"Must win." Victoire obligatoire, en VF. Deux mots et un simple SMS, envoyé par LeBron James et reçu par tous les joueurs des Los Angeles Lakers quelques heures avant le Game 4 des finales NBA contre le Miami Heat. De quoi faire monter la pression. Le King l’a sentait déjà "juste après ma sieste du matin. J’ai eu le sentiment que j’allais jouer l’un des matches les plus importants de ma carrière. J’ai voulu partager cet état d’esprit." Dix-sept saisons chez les pros, dix finales mais tout de même l’impression que cette rencontre prenait une place très particulière dans son histoire personnelle. Son héritage. Parce que l’enjeu est énorme. Avec une défaite, les Angelenos risquaient de remettre en confiance leurs adversaires. Avec une victoire, ils faisaient un grand pas vers le titre. Parce que mener trois manches à une à ce stade de la compétition est quasiment une garantie d’aller au bout, à moins d’affronter les Cavaliers de… James, seule équipe à avoir remonté pareil handicap pour finalement décrocher une bague.

Un King tyrannique avec ses coéquipiers et les arbitres

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Cette saison 2020 est tellement spéciale pour lui. Pas seulement pour les conditions extraordinaires liées à l’épidémie. Le titre aurait (aura) une valeur très particulière pour le natif d’Akron. L’accomplissement d’une vie. Un challenge relevé supplémentaire, à savoir ramener les Lakers, cette franchise mythique, au sommet après des années de reconstruction. Un nouveau sacre, pour revenir à hauteur des rivaux des Celtics avec dix-sept bannières. Une victoire dix ans après l’équipe de Kobe Bryant. Et justement en mémoire au Black Mamba, décédé en janvier dernier. Une quatrième bague pour LBJ, qui prouverait là qu’il peut gagner partout où il passe. Le premier homme à guider trois organisations différentes jusqu’au Graal.

LeBron James avec les Lakers face à Denver

Crédit: Getty Images

Et ça, tout ce poids sur ses épaules, il s’est fait sentir dès le coup d’envoi. Et pendant toute la première mi-temps. Comme si ce n’était pas le LeBron James habituel mais une pâle copie, plus nerveuse, moins posée, moins concentrée. Après vingt-quatre minutes de jeu, il avait perdu plus de ballons (5) qu’il n’avait marqués de paniers (3). Passer plus de temps à râler qu’à jouer. Constamment dans la contestation envers les arbitres après chaque coup de sifflet. Voire même en train d’allumer ses coéquipiers – pauvre Kyle Kuzma – lorsqu’ils prenaient des mauvaises décisions. Alors que lui, justement, enchaînait les mauvais choix. Insupportable.

Le retour du grand LeBron James

La pause était la bienvenue pour la superstar. L’occasion de se calmer. De se remettre dedans. Et c’est un James complètement différent qui est ressorti des vestiaires. Le James qui a pris l’habitude de peser dans les moments les plus importants des rencontres les plus tendues. Le ton, il l’a donné d’entrée, avec deux tirs à trois-points du logo pour prendre le contrôle du troisième quart temps. Sans vraiment creuser l’écart mais au moins pour vraiment passer dedans et gérer cette avance par la suite. Mais le Heat n’a évidemment rien lâché. Les Floridiens ont égalisé 83 partout à six minutes du buzzer final. Six minutes pour décider de l’issue de ce Game 4 crucial.

Moment choisi par le quadruple MVP pour remettre un coup d’accélérateur. D’abord en se frayant un chemin monstrueux vers le cercle, malgré deux défenseurs devant lui au départ de l’action – Jimmy Butler et Duncan Robinson. Le TGV LeBron les a traversés pour finir au panier malgré une manchette d’un Jae Crowder absolument sans scrupules quand il s’agissait de faire des fautes hier soir. L’alliage de vitesse et de puissance que dégage James à bientôt 36 ans est absolument ahurissant. Il a converti son lancer. Puis quatre autres, toujours sur la ligne réparatrice. Le signe d’une agressivité – une bonne agressivité – retrouvée. Le mot de la fin, il l’a laissé à son coéquipier Kentavious Caldwell-Pope. Un caviar du King pour le shooteur dans le corner et un trois-points pour refroidir le Heat. Définitivement.

LeBron James a inscrit 20 de ses 28 points en deuxième période. Pour finir encore une fois au bord du triple-double : 28 unités, 12 rebonds et 8 passes décisives. Surtout, les Lakers l’ont emporté (102-96). Se rapprochant ainsi tout près du titre. Une option sur la bague, mais aussi sur le trophée de MVP des finales pour l’élu, un temps concurrencé par son camarade Anthony Davis (lui aussi excellent en deuxième mi-temps hier). Le réveil du patron, le retour du roi.

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