Chris Paul a attendu seize longues années avant de se retrouver en position pour enfin toucher au Graal. Seize saisons chez les pros, seize saisons au plus haut niveau, avant de finalement disputer ses premières finales NBA. La douleur de l’échec après la défaite des Suns contre les Bucks risque d’être imprégnée en lui encore plus longtemps. "Celle-là va faire mal pendant un moment", avouait-il, abattu, après le Match 6 perdu sur le parquet de Milwaukee mardi soir. Au même moment, quelques mètres plus loin, ses adversaires fêtaient leur titre et sabraient le champagne en compagnie de leurs familles.
Avec "We are the champions" en fond sonore. La défaite est cruelle. Encore plus pour CP3 qui, contrairement à ses coéquipiers tous plus jeunes, sait probablement qu’il s’agissait peut-être de sa meilleure, mais aussi sa dernière, opportunité de décrocher une bague. Il en était si proche. Paul et les Suns avaient mis une main sur le trophée après les deux premiers matches de la série, disputés à Phoenix. Ils menaient 2-0 et renvoyaient une impression de maîtrise justement illustrée par leur meneur, au sommet de son art. Puis les Bucks ont renversé la série en gagnant le quatre à la suite.
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17/08/2021 À 21:54

Un gabarit devenu un "poids" au fil des années

La superstar de 36 ans n’a rien su faire. Mais ça ne veut pas dire que Chris Paul n’a pas assumé ses responsabilités lors des moments les plus importants de sa carrière. En réalité, il a juste été mis devant ses propres limites. Malgré tout son génie, tout son talent et tout son altruisme, il reste un joueur d’un petit gabarit qui a parfois été à la peine devant des défenseurs plus costauds. Rares sont ceux qui peuvent vraiment le freiner. Sauf que Jrue Holiday reste probablement le meilleur stoppeur extérieur de cette ligue.
Il n’y a aucune honte à ne pas pouvoir constamment prendre le dessus sur un arrière aussi physique que lui. Le joueur des Bucks a réussi à étouffer le principal danger adverse par moment. Et surtout à l’empêcher d’avoir son rayonnement habituel sur ses coéquipiers. Sans un général des parquets solaire, Phoenix ne pouvait pas gagner. Paul a tout de même bouclé les finales avec 21,8 points, 55% aux tirs, 52% à trois-points et 8,2 passes. Il ne s’est pas caché. Il n’était juste pas à même d’en faire autant que Giannis Antetokounmpo.
Dans tous les cas, cette saison, et les quinze précédentes, témoignent de l’excellence du bonhomme. Il est l’un des cinq ou six meilleurs joueurs de tous les temps sur sa position. Avec ou sans bague. Sans lui, la franchise de l’Arizona n’en serait jamais arrivée là. Elle occupait encore la dernière place de la Conférence Ouest il y a deux ans. Elle n’avait pas disputé les playoffs depuis 2010. Chris Paul est débarqué en provenance d’Oklahoma City et il a métamorphosé ce groupe, déjà en pleine transformation après des performances encourageantes dans la bulle. C’était une superbe aventure, malgré l’échec au bout. Mais si c’était juste l’histoire d’une année ?

Chris Paul à terre face à Jrue Holiday lors des Finales NBA 2021 entre les Phoenix Suns et les Mukwaukee Bucks

Crédit: Getty Images

Chris Paul tenté par une aventure aux Lakers ?

Le joueur va devoir sérieusement se poser la question. Il pourrait - et selon les rumeurs il devrait - renoncer à sa dernière année de contrat à 44 millions de dollars. Encore inimaginable il y a deux ans, quand Houston se séparait de lui comme un malpropre. Mais Paul a prouvé depuis, au Thunder et aux Suns, qu’il avait encore du jus, beaucoup de jus, et énormément de classe. Il peut désormais se permettre de renégocier un dernier gros contrat, auteur des 30 millions la saison sur trois ans.
Une somme tout de même conséquente pour un basketteur de 36 ans souvent blessé (il a joué les finales avec un ligament partiellement déchiré à la main). Le propriétaire de la franchise de Phoenix a souvent été réticent à l’idée de payer l’impôt sur la fortune en NBA. Prolonger la star pousserait l’organisation bien au-dessus du Cap, avec une masse salariale blindée. Mais les Suns vont très probablement essayer. Reste à savoir s’il veut rester.
Enfin, oui, sans doute. Mais sera-t-il intéressé par un autre projet ? On ne doute pas une seule seconde du fait que LeBron James va – ou même a déjà pris – son téléphone pour appeler l’un de ses plus fidèles amis. Dans le but de le convaincre de venir aux Lakers. Les deux compères rêvent de jouer ensemble depuis le début de leur carrière. Ils n’en ont jamais eu l’occasion. Mais là, c’est peut-être le moment. Les Angelenos, champions en 2020, se sont planté cette saison, en se faisant justement sortir par les Suns. Mais le King revenait d’une longue blessure. Anthony Davis a manqué les derniers matches.
Sur le papier, ce duo reste redoutable et à même d’aller au bout. Ajoutez-y Chris Paul et vous obtenez une armada qui n’a quasiment aucun équivalent dans la ligue. C’est faisable financièrement. Les Lakers peuvent se séparer de quelques contrats encombrants pour faire venir le meneur et la troisième star qui manque à leur effectif. Quelle équipe présente finalement le plus de garanties dans la conquête du titre ? Phoenix avec Ayton et Booker ? Ou Los Angeles avec James et Davis ? Les Suns partent peut-être favoris sur le plan affectif. Mais à ce stade de sa carrière, le compétiteur maladif qu’est CP3 n’a pas le temps pour ça. Il n’a de toute façon jamais eu le temps. Ça n’a jamais fait partie de ses caractéristiques.
Les Clippers reviendront plus forts, avec Kawhi Leonard. Les Nuggets vont retrouver Jamal Murray au côté de Nikola Jokic. Les Nets aligneront peut-être enfin leur équipe au complet. Les Bucks ont pris confiance. Les Lakers seront eux aussi enfin reposés et en bonne santé. Ça fait de sacrés obstacles à franchir pour les Suns. Pour effacer la douleur d’une finale perdue, il n’y a rien de mieux que de gagner une bague dans la foulée. Demandez donc aux Spurs, battus sur le fil en 2013 et vainqueurs en 2014. Pour Chris Paul, cela représente peut-être encore un nouveau départ. Un dernier challenge.

LeBron James et Chris Paul, lors de Lakers-Suns en playoffs NBA 2020-2021

Crédit: Getty Images

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