En tant que nouvelle "pépite" du basket français formée à l’INSEP, le jeune Ousmane Dieng (19 ans) aurait pu s’engager avec le Paris Basketball, la JSF Nanterre, en G-League ou même rejoindre l’une des plus prestigieuses universités américaines pour découvrir la NCAA. Mais le natif du Lot-et-Garonne a opté pour une destination plus exotique – mais de moins en moins atypique – en s’engageant dans le championnat australien l’été dernier. Jeudi soir, un an après ses débuts dans le monde professionnel, il va s’inscrire dans la lignée des talents prometteurs passés par la NBL avant d’être drafté en NBA.
Sa décision de suivre un tel parcours confirme la tendance du moment : la ligue australienne connaît un vrai gain d’attractivité depuis deux ans. D’ordinaire, les prospects amenés à rejoindre la NBA suivait un schéma plutôt classique. La très large majorité des joueurs américains s’inscrivaient à la draft après un cursus plus ou moins long sur les bancs de la faculté tandis que qu’une poignée d’européens débarquaient en provenance de leur championnat local. La NBL est venue casser les codes établis. Inspirés par la signature de Terance Ferguson à Adelaïde à sa sortie du lycée en 2016 (avant d’être pioché par le Thunder un an après), les responsables australiens ont décidé de lancer en 2019 le "Next Stars program." Une idée novatrice présentée comme "une nouvelle manière de développer des jeunes joueurs pour les préparer à la NBA."

Ousmane Dieng, nouvelle étoile du NBL Next Stars

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"On offre aux talents de demain une opportunité de jouer au très haut niveau dans un pays anglophone et au sein d’une compétition qui mixe des aspects du basket européen et américain", explique Jeremy Loeliger, le commissionnaire. "Le jeu australien est réputé pour ses fondamentaux et son aspect rugueux tandis que celui pratiqué en Europe est plus axé sur la technique, la discipline et les fondamentaux. Aux Etats-Unis, ça tourne essentiellement autour du talent brut et des qualités athlétiques." L’initiative s’est avérée rapidement payante pour la NBL. En créant ce programme réservé aux joueurs en âge d’être draftés, qui sont répartis dans les différentes équipes, elle a pu attirer les regards des scouts et donc des télévisions américaines. De quoi faire grimper les audiences d’une ligue qui restait alors au second plan, en étant parfois même relégué derrière le championnat chinois.
Mais alors comment expliquer que les futures stars de la balle orange sont de plus en plus nombreuses à traverser le globe pour s’enrôler à Perth, Sydney ou Melbourne ? "J’ai bien étudié toutes les options. J’ai bien réfléchi avec mes parents et mes agents et c’était le meilleur choix", confiait Dieng au Quotidien du Sport en février dernier. "La NBL est d’ailleurs de plus en plus suivie depuis les passages de LaMelo Ball, RJ Hampton ou Josh Giddey. Les matches passent sur ESPN. C’est une ligue très physique, d’un bon niveau, qui va me permettre de bien me développer physiquement." L’ailier longiligne (2,08 mètres) est le premier européen à avoir franchi le pas, avant d’être rapidement suivi par son compatriote Hugo Besson (21 ans), meilleur marqueur de Pro B avec Saint-Quentin lors de la saison 2020-2021. Ils ont eu la chance de jouer ensemble pour les New Zealand Breakers. Le premier compilait presque 9 points et plus de 3 rebonds quand le second marquait un peu plus de 14 points avec 4 passes. Les deux sont susceptibles d’être draftés jeudi, ce qui serait une première pour une franchise NBL. Une belle exposition pour le club et pour le championnat.

L'Australie, la meilleure préparation pour la NBA ?

LaMelo Ball a été le premier et le principal ambassadeur du "Next Stars program." Il est venu pour une saison, le temps de claquer 17 points et 7 passes avant d’être sélectionné en troisième position par les Hornets en 2020. Il a ouvert les vannes. Depuis, les étrangers tentent leur chance chaque année en Australie. Avec succès. Jae’Sean Tate, Josh Giddey et bien d’autres encore sont passés par là. Leur succès en NBA donne aux recruteurs une bonne raison de continuer à surveiller ce qui se trame aux quatre coins des parquets océaniens. Et, par ricochet, il contribue à pousser certains talents à quitter leur pays natal pour rejoindre le nouvel eldorado. Pour eux, il s’agit là d’une opportunité de jouer dans un championnat pro, contre des adultes plus puissants et plus aguerris que les basketteurs de leur âge. Tout en percevant évidemment un salaire. L’argent est un facteur important, notamment pour les jeunes américains qui ne sont pas rémunérés en NCAA et touchent aussi moins en G-League, dont le niveau est également inférieur.
Pour les Européens, la problématique est différente. Plus que les émoluments, c’est surtout le temps de jeu et les responsabilités promises par le programme de la NBL qui peut les attirer. Les talents les plus prometteurs en France ou ailleurs n’ont pas toujours la garantie de jouer dans des clubs tiraillés entre le besoin d’être compétitifs et l’envie de former des jeunes. Sans même parler des coaches qui se montrent parfois frileux à l’idée de lancer des joueurs inexpérimentés sur le terrain. "Je bénéficie d’un travail individualisé avec un programme niveau musculation que je dois respecter, un programme que les autres joueurs de l’équipe n’ont pas -, et aussi niveau basket aussi avec des entraînements individuels. Pratiquement tous les jours, j’ai des entraînements en plus à la fin des entraînements. C’est ça qui m’a plu", témoigne Ousmane Dieng.
Annoncé entre la neuvième et la quinzième position selon les différents experts, le jeune français prouve déjà que son choix valait le coup. Maintenant, il faudra attendre la suite de sa carrière pour juger vraiment du niveau de sa préparation. Mais pour lui, ça ne fait aucun doute : aller en NBL a été une franchise réussite. "Cette saison m’a rendu plus résistant, elle m’a rendu meilleur dans tous les aspects. Si quelqu’un me demandait s’il devait rejoindre les Breakers, je lui dirais d’y aller." Vu comme c’est parti, ils risquent d’être de plus en plus à suivre sa trace, et pas seulement en France.
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