MVP. Il suffit de creuser un poil plus loin pour s’apercevoir des problèmes posés par son style de jeu. Il est maladroit (42% aux tirs, 29% à trois-points), ce qui pousse la défense adverse à l’ignorer lorsqu’il n’a pas le ballon. Et lorsqu’il est aux commandes, il perd la gonfle plus que n’importe quel autre joueur de la ligue (5,3 par match).

De nombreux ajustements à faire

D’ailleurs, Davis a confié à la presse que les Lakers ont déjà pris le temps de parler au bonhomme de ses choix et donc de ses pertes de balle parfois complètement absurdes. Par politesse, AD a évoqué les manières dont ses coéquipiers peuvent aider leur meneur. Mais en vérité, ça part de lui. Son profil ne colle pas avec une franchise aussi ambitieuse à ce stade de sa carrière. Westbrook, c’est un joueur capable de transformer la quinzième équipe du championnat en un candidat au play-in. Ou d’amener constamment en playoffs une organisation qui squatte le ventre-mou du tableau. Mais pour le Top 3, ça ne marche pas. Ça ne marche plus.
Le problème, c’est que les Lakers – via James par exemple – répètent sans cesse qu’ils l’ont fait venir pour qu’il puisse être lui-même. Sauf que, non, c’est impossible ! Il doit faire évoluer son jeu. Et ça, ça ne fonctionne pas non plus. Il n’a pas l’adresse nécessaire pour jouer sans le ballon. L’idéal serait qu’il s’inspire de Dwyane Wade – époque Miami – en multipliant les coupes, en se déplaçant intelligemment pour profiter de ses qualités de finisseur près du cercle. Pour l’instant, il ne le fait pas. Les plus optimistes diront que ça viendra. Que les Angelenos ont le temps. Mais peut-être pas tant que ça. Une saison, ça passe vite.

AD James Westbrook

Crédit: Getty Images

Et les armadas montées sur pied en une intersaison (quasiment que des nouveaux joueurs à L.A.) vont rarement au bout dès leur première année ensemble. Encore moins avec autant de points noirs. Vogel et ses assistants ont déjà commencé à s’adapter en faisant de plus en plus jouer Davis au poste cinq. La formule du titre en 2020. Les Lakers n’ont tout simplement pas le choix. AD non plus. Il doit évoluer en pivot, un poste qui l’expose à plus de contacts physiques et qui accroit les risque de blessures d’un All-Star très fragile et donc constamment en proie à des pépins de santé. Mais si son corps tient le choc, ce schéma offre plus de libertés à James, Westbrook et les autres.
Le seul hic, c’est que l’effectif n’a pas été pensé dans ce sens. Et les Californiens se cherchent déjà désespérément des snipers susceptibles d’accompagner les trois larrons. Ils feront très probablement des ajustements en cours de saison. Avec des joueurs comme LeBron et Davis, les Lakers ont de toute façon des arguments. Et donc des raisons d’y croire. Reste à savoir si leur talent suffira à faire la différence.

Les Bucks vraiment diminués

Pour les Bucks, la donne est vraiment différente. Leur début de saison délicat s’explique surtout par les (très) nombreux absents. Notamment parmi les cadres. Jrue Holiday, Khris Middleton, Brook Lopez, Donte DiVicenzo, Giannis Antetokounmpo… tous ont manqué des matches. Ce qui correspond tout simplement au cinq majeur. Une avalanche de blessures et de soucis de santé après une très longue campagne l’an passé. C’est déjà moins inquiétant que le cas des Lakers.
Les joueurs de Mike Budenholzer connaissent leur système. Ils ont déjà des points forts et des bases solides sur lesquels ils peuvent se reposer. Il y a moins de pression. Les champions montent traditionnellement en puissance lors de la deuxième moitié de saison et c’est ce qu’il faut attendre de cette équipe une fois au complet. En revanche, la petite ombre au tableau concerne finalement les départs de l’intersaison. Cette entame en dents de scie, avec un problème de profondeur d’effectif, tend à illustrer la perte d’un joueur important comme PJ Tucker par exemple. Sachant qu’il n’a pas vraiment été remplacé.
Deux favoris et donc deux situations complètement différentes. Pour les Bucks, tout dépendra finalement des retours de chacun. Celui de LeBron James aura aussi son importance aux Lakers mais ces derniers ont plus de chemin à parcourir. Leur premier "road trip" de la saison, avec 5 matches de suite à l’extérieur, risque d’être important et révélateur.
NBA
Kanter, le basketteur qui défie Erdogan et la Chine
28/10/2021 À 21:56
NBA
Près de 1,5 million de dollars aux enchères pour des baskets emblématiques de Michael Jordan
25/10/2021 À 05:36