L'air de Brooklyn ressemblerait-il à celui de Houston ? Du Texas à New-York, il y a quelques milliers de kilomètres. Avec les Nets, James Harden joue dans un système différent, avec d'autres coéquipiers et des stars, Kevin Durant parfois et Kyrie Irving un peu plus souvent. Et pourtant, rien n'a semblé changer pour "The Beard". Oui, il est moins agaçant qu'à Houston mais son talent est toujours là. Et il le prouve. Tant et si bien que carton après carton, sa candidature pour le titre de Most Valuable Player (MVP) prend de l'épaisseur. Une course très serrée cette saison pour laquelle il part pourtant avec un énorme handicap.
Avant d'aborder les choses qui fâchent, il faut indéniablement saluer l'intégration de James Harden à Brooklyn. Changer son jeu serait difficile pour lui pensait-on. On se trompait. James Harden l'a bien sûr fait évoluer mais son talent, et les absences, ont contraint les Nets à s'adapter à lui. A Houston, cette saison mais aussi sur les deux dernières, il prenait plus de tirs à trois qu'à deux points. Il a réajusté la balance à Brooklyn (quasiment 55% de tentatives à deux points). En revanche, et c'est le plus étonnant, il est tout aussi prégnant sur le jeu de son équipe. La preuve, il a le ballon en main pendant neuf secondes en moyenne par possession (dont la durée est de 24 secondes en NBA) sur les quinze derniers matches de Brooklyn. Soit sensiblement la même moyenne que lors de ses belles années texanes.

James Harden lors du match opposant les Nets aux Knicks, le 15 mars 2021 en NBA

Crédit: Getty Images

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Février-mars, deux mois de MVP pour Harden

Bien sûr, ce chiffre s'explique aisément. Kevin Durant n'a joué qu'une de ces quinze rencontres. Et même si Irving était là, le meneur de jeu, c'est Harden. Le meilleur joueur, c'est lui aussi. Sans aucune discussion possible. Le début de saison des Nets avait été compliqué (7 victoires - 6 défaites) ? L'arrivée de l'ancien joueur de Houston a bien changé la donne : 21 succès en 28 rencontres pour les Nets de Nash et même 3 défaites seulement sur les 20 derniers matches. Kevin Durant n'en a joué qu'un seul. Pas de KD ? Pas de problème.
La "faute" à un James Harden de gala. Toujours aussi complet mais plus propre, la Barbe fait des ravages : 26 points, 11,4 passes et 9,6 rebonds de moyenne à 48,7% aux tirs en février et mars. Des stats de MVP même s'il avait atteint des standards plus impressionnants encore quand il avait été élu (30 points et 9 passes mais à 45% aux tirs). Premier problème, la lutte pour la distinction individuelle fait rage. Joel Embiid, Nikola Jokic, LeBron James, Kawhi Leonard, Damian Lillard, Giannis Antetokounmpo… Autant de dossiers légitimes pour un seul élu.

Le même problème que LeBron James ?

Et cette liste de prétendants n'est peut-être pas l'handicap le plus important pour James Harden. Le numéro 13 des Nets est lesté dans cette course. Il s'est lui-même accroché un sacré poids au pied en ayant un comportement disons discutable à Houston. Désireux de partir, Harden avait pourri la situation au point que ses propres coéquipiers n'attendaient que son départ. Les votants, journalistes pour rappel, s'en souviendront-ils au moment de coucher un nom sur le bulletin ? Sans doute. En 2011, Derrick Rose avait été élu MVP au nez et à la barbe d'un LeBron James exceptionnel au Heat. Quelques mois plus tôt, le King avait défrayé la chronique par sa décision de quitter Cleveland dans les circonstances que l'on connaît. Difficile de ne pas lier les deux éléments. Difficile aussi d'imaginer un autre traitement pour Harden même si les critiques envers LeBron furent incomparables avec elle qu'ils a reçues.
Il pourrait bien connaître la même mésaventure que James même en cas de fin de saison canon. De plus, jouer dans une équipe qui possède un ancien MVP en la personne de Kevin Durant mais aussi Kyrie Irving qui réussit une fabuleuse saison (27,6 points à 52%), peut aussi peser dans la balance. On peut aussi y ajouter Blake Griffin et DeAndre Jordan même si le duo n'a plus rien de celui des Clippers. Ce n'est pas tout à fait comme ça qu'est pensé un MVP outre-Atlantique. Giannis Antetokounmpo, Harden lui-même, Westbrook, et même Curry en 2015/2016 ne jouaient pas avec deux superstars à côté d'eux. Une oui mais pas deux. Enfin, et si tout ça ne suffisait pas, jamais un joueur transféré en cours de saison n'a remporté le trophée Maurice Podoloff dans toute l'histoire de la NBA.
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