Frappé par l’émotion, LeBron James s’est allongé dans le vestiaire. Cigare à la main, comme le veut la tradition. Joyeux, éreinté par tant d’efforts, tant d’obstacles surmontés pour en arriver là, fier mais aussi ému, le King tenait à appeler celle qui l’a toujours soutenu dans toutes les épreuves de sa vie : sa mère, Gloria. En FaceTime, sous l’œil des caméras prêtes à capter ce nouveau moment de l’immense carrière du natif d’Akron. "Avec tout ce que je t'ai vue traverser, il n'y a rien qui peut m'arrêter. J'espère que je continue de te rendre fière, Maman."
Il l’a fait. Il a décroché son quatrième titre NBA. "Aucun n’est plus beau que l’autre", assure le héros du soir, qui reconnaît tout de même que cette nouvelle bague garde une "forte signification." Au Miami Heat, il gagnait avec ses amis. Dwyane Wade. Chris Bosh. Aux Cleveland Cavaliers, il gagnait avec sa franchise de cœur. Celle de l’état dont il est originaire, l’Ohio. Aux Los Angeles Lakers, il gagne avec une organisation mythique, en perte de vitesse depuis son dernier sacre. Ça remontait à dix ans déjà. Avec Kobe Bryant en chef de file. Quel symbole.
NBA
Les Lakers un peu plus dans l'histoire, LeBron un peu plus dans l'éternité
12/10/2020 À 04:13

LeBron James, l'homme qui a ramené les Lakers au sommet

"Je l’ai dit à Jeanie [Buss, la propriétaire des Lakers] quand je suis arrivé ici : je vais remettre cette franchise à sa place." Aux sommets, donc. "C'est une franchise historique et en avoir fait partie est quelque chose que je pourrai raconter à mes enfants et mes petits-enfants, ils pourront dire que leur père a joué pour les Los Angeles Lakers. C'est comme jouer pour les New York Yankees ou les Boston Red Sox (MLB) et gagner, ou jouer pour les New England Patriots (NFL) et gagner un Super Bowl. Donc, pouvoir être champion avec une franchise historique est quelque chose, dont vous pouvez toujours vous rappeler, même si votre esprit vacille." James voulait se mettre au défi de passer après les légendes Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Shaquille O’Neal et évidemment Bryant. Et de faire comme eux, à savoir mener les Mauve et Or jusqu’au bout. Jusqu’au titre. Pari réussi. Avec une dix-septième bannière à la clé pour les Lakers, qui rejoignent les Celtics au nombre de titres.

LeBron James, champion NBA 2020 et MVP des finales

Crédit: Getty Images

Chapeau. Le tout en étant élu MVP des finales NBA 2020. Logique, quand un joueur plante presque 30 points, 11 rebonds et 8 passes sur l’ensemble de la série. Avec même un triple-double – 28 points, 14 rebonds, 10 passes – pour boucler l’affaire. Incroyable. Il devient d’ailleurs le premier basketteur NBA à décrocher trois trophées de MVP des finales avec trois équipes différentes. Un nouvel accomplissement historique. Quelle place, justement, dans la hiérarchie floue mais tellement commentée de la NBA toutes époques confondues ?
Il y a quatre ans, après un titre magnifique avec les Cavaliers – la première équipe à remonter un handicap de trois manches à une en finales – LeBron James confiait "chasser ce fantôme de Chicago " Un premier aveu sur ses ambitions concernant sa fin de carrière. Rejoindre et dépasser Michael Jordan. Dans les livres de record et dans les esprits. Pour être considéré comme le meilleur joueur de tous les temps.
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Les discussions sans fin sont déjà reparties de plus belle avec ce sacre des Lakers. Une victoire que les détracteurs du numéro 23 (celui de Los Angeles) tendent à nuancer, voire même à la qualifier de "facile." Pourquoi ? Parce que les Californiens ont évité, entre autres, les Milwaukee Bucks et les Los Angeles Clippers. Mais ce sont ces équipes qui restent coupables de ne pas s’être mises en position de gagner. Le Heat a connu des blessures malheureuses sur ces finales mais ils étaient probablement un cran en-dessous de toute façon.

Quelle place dans l'Histoire ?

Pour James, c’est tout l’inverse : ce titre était l’un des plus éprouvants. "C’est l’un de mes plus beaux accomplissements. C’était très difficile. Nous étions coupés de nos repères et ça joue sur le corps et l’esprit." Il fait évidemment ici référence aux conditions très particulières de la bulle NBA mise en place pour reprendre la saison après cinq mois de break. Des circonstances exceptionnelles avec des équipes entassées dans des hôtels au sein du parc Disney d’Orlando, loin de leurs proches.
Avec la menace persistante et permanente du Covid-19. Pas de déplacements, pas d’avantage du terrain et bien évidemment pas de public. Cette saison 2020 portera effectivement un astérisque, mais pas pour retirer de la valeur au titre. Le champion est définitivement un beau champion. Il faut toujours respecter un champion. Et en grand champion, justement, LeBron James "veut du respect." Une notion mise en avant au moment de recevoir son trophée de MVP des finales.
Ce respect, il le mérite. Sans aucun doute. Le voilà à nouveau sacré en réussissant une saison absolument ahurissante. Encore plus à 35 ans, bientôt 36, et après dix-sept saisons passées chez les pros. Il continue d’être au-dessus du lot. Ses dixièmes finales et toujours aussi épatant. Le maître à jouer de ces Lakers. "J’ai toujours cru en LeBron James. C’est le plus grand joueur que l’univers ait connu", lâchait carrément Frank Vogel après le titre. Le plus grand ou le plus fort, ça se discute, comme toujours. Mais ce nouveau chef-d’œuvre vient enrichir ce qui est peut-être la carrière la plus brillante de l’Histoire de ce sport.

LeBron James, champion NBA 2020 et MVP des finales

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