Pendant presque trente ans, depuis leur déménagement de San Diego à Los Angeles, les Clippers ont été la risée de la ligue. Une équipe faiblarde saison après saison. Puis Blake Griffin et Chris Paul ont mené la franchise au sommet au début des années 2010. Sans pour autant réussir à la faire gagner en playoffs. L’autre équipe hollywoodienne n’est plus ridicule (enfin…) mais elle continue de faire l’objet des moqueries. Et en même temps, comment la prendre au sérieux quand elle donne constamment le bâton pour se faire battre ? Candidats affirmés au titre, Kawhi Leonard, Paul George et ses camarades sont déjà au bord de l’élimination après deux petits matches de playoffs cette saison ! Les voilà menés 0-2 par des Mavericks beaucoup plus conquérants, moins frileux, plus relâchés et plus malins que les troupes de Tyronn Lue. Peut-être même tout simplement plus forts.
Quelle catastrophe qui s’annonce. Comme l’an dernier. Les Clippers avaient explosé dans la bulle et se faisant sortir au second tour alors qu’ils comptaient deux manches d’avance (3-1) sur les Nuggets. Doc Rivers avait alors pris la porte, désigné comme le bouc-émissaire de cet échec. Cette nouvelle saison devait donc nous permettre de juger si le coach était vraiment le grand responsable de l’élimination passée ou s’il n’y avait pas plutôt un problème du côté des joueurs. Et après deux rencontres, difficile d’épargner PG et ses camarades.

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Deux ajustements pour sauver les Clippers !

Mais difficile aussi de ne pas se poser des questions sur Lue – et sur le choix pris de le nommer sur le banc malgré des lacunes stratégiques évidentes lors de ses passages aux Cavaliers – et ses décisions. Les Clippers sont tout simplement dominés tactiquement. Ils sont dominés par Rick Carlisle. Ils sont dominés par Luka Doncic, un génie qui se balade dans la défense depuis deux matches. Un maestro qui contrôle le tempo. Qui contrôle toutes les possessions. Et qui contrôle donc la série.
Dallas est une formation offensive et, pour l’instant, Los Angeles tombe dans le piège. 127 points inscrits par les Texans dans la nuit de mardi à mercredi. Avec encore une pluie de paniers extérieurs. Peut-être faudrait-il songer à ralentir le rythme. N’est-ce que pas le rôle de Rajon Rondo, limité à 19 petites minutes… avec un différentiel de +13 ? Le vétéran devrait passer plus de temps sur le parquet. Parce qu’il est le seul à même de reprendre la gestion du jeu.

Tyronn Lue (Cleveland)

Crédit: Getty Images

Peut-être faudrait-il songer à hacher les duels. Les Clippers sont censés être forts en défense ! En tout cas, ils disposent des atouts pour ralentir leurs adversaires. Encore faut-il les mettre à profit. Pourquoi Lue s’entête à laisser Patrick Beverley, dont la réputation n’est certainement plus à la hauteur de ses capacités, sur le terrain ? Pourquoi – sans chauvinisme aucun – ne laisse-t-il pas Nicolas Batum se charger de Doncic ? Le Français ne pourra jamais contenir complètement la superstar adverse. Mais après deux défaites, le constat est assez clair : Beverley est une proie facile pour Doncic. Il est trop petit et pas assez costaud pour lui empêcher d’accéder au cercle. Batum, avec sa taille et ses longs bras, peut au moins le gêner et le ralentir. Les Clippers ne pourront gagner qu’en défense !
Parce qu’ils sont justement tellement prévisibles en attaque. Pas d’inventivité, pas de meneur – encore une fois, Rondo devrait passer plus de temps sur le terrain. Lue a voulu jouer avec du small ball, et sans doute à raison. Mais dans ce cas là, Serge Ibaka doit être aligné en pivot, pas Ivica Zubac ! 6 minutes pour le Congolais mardi. Un différentiel de +6. Il est l’une des clés pour L.A. Parce qu’il peut à la fois protéger le cercle tout en courant dans tous les sens. Sa présence serait bénéfique des deux côtés du terrain. Mais Lue réagit toujours trop tard. Et voilà donc son équipe dos au mur. Au bord du gouffre même.

Luka Doncic, quel grand joueur

Les Clips vont donc désormais se rendre à l’extérieur avec l’interdiction de perdre. Il va falloir des tripes. Du cran. Du courage et de la combativité. Et surtout du mental. C’est justement la plus grande lacune de ses effectifs et de ses leaders. Ils n’ont pas vraiment de faiblesse dans le jeu. Mais ils leur manquent cet instinct du tueur. Cette série, au final, revient à opposer l’une des équipes les moins décisives de la ligue contre le joueur le plus tranchant du championnat.
Parce qu’il faut aussi rendre hommage à Luka Doncic. Il est, à 22 ans, déjà un très grand joueur NBA. Pas juste une star, un espoir ou une machine à statistiques. Il est déjà en mesure de mener une équipe très, très, très loin. Il est probablement le meilleur joueur de cette série et ça aussi c’est un point décourageant pour Los Angeles. Parce que même si le basket est un sport collectif, en playoffs, l’équipe qui passe est souvent celle avec le plus grand talent.
Kawhi Leonard va devoir se surpasser. Mais que peut-il faire de plus que ses 41 points inscrits dans le Game 2 ? Si ça peut donner un motif d’espoir aux supporters : il est le dernier homme à avoir porté une franchise menée 0-2. Les Raptors en 2019, l’année du titre. Mais les Clippers ont encore tellement de chemin à parcourir. Ils voulaient éviter les Lakers avant les finales de Conférence et les voilà en position pour sortir dès le premier tour. Quel gâchis. Quel fiasco.
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