Massive. Spectaculaire. Historique. Les superlatifs ne manquent pas pour décrire la performance de Jimmy Butler lors du Game 3 des finales NBA 2020 cette nuit. 40 points, 11 rebonds et 13 passes décisives après 45 minutes de jeu. Un combat acharné avec, au bout, une victoire héroïque du Miami Heat contre les Los Angeles Lakers (115-104). C’est une prestation rarissime. Ni LeBron James, ni Dwyane Wade ou Shaquille O’Neal, trois légendes, n’ont fait aussi bien avec la tunique de la franchise floridienne à ce niveau de la compétition. De toute façon, un triple-double à 40 points, c’est quasiment du jamais vu à ce stade. Seuls deux joueurs y sont parvenus avant Butler : Jerry West et…. James, justement.

Jimmy Butler, encore plus fort que LeBron James

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19/01/2021 À 06:00

Le King est le maître des records mais il n’était pas le meilleur basketteur sur le parquet hier soir. Pas sur cette rencontre. Tellement dominateurs lors des deux premiers matches des finales, James et Anthony Davis ont marqué autant de points à eux deux que "Buckets" à lui tout seul. 40 donc. 40 points inscrits en provoquant sans relâche la défense adverse, en attaquant le cercle et en se mêlant à la bagarre pour les rebonds (offensifs) dans la peinture. Un arrière avec une performance digne d’un pivot. 14 sur 20 aux tirs. Pas la moindre tentative à trois-points. Un paradoxe à cette époque où dégainer de loin, très loin, est souvent la première, la deuxième et parfois même la troisième option offensive. Il l’a joué à l’ancienne, devenant au passage le premier joueur depuis Shaq à atteindre la barre des 40 unités sans tenter sa chance derrière l’arc.

En l’absence de Goran Dragic (pied) et Bam Adebayo (nuque), encore une fois forfait, le jeu passait essentiellement par lui. Moins de polyvalence, moins de diversité mais plus de place pour la superstar du Heat. Avec tous les ballons à jouer, que ce soit pour lui pour les autres. "Il donnait le ton offensivement", signale son coéquipier Jae Crowder. "Il contrôlait le match. Et à chaque fois que nous avions l’impression que la victoire allait nous filer entre les doigts, il reprenait le contrôle pour nous. Il nous a fait gagner." C’était nécessaire. Il fallait une performance d’anthologie pour battre une armada comme celle de Los Angeles en étant privé de deux cadres. Un Butler agressif, intelligent, impliqué, inspiré et altruiste. Et surtout un joueur qui ne lâche rien. Jamais. Il avait promis de se donner à fond quoi qu’il arrive. Il tient parole. Même avec une cheville endolorie.

Jimmy Butler LeBron James

Crédit: Getty Images

Le joueur de 31 ans ne cesse jamais de se battre. Le terme guerrier des parquets est parfois surfait mais il colle parfaitement au personnage. "C’est un compétiteur extrême", précise son coach, Erik Spoelstra. Ses 40 points, ça ne le marque pas. La victoire pèse plus lourd. Là encore, le raisonnement peut vite basculer sur du cliché. "J’espère que je vais mettre 0 point au prochain match, que l’on va gagner et comme ça je tiendrai exactement le même discours", confie l’intéressé pour témoigner à quel point ses statistiques ne le touchent pas plus que ça. Sa prestation, en revanche, suscite l’admiration de ses adversaires. LeBron en tête : "Jimmy a été phénoménal. C’est l’un des plus grands compétiteurs de la ligue. Je ne sais pas si j’aurais encore beaucoup d’opportunités d’affronter un compétiteur comme ça. Ça va me manquer quand je serai à la retraite."

Une superstar qui va au charbon

En bon joueur, James aime les taquineries. Les défis. Le match dans le match avec Jimmy Butler. Peut-être même qu’il est, d’une quelconque manière, à l’origine de cette sortie historique du bonhomme. Parce que le natif d’Akron a eu le malheur de provoquer la bête. En lâchant un "ça va être dur pour vous" juste après que les Lakers aient effacé un déficit de 13 points dans le premier quart temps. Butler n’a rien dit. Mais il savait que son moment viendrait. Et c’est à la suite de huit points consécutifs dans le money time, quand Miami a pris le large pour la dernière fois (109-100) à un peu plus d’une minute de la fin qu’il a renvoyé la même pique au numéro 23 des Lakers : "ça va être dur pour vous." L’essence même du gars qui ne se laissera pas marcher sur les pieds. "Vous pouvez toujours compter sur lui", promet Crowder. "Que ce soit un rebond ou provoquer un passage en force. Il était déjà comme ça à la fac." Cette remarque est intéressante parce que JB n’était justement pas toujours le joueur majeur de son équipe à l’université de Marquette. Ni même au lycée.

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Alors il a appris à faire le sale boulot. Défendre dur, donner de son corps pour provoquer des passages en force, se battre aux rebonds. Tous les petits détails qui pèsent sur l’issue d’une rencontre. Des tâches ingrates souvent confiées aux joueurs de compléments, pas aux superstars. Il n’était pas destiné à intégrer le gratin de la NBA (30ème choix de la draft en 2011). Mais, à force de travail, il s’est imposé dans le paysage. Des années plus tard, il se concentre toujours sur ces détails tout en étant la première option de l’équipe. Même en finales. Peut-il vraiment mener une franchise au titre ? C’est une autre histoire. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il tombera les armes à la main. "Ils peuvent être battus. On ne va pas abandonner. On va continuer à se battre pour égaliser." Les Lakers sont prévenus.

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