Un coup de coude de LeBron James et Jae Crowder vole dans le vent. Une action, juste avant la pause, qui illustre finalement très bien ce Game 1 des finales NBA devant. Avec une équipe des Lakers trop grande, trop puissante et trop adroite pour un Heat fragile. Et au bout, une première correction (116-98). Peut-être frustré d’avoir été bousculé aussi brutalement, Crowder s’est avancé vers James suite au coup de sifflet de l’arbitre. Tapant au passage dans la balle, alors dans les mains du King, alors que le jeu restait arrêté. Des regards sombres des deux côtés, des mots échangés. Un bref moment de tension, certes anodins. Mais l’un rares instants où Miami montrait enfin du répondant.

Mais où est donc passé le Heat combatif ?

NBA
Une démonstration pour commencer : les Lakers donnent le ton
01/10/2020 À 03:41

Parce qu’en dehors des six premières minutes de la partie, les Floridiens se sont fait balader. Chahutés. Dominés. Voire écrasés. Pourtant, tout avait bien commencé. Dedans mentalement, actifs en défense, collectifs en attaque, ils passaient même un 13-0 à leurs adversaires pour débloquer une égalité à 10-10. Et donc 13 points d’avance, 10-23, à la moitié du premier quart. Et puis… plus rien. Kentavious Caldwell-Pope a mis deux trois-points pour lancer la machine et les Lakers ont roulé sur leurs adversaires tout au long de la rencontre, prenant même jusqu’à 30 points d’avance dans le troisième quart (59-89). Un carnage.

Alors, oui, les Angelenos sont plus forts, à l’image d’un Anthony Davis intenable (34 pts). Mais le Heat s’est inexplicablement éloigné de ses propres principes de jeu. Une équipe aphone devant la domination de son adversaire. Sans aucune solution devant l’agressivité, alors que la résilience est censée être l’une des forces de ce groupe. Plus de défense, moins de mouvements en attaque, des mouvements brouillons et téléphonés. "On avait évoqué le fait que nous devions réussir un match quasiment parfait pour gagner. Et on en était tellement loin. Il n’y a rien d’autres à dire. On sait ce que l’on n’a pas fait. On n’a pas été aux rebonds, on n’a pas été bon sur le repli et tout ça a mené sur ce gros écart", notait Jimmy Butler.

Anthony Davis

Crédit: Getty Images

La différence aux rebonds sautait aux yeux pendant le match. Elle est encore plus parlante avec les chiffres : 54-36 en faveur de Los Angeles. Les joueurs de Miami ont tout simplement arrêté de se battre. Comme paralysés. Et c’est là où l’expérience, ou l’inexpérience pour le Heat, pèse à ce niveau de la compétition. LeBron James, Rajon Rondo, ou encore Danny Green n’ont pas paniqué une fois à -13. Ils savaient que leur moment allait arriver. Ce sont d’ailleurs ces hommes-là, avec évidemment Davis mais aussi Kentavious Caldwell-Pope qui ont enfoncé le Heat assez rapidement. Alors qu’une fois exposés à l’adversité, les Floridiens, eux, déjouaient. La jeunesse d’un Bam Adebayo, d’un Duncan Robinson (inexistant, si ce n’est pour servir de plot sur lequel s’appuyait James) ou d’un Tyler Herro (-35 de différentiel !) se paye cash.

Des blessures qui ternissent un tableau déjà sombre

"Nous sommes bien meilleurs que ce que nous avons montré", promet Erik Spoelstra. Très certainement. Parce que dans l’attitude, le Heat peut faire beaucoup mieux. Et s’il y a bien un domaine dans lequel on pensait que cette équipe assurerait, c’est justement dans l’état d’esprit. La franchise de South Beach n’a jamais été menée dans une série depuis le début des playoffs. Elle va devoir s’adapter. Réagir. D’un côté, il sera difficile de faire pire que la prestation d’hier soir. Mais de l’autre, Butler et ses coéquipiers ont pris un sacré coup de massue sur la tête. Surtout, ils ont perdu bien plus qu’un match. Trois joueurs majeurs se sont blessés en cours de jeu.

Bam Adebayo et Jimmy Butler

Crédit: Getty Images

L’arrière All-Star s’est fait mal à la cheville, même s’il tient évidemment le discours habituel et assure qu’il va bien, qu’il va tenir le coup. C’est en serrant les dents qu’il a terminé la partie en étant l’un des rares joueurs de son équipe à surnager (23 pts). Bam Adebayo, lui, n’est pas revenu après avoir ressenti des nouvelles douleurs à l’épaule dans le troisième quart. Très attendu sur Davis, le pivot a fini avec 8 points, 2 sur 8 aux tirs et 4 rebonds en 21 minutes. Les deux cadres seront présents dans le Game 2. Goran Dragic, en revanche, ça paraît nettement moins probable. Voire impossible. Le meneur slovène souffre d’une déchirure au pied. Une blessure sérieuse, qui pourrait même lui faire manquer le reste des finales. La tuile.

"Avec ou sans Goran, il faut être prêt à se battre", prévient Butler. Se remettre de cette soirée cauchemardesque ne sera pas facile. Mais les Floridiens n’ont pas le choix s’ils veulent ne serait-ce qu’exister dans cette série.

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