Pour les supporters de Chris Paul, le Match 4 des finales NBA entre les Suns et les Bucks avait un arrière goût, amer, de 2014. Comment ne pas repenser, en voyant les pertes de balle accumulées par le meneur All-Star dans les dernières minutes de la partie, à sa faillite totale, la pire de sa carrière, lors du Match 5 contre le Thunder sept ans en arrière ? Coupable d’avoir gâché les ultimes possessions de manière incompréhensible, ce qui avait alors permis à Oklahoma City de prendre l’avantage dans la série contre Los Angeles, il s’était désigné coupable du fiasco.
Même son de cloche jeudi soir, après la défaite. En vétéran exemplaire, CP3 assumait ses erreurs. "J’ai pris de mauvaises décisions. Il y a ce moment où, à deux points d’écart, j’ai glissé et perdu le ballon en voulant changer de main", notait notamment l’intéressé. L’action à laquelle il fait référence est évidemment la plus marquante. Les Suns avaient encore l’opportunité d’arracher une prolongation, voire de gagner la partie et de se rapprocher sensiblement du premier titre de leur histoire. La consécration pour Paul.

Chris Paul lors du match 1 des finales NBA opposant les Phoenix Suns aux Milwaukee Bucks, le 6 juillet 2021

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Trop brouillon, il a perdu le contrôle de son corps pour finalement laisser ses adversaires filer en contre-attaque. Khris Middleton a alors enterré les espoirs de la franchise de l’Arizona en donnant quatre longueurs d’avance aux siens (103-99) à moins de 30 secondes du buzzer. Malheureusement pour Phoenix, il ne s’agit même pas d’une gaffe isolée. L’habituel maestro des Suns s’est troué quasiment tout au long de la partie et encore plus dans les moments les plus importants. Le pire, c’est que le constat s’applique aussi au Match 3 et presque – mais de façon beaucoup plus nuancée – au Match 2.

Jrue Holiday, un poison en défense

Pour faire simple : Chris Paul est à la peine depuis que les Bucks lui ont collé Holiday sur le dos en défense. Il avait concédé 6 balles perdues lors du deuxième match des finales, 4 dans le troisième et 5 dans le quatrième. Sa plus mauvaise série en playoffs depuis… 2012 ! Des statistiques très étonnantes venant de lui. Parce qu’il est justement l’un de ces gestionnaires qui ne gaspillent quasiment pas de possession. Il calcule tout. Il analyse la situation et s’assure de prendre constamment la meilleure décision. C’est sa marque de fabrique. Paul n’a perdu que 9 ballons en 6 duels contre les Lakers au premier tour. Puis 5 en 4 sorties contre les Nuggets. Et enfin 8 en 4 rencontres avec les Clippers. Là, il est donc à 17 depuis le début des hostilités avec les Bucks. Et 7 d’entre eux ont été provoqués par Jrue Holiday, qui a défendu à 78 reprises sur la superstar adverse.

Chris Paul à terre face à Jrue Holiday lors des Finales NBA 2021 entre les Phoenix Suns et les Mukwaukee Bucks

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Son impact est indéniable. "On essaye juste de le sortir de sa zone de confort", remarque le joueur de Milwaukee. "On veut toujours garder deux ou trois joueurs devant lui pour qu’il ne puisse pas avoir une vision claire de ce qu’il compte faire. On sait qu’il peut contrôler un match alors on veut le garder dos au jeu." Mais ça, c’est justement possible essentiellement grâce à Holiday. Le meneur des Bucks est l’un des meilleurs défenseurs extérieurs de tout le championnat, si ce n’est le meilleur. Il est tellement costaud pour son poste. Il impose une présence physique permanente qui fatigue CP3.
Parce que les pertes de balles sont aussi les conséquences d’un manque de lucidité de la star, contrainte de lutter pendant plus de 40 minutes avec un adversaire plus grand et plus puissant que lui. Holiday est suffisamment vif pour passer à travers les écrans et rester au contact de Paul. Il ne se laisse pas dépasser facilement. Ce dernier est donc forcé de dépenser beaucoup d’énergie pour se mettre en position de tirer ou pour créer un décalage. Et, le plus souvent, il n’y parvient même pas.

Sans Paul, pas de salut pour les Suns

L’enchaînement des rencontres avec Holiday sur ses côtes commence à peser lourd. Il n’a fini qu’avec 10 points (5 sur 13) et 7 passes décisives lors du match précédent. Sans avoir réussi à se rendre sur la ligne des lancers-francs. Il affiche même un différentiel négatif de -23 sur les deux affrontements à Milwaukee. Alors, certes, il y a des circonstances atténuantes. Il s'est blessé à l'épaule lors du premier tour et il joue ces finales avec un ligament partiellement déchiré à la main. Il a aussi contracté le Covid-19 (avec symptômes) il y a quelques semaines.
Mais à ce stade de la compétition, peu importe. Chris Paul doit clairement se ressaisir. Parce que l’équipe de Phoenix n’est évidemment pas la même sans lui. Tout ne tourne pas autour de lui… mais presque en fait. Parce que quand il est bon, Deandre Ayton est bon. Mikal Bridges est bon. Son rayonnement sur les autres est la principale force de cet effectif. Il les tire vers le haut. Ils peuvent difficilement en faire de même. Ça commence donc avec lui. Il a attendu 16 ans pour se retrouver dans cette position. Une réaction est attendue dans le Match 5, samedi soir. Il est le maître à bord. S’il coule, les Suns couleront avec lui.
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