C'est une constance au fil de sa carrière. Régulièrement, Rudy Gobert se retrouve sous le feu des critiques. Celles-ci peuvent être émises par d'anciens joueurs devenus commentateurs. Des consultants. Des fans. Ou même des adversaires, comme récemment avec Anthony Edwards et Patrick Beverley. "Le meilleur protecteur de cercle en NBA, c'est Kristaps Porzingis. En revanche, Rudy Gobert ne m'inspire aucune peur", a lancé Anthony Edwards. "Si je suis le meilleur défenseur de l'année, je vais toujours défendre sur le meilleur joueur adverse. Je ne vais pas me cacher", a ajouté Pat Beverley. Des attaques aussi gratuites que surprenantes tant on connaît l'impact de l'ancien Choletais sous les panneaux. Mais ce n'est pas forcément nouveau pour Rudy Gobert.
En début d'année, il avait déjà dû digérer les saillies d'un certain Shaquille O'Neal. "Je ne vais pas faire le 'hater' (l’envieux). Mais ça devrait être une source d’inspiration pour tous les petits enfants. Vous tournez à 11 points de moyenne en NBA et vous pouvez obtenir un contrat à 200 millions...", avait persiflé l'ancien génial pivot des Lakers ou encore du Heat et du Magic avec une ironie grinçante dans le podcast All Things Considered. Et après la sortie de route précoce du Jazz en playoffs contre les Clippers cet été malgré l'excellente saison régulière d'Utah, Gobert avait encore une fois été la cible préférée de certains sur les réseaux sociaux, notamment.
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Lorsque vous êtes le meilleur au monde dans quelque chose…
Alors pourquoi tant de haine contre la star tricolore, qui n'avait pas non plus été épargnée après avoir pris un peu trop à la légère le Covid-19 au début de la pandémie ? On parle pourtant d'un joueur devenu une référence sur la planète basket. D'un pivot élu trois fois meilleur défenseur de l'année en NBA, qui tourne encore cette saison à 15.3 points, 14.7 rebonds et 2.1 contres de moyenne. D'un double All-Star NBA. Mais malgré ce statut, il reste régulièrement ciblé. Rudy Gobert a son idée sur la question. "Ce n’est pas la première fois que les gens s’en prennent à moi sans raison. (…) Lorsque vous êtes le meilleur au monde dans un domaine, certaines personnes essaient de discréditer ce que vous faites d’une manière ou d'une autre", a lancé le géant tricolore il y a quelques jours, après les commentaires hostiles des joueurs des Wolves.
Une certaine forme de jalousie peut en effet expliquer toutes ces piques répétées. Il faut dire que les 205 millions de dollars sur 5 ans de 2021 à 2026 obtenus par Rudy Gobert ont de quoi attirer les regards. Mais il n'est pas le seul gros contrat de la Ligue et il ne l'a pas volé, loin de là. Alors pourquoi s'en prendre à lui plus qu'à un autre ? "Je ne comprends pas pourquoi des gens ne le respectent pas, ne l'aiment pas ou pensent qu'il n'est pas bon au basket", s'étonne son coéquipier Joe Ingles dans le podcast de JJ Redick et repris par BasketSession. L'Australien a cependant une petite idée sur la question : "Malheureusement en NBA tout tourne autour de ce que tu apportes offensivement".

Son apport offensif et… les échecs du Jazz en playoffs

S'il peut payer aussi un peu le fait de jouer dans une franchise de la dimension du Jazz considérée comme un "petit marché, Rudy Gobert n'est en effet pas le meilleur pivot dans le secteur offensif. Sa panoplie n'est pas aussi riche que certains géants de la NBA. Il est encore un peu trop rustre dos au panier par exemple. Et est parfois oublié par son équipe en attaque. Mais il y a quand même du mieux cette saison, comme en témoignent ses 15.3 points de moyenne par match, à 73.8% de réussite au tir ! Car à 29 ans, le natif de Saint-Quentin est encore en pleine évolution.
Alors, mal considéré ou déprécié, Rudy Gobert ? C'est possible. Certains n'apprécient pas à sa juste valeur son travail de l'ombre. Et sa capacité, avec sa taille et sa science de la défense, à forcer les équipes adverses à s'adapter, à changer leur façon de jouer. Une chose est certaine et, même s'il est reconnu par ses pairs (ses sélections All Star et ses trophées l'illustrent), il souffre clairement d'un problème d'image Outre-Atlantique, alors qu'il est pourtant irréprochable dans son rôle sur les parquets mais aussi hors des terrains. Il vient d'ailleurs d'être nommé "Champion de la paix" par l'ONG Peace and Sport, pour son engagement auprès des enfants, notamment via sa Fondation "Rudy’s Kids".
Pour mettre fin aux débats et faire taire définitivement toutes ces critiques, Rudy Gobert connaît de toute manière la recette : gagner ! En NBA, où les champions sont rois et encore un peu plus qu'ailleurs peut-être, une bague réglerait beaucoup de choses. Mais voilà, le Jazz ne concrétise pas en post-season (2e tour en 2021, 1er tour en 2019 et 2018). Gobert n'a ainsi toujours pas connu l'ambiance d'une finale de Conférence. Et c'est sûrement une des données du problème, même s'il ne fera sûrement jamais l'unanimité. Comme nombre de grands joueurs.
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