Un mois de compétition en NBA et le moment de faire les premiers bilans. Avec, en fil rouge de chaque saison, la course au MVP. Le trophée individuel le plus prestigieux du championnat Nord-américain. Et après une bonne dizaine de matches, le favori qui se dégage est un grand habitué… l’éternel LeBron James. Alors, éternel, c’est ironique venant de ma part. Parce que je pensais très sérieusement que le King allait baisser le pied après le titre décroché en octobre dernier dans la bulle Disney.
Je l’imaginais descendre doucement d’un étage, même si ça se voit moins quand un athlète part de si haut, et s’accorder du repos bien mérité après un quatrième sacre tellement libérateur. Il l’avait dit lui-même, il comptait laisser le flambeau. Passer la torche en interne à Anthony Davis, plus jeune, plus frais. Mais même à 36 ans, dont la moitié passé dans la ligue, avec près de 50 000 minutes au compteur (playoffs non inclus) et une intersaison écourtée à 77 jours, un record, le natif d’Akron dispose encore de suffisamment de jus pour dominer ses adversaires. Soir. Après. Soir.
Je n’étais visiblement pas le seul à penser au déclin – même calculé et progressif – de James. Les bookmakers de Las Vegas (et détrompez-vous, ce sont des experts NBA, ils ont tout intérêt à ne pas se tromper) ne le considéraient pas comme l’un des trois grands prétendants au trophée. Ils lui préféraient Nikola Jokic, Luka Doncic ou encore Stephen Curry. Ces trois superstars brillent. Mais sans avoir l’impact du quadruple lauréat.
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17/08/2021 À 21:54

LeBron James, le meilleur joueur de la meilleure équipe

Le pire, c’est qu’en regardant jouer les Lakers, on a effectivement l’impression que LeBron ne force même pas son talent. Il vient, il fait le boulot, il en garde sous la pédale mais ça suffit pour gagner – et souvent largement. Les Angelenos restaient sur quatre victoires consécutives par plus de 17 points d’écart avant de subir le comeback furieux des Warriors mardi. Ils caracolent tout de même en tête de la NBA (11 victoires en 15 matches), avec le meilleur différentiel entre les points marqués sur 100 possessions. Ils sont faciles. Ou, en tout cas, ils donnent vraiment l’impression d’être facile. Leur patron en tête.

LeBron James (Los Angeles Lakeres)

Crédit: Getty Images

Alors ils l’étaient forcément un peu moins cette nuit contre Golden State. C’est d’ailleurs un constat intéressant : quand l’adversaire durcit le ton en défense, les Californiens sont à la peine. Il ne suffit évidemment pas d’un match pour tirer un constat définitif mais ça renforce ma conviction qu’ils ne feront pas le doublé (j’ai pronostiqué les Clippers, sans doute un penchant masochiste). Parce qu’ils auront un peu plus de mal que l’an dernier à gagner les rencontres qui se jouent dans les tranchées, maintenant qu’ils ont perdu Dwight Howard, Danny Green et Rajon Rondo.
Mais restons sur le MVP. Souvent, le trophée revient au meilleur joueur de la meilleure équipe. La définition est sans doute un peu plus complexe pour moi mais c’est principalement sur ce constat que se concentrent les journalistes qui disposent du "droit de vote" pour le trophée. Et aujourd’hui, le meilleur joueur de la meilleure équipe, c’est LBJ. Il claque ses 24 points en à peine 32 minutes (plus de deux de moins que l’an dernier), avec 8 rebonds et presque 8 passes tout en tirant à 48% aux tirs et 38% à trois-points. Pour sa dix-huitième saison dans la ligue. Impressionnant. Et sans rater un seul match. En réalité, la vraie surprise est peut-être là. Je m’attendais à ce qu’il "sèche" quelques rencontres pour s’économiser. Même pas. J’avais tort.

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Un cinquième MVP pour égaler Michael Jordan

Il faut comprendre qu’à cet âge là, les superstars ne sont plus au sommet. Michael Jordan avait déjà pris deux fois sa retraite à 36 ans (même s’il avait évidemment encore le niveau pour briller). En parlant de Sa Majesté, un pari : si les Lakers restent au sommet de la NBA à l’issue de la saison régulière, et que James maintient simplement son niveau de jeu, il sera élu MVP. Quelles que soient les performances de ses concurrents. Projetons-nous un peu quelques mois dans le futur. Et essayons de nous mettre dans la tête de ceux qui votent. Du coup, oublions juste le "mérite" pour l’instant. Concentrons-nous sur la narrative - la NBA est une ligue de belles histoires.
LeBron James a déjà fait comprendre aux médias que, selon lui, il aurait dû être nommé MVP l’an dernier. Je ne suis pas d’accord avec lui mais ça se défend. Mais encore une fois, oublions le mérite. Les journalistes sont admiratifs du King, et à raison. Il est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Si ce n’est le meilleur. C’est un personnage puissant à la carrière incroyable. Au point de rivaliser avec Jordan et de créer des débats interminables.
La presse (et les passionnés !) se nourrissent de ces débats. Jojo possède cinq trophées de MVP. Un de plus que James. Je pense sincèrement que, pour l’Histoire, pour la symbolique, nombreux sont les journalistes qui voteront pour la star des Lakers. Comme une récompense pour sa carrière en lui permettant d’égaler MJ au nombre de MVP.

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Mais revenons au mérite, quand même un peu. Aujourd’hui, qui peut vraiment rivaliser avec lui ? Nikola Jokic et Luka Doncic affichent des statistiques plus impressionnantes. Mais les Nuggets et les Mavericks sont bien, bien loin, du niveau des Lakers. Le bilan collectif, rappelons-le, est pris en compte au moment de désigner le meilleur joueur de la saison. Joel Embiid peut se hisser dans la discussion s’il tient le cap (il manque souvent des matches). Les Sixers doivent aussi frapper très fort.
Pour l’instant, ils sont bons mais ils avaient le calendrier le plus facile parmi les contenders. Paul George et Kawhi Leonard démarrent bien mais comment les départager ? Tout ça, ça peut profiter à LeBron James. Je pense qu’il est le favori pour l’instant. Et je ne serai finalement pas du tout étonné s’il décroche le trophée, pour l’Histoire, d’ici quelques mois.

LeBron James (Lakers) face aux Rockets

Crédit: Eurosport

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