Le club des cinq. Après la signature de Blake Griffin aux Nets, ils sont désormais cinq All-Stars ou anciens All-Stars au sein de l’effectif new-yorkais. Le nouvel arrivant rejoint donc Kevin Durant, James Harden, Kyrie Irving et son ami et ex-coéquipier DeAndre Jordan. De quoi former un cinq majeur incroyable en… 2014. Mais en 2021, c’est une autre histoire. En tout cas, cinq All-Stars dans le même effectif, ce n’est pas un record. Les Knicks de 73 en comptaient sept et les Lakers comme les Celtics en ont aligné six dans les années 80. L’équipe de Brooklyn s’inscrit dans cette lignée. Mais à quel moment le mieux devient-il l’ennemi du bien ? Empiler les joueurs majeurs, sans forcément se soucier de leur complémentarité, est-elle vraiment une assurance d’aller au bout ?
C’est une question rhétorique à laquelle la réponse est évidemment non. Les Lakers de 2004, où évoluaient Shaquille O’Neal, Kobe Bryant, Karl Malone et Gary Payton, ou ceux de 2012, avec Kobe, Steve Nash, Dwight Howard et Pau Gasol en sont les parfaits exemples. Mais il y existe quelques différences entre ces deux formations et les Nets actuels.
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Déjà, les rôles sont mieux répartis en théorie. Ce qui laisse à Griffin un statut bien loin de celui qui était le sien aux Clippers ou à son arrivée aux Pistons. Il débarque pour le minimum vétéran après avoir résilié à l’amiable son contrat avec Detroit, le tout en faisant une croix sur plusieurs millions de dollars.

Blake Griffin titulaire, ça paraît improbable

Ça en dit long sur sa valeur sur le marché et la perception que les franchises ont de lui. Personne ne voulait le récupérer via un transfert. Pas à 36 millions la saison. Il n’est plus coté. Parce qu’il n’est tout simplement plus le même. Et il le sait. "Mon seul objectif est de gagner un titre", admet l’intéressé. "C’est pour ça que je suis venu à Brooklyn." Une manière de faire comprendre que les distinctions individuelles n’ont plus vraiment de valeur maintenant qu’il est rentré dans le rang.
Même si, quelque part, une autre déclaration laisse penser qu’il espère peut-être avoir une place de titulaire : "Ils avaient besoin d’un poste quatre", fait-il remarquer. Pas tout à fait. Ou alors, pas un ailier-fort comme lui. Il est finalement assez peu probable que les cinq étoiles des Nets soient alignés ensemble dès le coup d’envoi des rencontres. Ou alors très brièvement. Peut-être qu’il sera titulaire au début, en l’absence de Kevin Durant. Et encore, Griffin n’a pas joué depuis trois semaines et, vu son historique de blessures, ses coaches préféreront sans doute prendre leur temps avant de le relancer complètement.

Blake Griffin lors de Detroit - Los Angeles Lakers en NBA le 28 janvier 2021

Crédit: Getty Images

En tout cas, cumuler les noms ne fait pas gagner des matches et Nash, qui n’a jamais été sacré malgré une ribambelle de joueurs majeurs avec lui, en est bien conscient. Il faut respecter une certaine complémentarité. Aujourd’hui, Blake Griffin présente bien trop de lacunes pour être considéré comme un membre majeur d’un candidat au trophée. Il n’a plus aucune latéralité : ses mouvements sont lents et ça l’handicape plus que jamais en défense.
Là où il était autrefois un point faible, il est devenu une cible pour les adversaires. En début de saison, les Celtics se sont fait un malin plaisir d’aller chercher une victoire sur une ultime action où ils ont volontairement cherché à ce que le vétéran des Pistons se retrouve au marquage de Jayson Tatum. Les New-yorkais encaissent déjà 113 points sur 100 possessions, soit la vingt-sixième plus mauvaise équipe de la ligue dans ce domaine. Donner un temps de jeu conséquent à leur nouveau venu ne ferait qu’empirer cette tendance déjà problématique.

Le déclin brutal d'un athlète hors normes

Il n’a que 31 ans mais Griffin en paraît finalement dix de plus aujourd’hui. Quelle tristesse. S’il y a bien un signe de son déclin, c’est cette statistique ahurissante : il n’a plus dunké depuis deux ans en NBA. Impensable dans ses plus belles années. Mais son corps s’est usé, avec des blessures à répétition qui l’ont privé de cette explosivité qui faisait sa force. Il est maintenant contraint à devenir un joueur de périmètre.
Avec évidemment encore quelques atouts. Sa vision du jeu, sa capacité de création – fantastique pour un intérieur – et son adresse extérieure… mais seulement par moments (31% à trois-points cette saison alors que la moitié de ses tirs sont tentés derrière l’arc.) Ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas du tout apporter à Brooklyn. Au contraire. Il peut aider. Mais dans un rôle différent. Un rôle mineur. Quinze, vingt, vingt-cinq minutes selon les duels. Un pivot remplaçant derrière Jordan. Un scoreur-playmaker en sortie de banc dans une configuration offensive, avec si possible quelques bons défenseurs autour pour limiter les dégâts. C’est à ça qu’il aspire désormais.
Peut-être même que ça peut l’aider : moins de pression, moins d’adversité. Une manière de se relancer et de se mettre en confiance. C’est uniquement dans ces conditions qu’ils pourraient s’affirmer comme un atout intéressant dans la quête de sacre des Nets.
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