C'est le charme de Shaquille O'Neal. Quand un micro se présente, le Shaq n'a pas sa langue dans sa poche. Il manie alors l'humour et les punchlines avec brio. Quitte à martyriser quelques joueurs NBA comme il le faisait si bien avec les cercles. Dwight Howard, que certains présentaient à un moment comme son successeur, pourrait en témoigner. Le dernier en date est Rudy Gobert, qui se retrouve malgré lui dans son viseur. Ces derniers jours, l'ancien pivot du Magic, des Lakers ou encore du Heat s'est attaqué au contrat en or massif signé par le Français avec Utah. "Ça devrait être une source d’inspiration pour tous les petits enfants. Vous tournez à 11 points de moyenne en NBA et vous pouvez obtenir un contrat à 200 millions...", a-t-il persifflé dans le podcast All Things Considered.
Jalousie mal placée ? C'est possible. Il faut avouer que les 205 millions de dollars sur 5 ans de 2021 à 2026 obtenus par Rudy Gobert ont de quoi faire tourner quelques têtes. A titre de comparaison, O'Neal n'a d'ailleurs cumulé "que" 286 millions de dollars sur l'ensemble de sa carrière – soit durant les 19 saisons de son séjour marquant en NBA -. Mais c'était à une autre époque. Depuis les droits TV ont explosé. Et les salaires NBA avec. Bien sûr, Gobert n'est pas aussi complet que le Shaq qui dominait la NBA des deux côtés du parquet avec cet alliage d'exception fait de puissance et de technique. Il en même très loin, tant il manque encore d'impact en attaque (15,1 pts la saison passée). Mais il bénéficie des nouvelles conditions financières. Et O'Neal se trompe surtout de cible.
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Tout ce qui est rare est cher

Rudy Gobert n'a rien volé. Loin de là. On parle d'un pivot qui a été élu meilleur défenseur de l'année à deux reprises (2018, 2019). D'un All-Star (2020). D'un joueur pas encore vraiment fini, qui progresse encore régulièrement. Surtout avec sa taille et sa science de la défense, le natif de Saint-Quentin force les équipes adverses à s'adapter, à changer leur façon de jouer. De quoi le rendre unique à sa manière. Et ça se monnaie. Surtout pour un "petit marché" comme une franchise de la dimension du Jazz, bien consciente qu'elle ne peut pas laisser partir un tel joueur de 28 ans.
Si Shaquille O'Neal était un phénomène hors-normes sur les lattes, il y a aussi cette particularité des "grands". Cette quête inachevée des centimètres. Un joueur comme Gobert a toujours fait saliver les General Managers de NBA. Même dans cette période récente où le "small ball" s'est imposé dans le sillage des Golden State Warriors, les grands sont désirés. En moyenne, les pivots sont ainsi les joueurs les mieux payés de la Ligue. Et de loin. Enfin, les joueurs d'impact comme Gobert ont toujours été convoités. A l'époque du Shaq, Dikembe Mutombo n'avait ainsi pas eu à se plaindre non plus.

Shaquille O'Neal et Kobe Bryant sous le maillot des Lakers

Crédit: Getty Images

Les exemples Mutombo et Wallace

Excellent protecteur du cercle, "Mount Mutombo", mondialement connu avec son fameux "finger swag", a signé en 2001 pour 65 millions sur quatre ans. A l'époque, il s'était retrouvé dans le Top 10 des joueurs les mieux payés de la Ligue. Et avait même été le deuxième plus gros salaire lors de la saison 2004-2005 (19 millions) derrière… le Shaq. Or, Mutombo n'a jamais dépassé les 14 points de moyenne en saison depuis sa première année.
Rebelote avec Ben Wallace quelques années plus tard. L'expert de la défense des Pistons de Détroit, qui n'a jamais atteint les 10 points de moyenne sur une saison mais a été élu quatre fois défenseur de l'année, a touché 16 millions de dollars en 2006-2007, soit 28% du salary cap de l'époque (contre 35% pour Gobert). Il y a donc une forme de logique derrière le contrat du Français.
Tout cela rappelle cependant les défis perpétuels que Rudy Gobert doit affronter. Le pivot tricolore, qui tourne à 14.5 points, 13.7 rebonds et 2.2 contres cette saison, n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Oublié du All Star Game en 2017 ou 2019, il sait qu'il doit encore passer quelques paliers pour obtenir la reconnaissance qu'il mérite. Notamment dans le domaine offensif où il doit être une menace plus sérieuse. Ou sur le plan collectif pour permettre au Jazz de devenir un vrai prétendant au trophée Larry O’Brien. Histoire de faire taire les mauvaises langues. Et répondre au Shaq comme il se doit.
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