"Il n’y a aucun manque de respect envers le Jazz. Mais vous devez le comprendre, c’est comme dans les jeux vidéo. Personne ne prenait Utah quand il était gamin". Quand LeBron James et les autres avaient snobé Rudy Gobert lors de la draft du All-Star Game, le "King" avait eu ces mots. Justes peut-être, encore que, mais surtout très maladroits. La franchise de Salt Lake City souffre d'un déficit d'image. Est-ce pour cela que le Jazz et les Phoenix Suns, les deux meilleurs bilans de la saison régulière, sont régulièrement mis de côté au moment de dresser la liste des favoris pour les Playoffs ? Pas seulement.
Un chiffre d'abord. Sur les 30 dernières années, seules 12 des 60 équipes présentes en finales NBA n'affichaient pas l'un des deux premiers bilans de leur conférence. Proche de nous, le Heat avait terminé cinquième à l'est en 2020 avant d'être battu par les Lakers. Plus loin, les Rockets de 1995 avaient décroché le titre avec la pancarte de tête de série numéro 6 dans le dos. Si 20% des finalistes ne sont pas issus du top 2 de chaque conférence, ce chiffre tombe à 8% pour ce qui est de ceux qui ont fini champion.

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Le champion aurait donc 92% de chances de se trouver parmi Utah, Phoenix, Philadelphie et Brooklyn ? Les parieurs misent plutôt sur le duo issu de la conférence est. De l'autre côté des Etats-Unis, difficile d'y voir clair et c'est l'une des raisons pour lesquelles Utah et Phoenix manquent de crédit. Qui peut imaginer que dans une saison "normale" les Lakers seraient tête de série numéro 7 ? Avec leur effectif au complet, et en forme, les coéquipiers de LeBron sont les favoris logiques à l'ouest. Ils n'ont pas une marge folle cela dit, et on s'attend à des Playoffs très ouverts après qu'Anthony Davis et James ont respectivement manqué 36 et 27 matches.
Mais alors pourquoi le Jazz et les Suns n'en profiteraient-ils pas ? Pourquoi Denver, les Clippers ou encore Dallas et Portland concentrent les discussions, et espoirs parfois ? L'expérience ? Possible pour Phoenix, puisque seul Chris Paul peut réellement se targuer d'avoir joué des matches qui comptent avec un rôle important en Playoffs. L'assertion ne fonctionne pas pour Utah qui n'a raté aucune qualification depuis quatre saisons.

Chris Paul

Crédit: Getty Images

Pour le Jazz, ce sont justement ces quatre campagnes qui laissent perplexe. Deux demi-finales de conférence d'abord après avoir battu les Clippers d'un certain Chris Paul en 2017 et le Thunder de Russell Westbrook et Paul George en 2018. La suite ? Deux éliminations au 1er tour face à Houston puis Denver. Et à chaque fois le même bilan. Rudy Gobert, dont la défense est létale en saison régulière, est moins utile en Playoffs, et l'attaque de la franchise de Salt Lake City est trop limitée.

Cette fois c'est la bonne pour Utah ?

Vraiment ? Au rating offensif, le chiffre le plus représentatif de la qualité d'une attaque, Utah affiche 118,2 points pour 100 possessions cette saison, soit le quatrième ratio de NBA derrière Brooklyn, Portland et les Clippers mais devant Denver, Phoenix ou Milwaukee. Le tout avec un Donovan Mitchell qui n'a plus joué depuis le 17 avril, et avec la 4e défense de la Ligue. Et pourtant, certains imaginent encore le Jazz éliminé dès le 1er tour. La force de l'habitude sans doute…

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Et Phoenix dans tout ça ? La présence de Chris Paul a tellement métamorphosé l'équipe qu'il est évoqué dans la discussion pour le titre de MVP. Reste que ce groupe n'a aucun vécu en Playoffs et qu'il va se coltiner un gros morceau au premier tour avec nul autre que le champion en titre. Plus polymorphe que Utah, Phoenix a, sur le papier, les armes pour briller dans les toujours différents Playoffs où le jeu pratiqué diffère de celui de la saison régulière. Si Chris Paul est un maître de la création, Devin Booker, son pendant à l'arrière, se défend aussi très bien dans le domaine (6,8 et 6,5 passes de moyenne en 2019 et 2020). Or avoir des créateurs d'élite qui peuvent s'adapter est souvent la clé en Playoffs.
Depuis que le premier tour se joue au meilleur des 7 matches (2003), seules quatre têtes de série numéro 1 ou 2 ont été éliminées d'entrée : Dallas en 2007 par Golden State, Dallas encore en 2010 par San Antonio, les Spurs à leur tour par Memphis l'année suivante et enfin Chicago par Philadelphie en 2012 suite à la blessure de Derrick Rose. Des surprises donc. Dans le cas de Utah et Phoenix, leur chute n'en serait presque pas une.
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