Les Clippers ont fini par éliminer les Mavericks à l’issue de la septième manche d’une série épique. Un duel du premier tour qui, en termes de niveau de jeu, faisait plus office de finales de Conférence tant les superstars se sont surpassées pour porter leur équipe soir après soir. Et la plus brillante d’entre elles se trouvait dans le camp des perdants. Luka Doncic a éclaboussé ce round de sa classe et de son talent. Avec des performances exceptionnelles répétées à chaque rencontre : un triple-double au Match 1 puis 39 et 44 points lors des deux sorties suivantes, 42 points et 14 passes dans un Match 5 crucial ou encore 46 points et à nouveau 14 caviars dimanche soir pour le Match 7 décisif.
Les statistiques donnent le tournis. Le Slovène termine avec 35,7 points, 49% aux tirs, 40% à trois-points, plus de 7 rebonds et plus de 10 passes. "Je n’ai rien prouvé", déclarait pourtant l’intéressé après l’élimination des siens. "Depuis que je suis là, on a fait les playoffs deux fois (en trois saisons NBA, NDLR) et on a perdu deux fois." Il laissait là la frustration parler. Parce qu’en réalité, il a prouvé qu’il faisait bel et bien partie du gratin de la ligue. Et même encore plus que ça. Il a prouvé qu’il était déjà l’un des cinq… ou peut-être même des trois meilleurs joueurs du monde à seulement 22 ans. Une ascension fulgurante et quasiment jamais vue dans l’histoire de la NBA.
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Il a un futur exceptionnel devant lui
Surtout que les prochaines semaines pourraient montrer que Doncic est passé très près de faire tomber le futur champion. Les Clippers ne sont évidemment pas garantis de s'offrir les Nets ou les Bucks, ni même de sortir vainqueurs à l’Ouest, mais leur effectif est profond et sans véritable lacune si ce n’est le mental – sachant que cette série pourrait leur servir de déclic. Et ces mêmes Clippers, il les a poussés dans leurs derniers retranchements. Il les a fait douter. Il les a impressionnés, aussi.

Luka Doncic

Crédit: Getty Images

"Oh mec, il a tout fait. Il était efficace aux tirs et évidemment aussi à trois-points, même en sortie de dribbles. Il faisait tout pour son équipe. C’est un grand joueur. On la retrouver pendant de nombreuses années. Il joue à son propre rythme et tout a l’air facile avec lui", confiait Kawhi Leonard. Même refrain pour Paul George, qui a longuement échangé avec le jeune homme après le match pour lui témoigner tout son respect avant de lui offrir son maillot. "C’était déjà la star dans notre duel l’an dernier. Il était déjà excellent. Et pour être honnête, on savait qu’il pouvait faire encore mieux mais sa performance sur cette série est encore plus incroyable. Il est tellement en avance sur son âge. Il est tellement confiant. On a tout tenté sur lui et il a trouvé une solution à chaque fois. Il a un futur exceptionnel devant lui", ajoutait Paul George.

Une deuxième star nécessaire pour passer un cap

Le potentiel de Luka Doncic est délirant. Avec un joueur de cette classe, les Mavericks sont quasiment assurés de pouvoir jouer les playoffs chaque saison aussi longtemps qu’il portera leur tunique. Mais pour aller plus loin, pour franchir un cap, il va falloir "continuer à l’entourer", dixit leur coach, Rick Carlisle. Elle est là, la vraie problématique. Comment apporter de l’aide à leur maître à jouer, bien trop esseulé à la création sur cette série. Il jouait absolument toutes les possessions. En étant parfois à l’origine de 80% des paniers marqués par son équipe sur un match. Irréel. Sur le papier, Dallas pensait déjà tenir sa deuxième star.
Mais considérer Kristaps Porzingis de la sorte n’est plus d’actualité. Le Letton (une sélection All-Star) n’est pas taillé pour le rôle. Attention, il contribue. Il a participé au changement de statut de cette équipe et les Mavericks sont meilleurs avec que sans lui. Mais c’est son profil qui l’empêche d’être le deuxième leader de cette formation. Déjà, il est souvent blessé. Et ses pépins physiques ont entraîné une évolution de son jeu. Porzingis ne bataille presque plus jamais dans la raquette. Il évolue au large, derrière la ligne à trois-points. Comme Brook Lopez par exemple. Ce n’est plus un point d’ancrage sur lequel les Texans peuvent se reposer en attaque. En revanche, c’est un très bon joueur de complément capable de mettre dedans dès que la défense se resserre sur Doncic.

Porzingis - Doncic

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Dans les pas de MJ et LeBron

Ce qu’il faudrait, dans l’idéal, c’est un deuxième créateur. Un joueur fort en isolation, fort balle en main et bon scoreur. Le Paul George de Kawhi Leonard. Le Khris Middleton de Giannis Antetokounmpo. Le Kyrie Irving de James Harden et de Kevin Durant. Ça ne sera pas facile pour les dirigeants. Les Mavericks disposent d’une certaine marge sous le Cap la saison prochaine mais ils doivent prolonger Tim Hardaway Jr, excellent dans son rôle de pyromane. Surtout, Dallas n’est pas une destination qui attire particulièrement les plus gros poissons, même si la perspective de jouer avec Doncic pourrait convaincre des vétérans de se lier au projet. Mais une deuxième star, c’est moins sûr. La franchise dispose aussi de quelques contrats intéressants à échanger – Dwight Powell, Maxi Kleber – mais elle a déjà refourgué ses tours de draft pour faire venir Porzingis… la mission s’annonce donc compliquée. Elle est pourtant primordiale. Le management devra rester à l’affût.
Parce que tant que les dirigeants n’auront pas trouvé ce deuxième joueur capable de prendre le relais par moment, le début de carrière de Luka Doncic ressemblera à celui de Michael Jordan ou LeBron James : des équipes fortes avec une individualité fantastique mais qui garde un goût d’inachevé après chaque campagne de playoffs. MJ sortait au premier tour avant l’arrivée de Scottie Pippen. James est carrément parti à Miami retrouver Dwyane Wade et Chris Bosh pour enfin se frayer un chemin vers le titre. En revanche, dès que Doncic aura lui-même compris comment aller en finales, avec le bon casting autour de lui, il y a fort à parier qu’il s’inscrive dans la lignée de ses deux glorieux aînés… en multipliant les apparences en juin. Et peut-être aussi les bagues. Parce que c’est ça qu’il a prouvé sur cette série : qu’il allait incontestablement devenir l’un des plus grands joueurs de l’histoire.

Luka Doncic, Kawhi Leonard

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