Quelle belle histoire. Invaincus sans pour autant se qualifier pour les playoffs dans la bulle Disney la saison dernière, les Suns sont désormais qualifiés pour les finales de Conférence Ouest un an après. Un ticket décroché après leur nouvelle victoire, la quatrième d’affilée, contre les Nuggets dimanche soir (125-118). Les joueurs ne s’en contenteront sans doute mais c’est déjà un accomplissement important pour la franchise, à la ramasse depuis de nombreuses années. C’est aussi une revanche pour Chris Paul, légende vivante qui se rapproche de la retraite mais qui continue de donner des leçons à ses adversaires (et à ses coéquipiers) à chaque fois qu’il prend place sur le parquet.
Cette série gagnée en quatre manches sèches contre Denver, elle est à son image : tout en maîtrise. Illustration avec la sortie du bonhomme lors du Match 4, bouclé avec 37 points, 14 sur 19 aux tirs et 7 passes décisives au compteur de CP3. C’est peut-être un ancien mais c’est seulement la deuxième fois qu’il atteint ce stade de la compétition. Une récompense méritée pour un meneur au sommet de son art. Paul a été impérial sur ce duel avec les Nuggets. 25,5 points de moyenne, 62% aux tirs, 75% à trois-points, 100% aux lancers, 5 rebonds, 10,3 passes et à peine 1,3 ballon perdu. Vous ne rêvez pas, les chiffres ne sont pas trafiqués.
Il s’agit là de l’une des séries les plus incroyables de tous les temps sur le plan statistique. Mais c’est encore plus fort en se concentrant uniquement sur les quatrièmes quart temps. Il a converti 16 de ses 19 tentatives dans le money time, dont 4 sur 4 derrière l’arc, tout en distribuant 10 passes décisives sans jamais perdre une balle. Le tout à coup de tirs à mi-distance, cette arme d’un passé noble que les amateurs d’analytiques aimeraient bannir. Impressionnant. Pas mal pour un joueur qui souffre de la (fausse) réputation de ne pas faire gagner ses équipes.
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Chris Paul, un joueur clutch qui transcende toutes ses équipes

En réalité, c’est tout l’inverse. Chris Paul est un winner. Un vrai. Un compétiteur acharné qui fait instantanément progressé tous les joueurs qu’il côtoie et toutes les formations dont il porte le maillot. Ses Suns, déjà surprenants deuxièmes de la saison régulière, passent encore un autre cap sur cette campagne de playoffs. Et c’est d’abord grâce à lui. Les dernières étiquettes de "loser" et de "joueur toujours blessé" vont tomber. Elles lui ont été injustement collées au cours de sa carrière.
Le problème, c’était le timing. Son pépin physique au pire moment en 2018 – alors que les Rockets menaient 3-2 face aux Warriors en finale de Conférence avant que Paul rate les deux dernières rencontres – lui a peut-être coûté un titre. Pour ce qui est de ses échecs, il faut surtout en retenir deux, quand il jouait encore à Los Angeles : ses erreurs cruciales contre le Thunder en 2014 et la déconvenue totale des Clippers en 2015, battus 4-3 par les Rockets alors qu’ils menaient 3-1.

Une longévité remarquable comme celle de LeBron

Sa blessure à l’épaule en ouverture des playoffs il y a quelques semaines a donné quelques sueurs froides. Mais il s’est accroché. Et les Suns ont donc éliminé coup sur coup les Lakers de LeBron James puis les Nuggets de Nikola Jokic. En parlant du King, si sa longévité est souvent soulignée, il ne faut pas oublier celle de Paul. Ça va faire quinze ans qu’il est un joueur référence dans cette ligue. L’un des plus grands de l’Histoire à son poste. Certains diront qu’il lui manque une bague pour vraiment se rapprocher des plus grands. Peut-être. Mais quelle que soit la suite de l’aventure, son héritage est sain et sauf.
Chris Paul a confirmé sur les deux dernières saisons qu’il était bien de la race des plus grands basketteurs. D’abord en emmenant un Thunder en reconstruction en playoffs. Ensuite en sublimant cette équipe de Phoenix, risée de la ligue depuis dix ans. Les Suns n’avaient plus disputé les finales à l’Ouest depuis 2010. Et ils étaient déjà guidés par un leader fantastique à l’époque. Un certain Steve Nash. Il lui fallait un successeur pour relever cette franchise. Une belle histoire. Mais aussi une belle revanche.
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