Un titre de LeBron James et des Los Angeles Lakers, une bulle hermétique jusqu'au bout, pas d'énormes polémiques… Adam Silver doit être un commissioner heureux. Autant qu'il peut l'être en tout cas dans une année où la ligue a perdu son ancien patron, David Stern, une légende, Kobe Bryant, et où une pandémie mondiale a mis son économie à l'arrêt pendant plusieurs mois. Pas le temps de souffler cependant. Le défi de la reprise de la saison était énorme ? Celui des quelques mois qui arrivent n'aura rien à lui envier tant les décisions prises pourraient avoir un impact sur le futur de la NBA.

Quand reprendre, déjà ? Le 22 octobre 2019, Lakers et Clippers d'un côté et Raptors et Pelicans de l'autre s'affrontaient pour lancer la saison. Évidemment impensable en 2020, deux petites semaines seulement après la fin des Finales NBA. Noël avait été évoqué dans un premier temps avant qu'Adam Silver ne calme le jeu. "Il est plus probable que nous reprenions en janvier. [...] Les joueurs auront besoin d'une pause à la fois sur le plan physique et mental."

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Début de saison au Martin Luther King Day ?

"Je pense que janvier est une possibilité, a embrayé Michele Roberts, directrice du syndicat des joueurs, pour The Athletic. Le Martin Luther King Day (20 janvier) est symboliquement fantastique au regard de la position des joueurs face aux problèmes de justice sociale." Que la reprise soit fixée à début, milieu ou fin janvier, l'exception pourrait bien devenir la règle car dans le petit monde des sports majeurs aux Etats-Unis (Football américain, baseball, hockey sur glace et basketball), la NBA n'est pas tout à fait l'ogre qui mange les autres.

LeBron James NBA Finals 2020

Crédit: Getty Images

Ce géant c'est la NFL. La NBA se bat plutôt pour la deuxième place mais le baseball la devance encore. Affronter frontalement ces deux sports a joué sur les audiences des Finales NBA. Le match 3 des Finales n'a réuni que 5,9 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis, le pire bilan depuis que les matches de la finale ont commencé à être diffusés systématiquement en direct, en 1982. A titre de comparaison, les matches de la finale 2018 entre Cavaliers et Warriors réunissaient 18 millions de téléspectateurs, celle de 2019 remportée par les Raptors, un peu plus de 13 millions.

S'affranchir de la concurrence de la NFL : changement vital pour la NBA ?

Aux Etats-Unis, le rythme des saisons des quatre sports majeurs est réglé pour éviter les conflits. La NBA d'octobre à juin, comme la saison de hockey, la NFL de septembre à février, et le baseball de mars à octobre. Pour la NBA, la période faste se trouve après la première semaine de février et la tenue du Super Bowl. Se décaler de janvier à juillet réduirait la concurrence direct avec le football américain. Tout bonus donc. "Même avant la crise du Covid, il y avait des discussions au sujet de commencer la saison plus tard. Pourquoi se mesurer à la NFL pendant l’automne ?", se demande justement Roberts.

Mais ce nouveau calendrier créerait un problème, et non des moindres : les Jeux Olympiques. Adam Silver a déjà émis l'hypothèse d'une absence des joueurs NBA en 2021 à Tokyo mais décaler la saison reviendrait à répéter le problème en 2024, 2028 et ainsi de suite. Avant 1992, Team USA envoyaient des universitaires. Elle peut le refaire mais quid des joueurs internationaux ? Leur poids ne cesse d'augmenter numériquement en NBA. On ne peut cependant pas en dire autant de leur influence cependant.

Si la NBA réfléchit à changer les dates de saison, c'est qu'elle perd du terrain ces dernières années. Les audiences se délitaient bien avant la bulle. La pandémie de Covid-19 a vidé les salles pour un moment peut-être. Il est évident que la saison 2021 ne reprendra pas avec des arènes pleines à craquer. Or, les revenus "jour de match" représentent 40% des rentrées d'argent de la NBA selon Adam Silver. Un chiffre énorme. La ligue a déjà perdu des contrats en Chine avec l'affaire Daryl Morey. Bilan, le plafond salarial va baisser. Personne ne sait encore à quel point mais cette baisse va impacter la ligue pour longtemps.

L'amnesty, solution miracle

Avec l'explosion de ce plafond salarial en 2016, les décideurs des franchises avaient offert d'énormes contrats pas toujours justifié. L'inflation permanente du "cap" fait bondir les montants glanés par les joueurs. Stephen Curry ou John Wall ont ainsi signé pour plus de 200 millions de dollars. Pour le premier, l'addition se paie sans grincer des dents. A Washington en revanche, les énormes chèques faits au meneur qui n'a plus joué depuis le 26 décembre 2018 font mal. Dans un contexte de crise économique, la ligue pourrait bien réintroduire à une règle d'exception : l'amnesty.

Bouée de sauvetage, l'amnesty permet à une franchise de sortir le contrat d'un joueur de sa masse salariale. Dans le cas de John Wall, les Wizards devraient lui verser les 170 millions restants sur son contrat pour le libérer. Une énorme somme évidemment mais une masse salariale nettoyée pour les années à venir. Sans l'amnesty, la franchise pourrait faire la même opération à la différence que le salaire de Wall continuerait d'être pris en compte dans la masse salariale pour plusieurs années encore. En 2011, après le dernier lock-out, Brandon Roy et Gilbert Arenas avaient par exemple été libérés grâce à cette règle.

John Wall

Crédit: Getty Images

Le lock-out justement, c'est le mot tabou en ce moment en NBA. Dans les périodes de grandes tensions économiques, la ligue est toujours sur un fil. Avec des revenus en baisse, les propriétaires pourraient vouloir renégocier l'accord de répartition des revenus, à l'avantage des joueurs à l'heure actuelle. Ce scénario serait celui du pire pour la ligue. Déjà exsangue, elle serait contrainte de repousser le début de saison. Les pertes s'accumuleraient alors dans un cercle vicieux terrible pour toutes les parties.

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