Opérations de sensibilisation, actions solidaires et marathon de matches : entre la NBA et le Martin Luther King Day, qui commémore la naissance du pasteur et militant afro-américain du même nom, le lien est indéfectible. Ce jour, férié aux Etats-Unis, a lieu chaque troisième lundi du mois de janvier et comme chaque année, cette journée d’hommage à la cause noire et à la lutte pour les droits civiques rimera avec NBA. La ligue de basket nord-américaine, très impliquée dans diverses batailles sociales, a décrété en 1986 une journée spéciale devenue un événement mondial, au même titre que ses Christmas Games, qui rassemblent des dizaines de millions de téléspectateurs à travers le monde entier.

LeBron James

Crédit: Getty Images

Devenue un acteur majeur de ces commémorations, la NBA participe à l’organisation de nombreux événements en utilisant son pouvoir médiatique, la puissance de ses stars et sa plateforme NBA Voices, visant à lutter contre l’injustice sociale. Ce lundi, pas moins de douze rencontres seront au programme entre 18h30 et 4h30 du matin, heure française. Les franchises de Boston, New York, Washington, Chicago, Los Angeles et forcément Atlanta, ville de naissance de Martin Luther King, seront mises à l’honneur tout au long d’une soirée aussi importante que spéciale outre-Atlantique.
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Avant 1950, la NBA était réservée aux Blancs

Pourtant, rien ne présageait une telle culture dans l'univers de la balle orange. Il a fallu attendre 1950 pour que les premiers joueurs noirs intègrent ses rangs, avec Chuck Cooper (Boston), Nat Clifton (New York) et Earl Lloyd (Washington). Jusqu'alors exclusivement réservées aux Blancs, les instances de la NBA faisaient régner la ségrégation sur ses parquets.
Malgré un début d'ouverture, il a fallu de nombreuses années pour que le climat de défiance raciale cesse d'y planer. "Les arbitres et le public étaient blancs, le climat était tendu car de nombreuses personnes venaient voir jouer des Noirs. Et ces derniers se faisaient parfois refuser l'entrée de restaurants ou d'hôtels après leurs matches", racontait l'an dernier Claude Johnson, le créateur d'une fondation sur les équipes de basket des années 1950, dans les colonnes de Ouest-France.
Devenu une icône après avoir prononcé son fameux discours "I have a dream" devant le Lincoln Memorial de Washington le 28 août 1963, le révérend Martin Luther King a été assassiné dans un hôtel de Memphis cinq ans plus tard, le 4 avril 1968. Au lendemain de sa mort, qui a engendré une vague d'émeutes raciales partout dans le pays, un match de playoffs opposant Philadelphie à Boston a été maintenu malgré le refus de jouer des légendes Bill Russell et Wilt Chamberlain. Mais la décision des deux stars afro-américaines a provoqué un tollé : "Pourquoi annuler un match ?", "c'est une mascarade", rapportait la presse locale de l'époque. Il a fallu attendre la fusion de la NBA et de la ABA (1976), marquant l'arrivée de nombreux joueurs afro-américains, et surtout la nomination de David Stern à sa tête (1984) pour qu'une véritable prise de position s'opère.

L'arrivée de David Stern comme tournant social

Maillots spéciaux, discours de joueurs, actions de sensibilisation, spots publicitaires et campagnes sur les réseaux sociaux sont depuis organisés chaque année. La NBA ne lésine pas sur les moyens mis en œuvre pour perpétuer une tradition devenue indéboulonnable. Selon Todd Boyd, professeur à l'Université de South California et spécialiste des questions raciales, ce n'est pas un hasard si la NBA a pris une place importante lors de cette journée très spéciale : "Ses joueurs sont majoritairement noirs. Et culturellement, le basket est reconnu comme un sport de noirs, contrairement aux autres sports américains. La NBA, très cosmopolite, embrasse les valeurs du Docteur King comme aucune autre ligue ne le fera jamais".
Il faut dire que l'ancien patron de la NBA, en plus d'avoir rendu sa Ligue populaire et prospère, a œuvré d'une main de fer pour représenter avec honneur ses joueurs afro-américains. Ce dernier, qui siège depuis 1984 à la commission du jour férié fédéral "MLK Day", a toujours tout fait pour véhiculer ses valeurs à travers son entreprise. Lorsque le gouverneur de l'Arizona a fait savoir qu'il était contre cet événement, David Stern a décidé que plus rien ne serait organisé par la NBA dans son État jusqu'en 1992. En 2001, il décide que la franchise des Grizzlies migre de Vancouver à Memphis, lieu du musée national des droits civiques pour y organiser des colloques réguliers en hommage à la cause noire.
"Je ne dis pas que cette Ligue est parfaite. Mais elle est celle qui a fait le plus de progrès, celle où le pourcentage d'afro-américains est le plus grand, celle où les joueurs Noirs sont mieux payés qu'ailleurs pour ce qu'ils savent faire", résumait Bill Russell en 2011. Onze années plus tard, et alors que David Stern a laissé la main à Adam Silver en 2014, ce lundi promet une nouvelle fois une grande fête où LeBron James, Giannis Antetokounmpo, Joel Embiid et Kevin Durant auront à coeur de briller pour rendre hommage à Martin Luther King.
Le programme du Martin Luther King Day :
18h30 : New Orleans Pelicans - Boston Celtics
19h00 : Charlotte Hornets - New York Knicks
20h00 : Philadelphie 76ers - Washington Wizards
21h00 : Brooklyn Nets - Cleveland Cavaliers
21h30 : Chicago Bulls - Memphis Grizzlies
21h30 : Indiana Pacers - Los Angeles Clippers
00h00 : Milwaukee Bucks - Atlanta Hawks
01h00 : Portland Trail Blazers - Orlando Magic
01h30 : Toronto Raptors - Miami Heat
02h30 : Oklahoma City Thunder - Dallas Mavericks
02h30 : Phoenix Suns - San Antonio Spurs
04h30 : Utah Jazz - Los Angeles Lakers
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