Quelques semaines en arrière, quand les Bucks étaient encore à la lutte avec les Nets pour une place en finale de Conférence à l’Est, un utilisateur du forum Reddit suggérait que la franchise du Wisconsin devrait licencier son coach, Mike Budenholzer, à la fin de la saison, quelle que soit l’issue de ces playoffs. Sa théorie reposait sur le fait que même une victoire contre Brooklyn et ensuite Philadelphie ou Atlanta n’effacerait pas les lacunes structurelles majeures du système de Budenholzer et de l’effectif de Milwaukee. Sauf que Giannis Antetokounmpo et ses camarades ont finalement sorti une équipe des Nets privée de Kyrie Irving et avec un James Harden diminué. Puis ils ont battu les Hawks sans Trae Young sur les trois derniers matches, même si le MVP des Bucks manquait lui aussi à l’appel.
L’euphorie de cette première qualification pour les finales NBA depuis 1974 a fait oublier tous les défauts qui ont handicapé la formation du Wisconsin au cours des dernières campagnes. Mais après deux matches – et deux défaites – contre les Suns, les voilà à nouveau exposés sur la plus grande scène du basket américain. Avec encore et toujours la même question qui se posent pour les Bucks : comment marquer des points ?
NBA
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21/07/2021 À 04:27
Les 118 pions encaissés lors de chacune des deux rencontres pourraient laisser penser que le problème est d’abord défensif. Mais en réalité, c’est surtout en attaque que les joueurs de Budenholzer éprouvent de vraies difficultés. Un constat répété lors des duels de playoffs les plus serrés. Qui pour faire la différence ? Qui pour créer du jeu ? Des problématiques importantes et toujours une seule et même réponse sur ce Match 2 jeudi soir : Giannis Antetokounmpo.

Giannis Antetokounmpo (Milwaukee Bucks) contre les Phoenix Suns / Finales NBA 2021

Crédit: Getty Images

Giannis Antetokounmpo, un MVP seul au monde

Revenu à la hâte après une hyper extension du genou au tour précédent, le Grec avait déjà été bon pour son retour à l’ouverture des finales. Il a fait encore mieux jeudi soir. 42 points au total. 15 paniers inscrits – deux fois plus que son coéquipier le plus prolifique (7 pour Jrue Holiday) – en 22 tentatives. 12 rebonds. 4 passes et 3 blocks. Une prestation dantesque mais finalement insuffisante puisque les Bucks ont perdu. Antetokounmpo domine ses adversaires physiquement. Il est plus long, plus costaud et il les prend aussi de vitesse.
Sa présence dans la raquette laisse le plus souvent les Suns sans solution. La superstar a maintenu les siens dans le match à elle toute seule, avec notamment 20 points inscrits dans le troisième quart-temps. Une performance plus vue à ce niveau de la compétition depuis les 22 points de Michael Jordan en 1993. Sauf que ses coéquipiers n’ont pas suivi le rythme. Et à l’entame du dernier quart, le "Greek Freak" avait inscrit autant de points (32) que l’ensemble de ses coéquipiers du cinq majeur. Il a terminé la partie avec un différentiel de +3 quand les autres titulaires affichaient -24 en cumulé.
Giannis Antetokounmpo a encore une fois prouvé qu’il faisait bien partie des plus grands de la Ligue. Mais malgré tous ses atouts et malgré ses progrès, il lui manque encore l’aisance en dribbles ou l’adresse extérieure pour vraiment prendre des matches à son compte. Surtout dans cette NBA moderne où les dépositaires du jeu restent les arrières, les meneurs ou même les ailiers capables de terrasser leurs vis-à-vis balle en main. De ce fait, la pression revient fréquemment sur les autres joueurs majeurs de Milwaukee. Khris Middleton. Jrue Holiday. Ce sont finalement eux qui sont amenés à jouer les possessions les plus importantes des matches serrés.

Middleton et Holiday, lieutenants à la rue

C’est un problème que nous avons déjà souligné à plusieurs reprises. Les Bucks sont finalement souvent dans l’impossibilité de s’appuyer pleinement sur leur meilleur joueur dans les moments les plus chauds. Encore plus en raison de sa maladresse aux lancers (11 sur 18 dans le Match 2). Middleton et Holiday sont deux excellents joueurs. Le premier a même fait des playoffs remarquables avec des prestations décisives contre les Nets et les Hawks. Mais ils ont forcément une limite de… talent. Les deux arrières ont compilé 28 points (12 sur 37 aux tirs…) jeudi soir, soit 10 de moins que Jae Crowder et Mikal Bridges, des joueurs de devoir des Suns.
Middleton a délivré 8 passes décisives, mais la statistique paraît trompeuse. Il s’est souvent enfermé dans des tirs compliqués, en manquant aussi de tranchant pour vraiment mettre à mal la défense de Phoenix. Holiday a été plus agressif que lors du premier match tout en faisant encore une fois preuve de maladresse. Dès que le jeu est ralenti, les joueurs de Mike Budenholzer sont à la peine. Et des finales se gagnent justement dans ces moments-là. Sur des attaques placées, où il est nécessaire d’exploiter au mieux les failles adverses.

Khris Middleton

Crédit: Getty Images

Les Bucks manquent finalement d’un vrai gestionnaire et/ou d’un créateur d’élite capable de se hisser au niveau de Giannis Antetokounmpo sur l’intégralité d’une série et pas seulement sur trois ou quatre matches. Tout l’inverse des Suns d’ailleurs. Ils disposent de Chris Paul et de Devin Booker. L’un d’entre eux est le meilleur meneur de sa génération, l’un des plus brillants de l’Histoire. L’autre est un assassin en un-contre-un.
Ces deux stars trouvent constamment une solution pour un panier facile. Ils lisent le jeu, le ralentissent, force les changements de défenseurs sur les écrans et finissent par marquer ou à servir un coéquipier en bonne position. C’est un constat alarmant pour Milwaukee : le danger vient de partout ou presque à Phoenix. Ça commence avec Paul, évidemment, mais ce dernier sait mettre sur orbite Bridges (27 points), Crowder (11), Deandre Ayton (10) ou Cameron Johnson (10).

Devin Booker face aux Bucks.

Crédit: Getty Images

La différence entre les deux équipes est frappante. Les Bucks ont perdu un premier match malgré une adresse globale encourageante. Puis ils ont perdu le second malgré 42 points d’Antetokounmpo. Au final, il faudrait presque que les deux conditions soient réunies pour l’emporter. Ça fait beaucoup. Est-ce que ça peut arriver quatre fois lors des cinq prochains matches ? Difficile à imaginer. C’est là que Mike Budenholzer va devoir trouver des solutions. Des solutions pour mettre ses joueurs dans les meilleures conditions pour enfin marquer plus de points. Pour faire douter cette défense des Suns. Le temps presse et Milwaukee n’a plus le droit à l’erreur. Son coach non plus, sans doute.
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