Tout est parti d’un simple ajustement, ou presque. Une décision qui semblait tout à fait logique. Mais qui méritait néanmoins au moins une discussion, même brève, entre deux superstars. Les Brooklyn Nets s’apprêtaient à affronter les Golden State Warriors et Kyrie Irving est venu valider auprès de James Harden ce qui paraissait évident : "tu vas jouer meneur de jeu, je suis arrière", commentait celui qui évolue pourtant au poste un depuis le début de sa carrière. De toute façon, dans les faits, le "Barbu", transfuge des Houston Rockets en cours de saison, assurait déjà la création en attaque – et avec brio. Mais cette permutation essentielle est maintenant officielle. Et depuis, la franchise de New York n’en finit plus de gagner.

James Harden

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James Harden et Kyrie Irving, un ajustement qui fait la différence

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21/10/2021 À 05:33
Six victoires de rang pour les Nets. Avec un message fort envoyé au reste de la ligue : cette équipe peuplée de super talents peut même s’offrir le luxe de dominer ses adversaires en l’absence de son meilleur élément Kevin Durant (légèrement blessé). Justement parce qu’elle se repose sur le duo fantastique et complémentaire formé par Irving et Harden. "On était tous d’accord avec ce changement. Moi, en tant que meneur, je cherche à trouver des tirs pour mes coéquipiers et je dois évidemment savoir où ils sont. Kyrie est un scoreur incroyable. Il peut marquer de partout donc je dois m’assurer qu’il est impliqué", note l’ancien MVP. Le rôle lui va si bien. Considéré comme l’un des scoreurs les plus prolifiques de l’Histoire, Harden est aussi un incroyable passeur. Et quand il se met au service du collectif, ça fait toute la différence.
Oui, six victoires de suite. Des succès convaincants, en plus. Contre les Phoenix Suns, les Los Angeles Clippers et les Los Angeles Lakers notamment. Quelques unes des meilleures équipes du championnat, impuissantes devant l’armada de BK. Depuis le début de la saison, les chocs réussissent bien aux joueurs de Steve Nash. Ils affichent un bilan époustouflant de douze victoires et une seule défaite contre les formations à plus de 50% de victoires. Les Nets excellent aussi contre les franchises de l’Ouest, pourtant plus solides. Ils sont les seuls, à l’Est, à afficher des résultats positifs contre la Conférence voisine. Ils viennent même de battre coup sur coup les cinq organisations de la division Pacific ! Une performance plus vue en NBA depuis la saison 1972-1973 (les Milwaukee Bucks).
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James Harden est phénoménal sur cette série. 27,5 points, 52% aux tirs, 47% à trois-points, 9,2 rebonds et surtout 10,7 passes de moyenne sur ses six dernières sorties. Des prestations dignes de son statut. Avec Irving, ils cumulent presque 60 points de moyenne, dont 65 passés aux champions en titre. Chacun exploite au mieux les qualités de l’autre. Formidable finisseur, bien plus scoreur que playmaker, "Uncle Drew" passe désormais une partie de son temps sans le ballon et il profite des caviars de son partenaire pour marquer à profusion. Harden, lui, est à la baguette. Et il s’en réjouit. Il avouait récemment être "content de plus avoir à planter 40 points par match chaque soir pour faire gagner son équipe."

Kyrie Irving KD Harden

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La défense, le facteur X pour les Nets

Le trio – avec KD donc – est évidemment le poumon, le moteur et le cœur de cette formation. Tout tournera essentiellement autour d’eux et c’est logique. Mais Joe Harris et DeAndre Jordan sont eux aussi très, très importants à Brooklyn. Le premier parce qu’il assure un spacing permanent avec la menace qu’il représente de loin. Il n’a rien à faire : juste courir et tirer. Et ça fonctionne à merveille. Harris tourne à 15 points et 50% derrière l’arc depuis le coup d’envoi de la saison. Il faut qu’il maintienne ce niveau d’adresse. Jordan est lui le socle en défense, même s’il a perdu en explosivité. Les bons résultats des Nets coïncident avec une montée en puissance du pivot et ce n’est pas un hasard.
Il n’y a pas de surprise : la défense est le point faible majeur de cette formation. Ce n’est même pas un vice caché. C’est au grand jour. Les Nets ont encaissé plus de 120 points à plusieurs reprises. Ils se classent à la vingt-sixième place à l’efficacité défensive avec 114 points pris sur 100 possessions. C’est évidemment beaucoup trop. "Il est temps que l’on passe un cap en défense. On ne gagnera jamais dans cette ligue si on n’arrive pas à enchaîner les stops", reconnaît Irving. C’est sûr. Même avec une attaque historiquement forte, bien défendre, au moins sur quelques possessions clés, est une prérogative pour gagner en playoffs. Il y a un léger progrès depuis quelques matches mais ce n’est pas encore suffisant.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cette équipe tourne bien et même de mieux en mieux. Les craintes au sujet de l’association entre Harden, Irving et Durant étaient largement exagérées. Oui, il n’y a qu’un ballon. Mais ils prouvent qu’ils savent tout à fait se le partager. "On comprend que l’on doit chacun se sacrifier pour atteindre notre sommet en tant que collectif. Ce n’est plus un jeu individuel. On ne peut plus être juste le patron. C’est plaisant", poursuit Kyrie. Encore une fois, l’attaque ne sera vraiment pas le problème. Mais en prenant leurs repères, en développant une alchimie ensemble, et encore plus au retour de KD, les Nets pourraient continuer à s’affirmer comme l’équipe à battre à l’Est.

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