Il faut sauver Noël. Quoi qu’il en coûte. Les gouvernements du monde entier et les dirigeants NBA partagent un défi commun à l’approche des fêtes de fin d’année : maintenir les traditions tout en manœuvrant délicatement en plein pic épidémique. "On était presque revenu à la normale. Des salles pleines, une énergie communicative entre les supporters et les joueurs. Maintenant, les cas remontent en flèche. J’espère qu’on saura garder une certaine avance", notait Steve Kerr il y a dix jours. En réalité, c’est déjà trop tard.
Le variant Omicron se propage à toute vitesse aux quatre coins de l’Amérique du Nord. La ligue n’est évidemment pas épargnée. Et les "Christmas Games", cinq affiches importantes du 25 décembre qui constituent un moment phare de la saison, sont menacés. Pour l’instant, les différents chocs sont toujours au programme : Hawks - Knicks, malgré de nouveaux cas positifs annoncés vendredi soir chez les Hawks, Celtics - Bucks, un succulent Warriors - Suns, lee duel au sommet Nets - Lakers et un joli Mavericks - Jazz pour le dessert. Mais ils ne tiennent qu’à un fil et, surtout, ces rencontres vont se jouer dans des conditions rocambolesques.
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Les mauvaises nouvelles s’enchaînent tous les jours, avec un Adrian Wojnarowski, journaliste pour ESPN, accroché au clavier de son téléphone pour annoncer, un par un, les derniers cas contacts ou positifs au Covid-19. Tous sont censés suivre le fameux protocole sanitaire mis en place par la NBA, à savoir dix jours de quarantaine – un délai qui devrait bientôt être raccourci – ou alors deux tests négatifs consécutifs en 24 heures.
Plus d’une centaine de joueurs se sont trouvés dans cette situation depuis début décembre. Une hécatombe. Parmi eux, plus d’une soixantaine devaient participer aux matches de Noël. Sans eux, la saveur des affiches sera évidemment différente. Dallas joue sans Luka Doncic. Trae Young, Clint Capela ou encore Danilo Gallinari manquent à l’appel à Atlanta. Dix joueurs de Brooklyn sont forfaits, dont Kevin Durant et Kyrie Irving. Les Bucks sont privés de Giannis Antetokounmpo. Bref, ça ne ressemble plus à rien.

Quelles solutions pour continuer la saison ?

La ligue se retrouve contrainte de reporter des matches tous les jours. Mais elle tient à ses Christmas Games. Alors elle s’est tournée vers des mesures d’urgence pour lutter le mieux possible contre le désastre qui se profile à l’horizon. Les franchises sont désormais autorisées à signer un nouveau joueur dès que l’un de leurs membres doit suivre le protocole sanitaire. Des intérimaires piochés un peu partout et un peu n’importe comment. Avec le retour de têtes bien connues : Isaiah Thomas, Lance Stephenson, les Celtics ont même fait sortir Joe Johnson de sa retraite ! Il n’avait pas joué en NBA depuis 2018… Cette solution pourrait ne pas suffire non plus. Des affiches prévues à d’autres dates sont donc susceptibles d’être avancées au 25 décembre pour palier un éventuel report. Les chaînes payent très chères pour ces matches et la logique économique l’emporte sur le sportif.
Parce que la NBA, en ce moment, ne ressemble vraiment plus à rien. Les équipes sont décimées et les cinq majeurs n’ont aucun sens. Et quand ce ne sont pas les joueurs, ce sont les coaches, leurs assistants ou même tous les hommes de l’ombre qui assurent le bon fonctionnement d’une franchise. Sur le terrain, les résultats ne sont même plus vraiment significatifs tant les groupes sont bouleversés. Et pourtant, les classements sont bien impactés. Même avec 5 joueurs de G-League, 3 autres du bout du banc et 2 signés à la hâte, une défaite reste une défaite. Alors quelle solution pour la suite de la saison ?

Laisser jour les joueurs asymptomatiques ?

Parce qu’au-delà des affiches de Noël, ce sont les prochaines semaines (mois ?) qui risquent de s’avérer décisives et compliquées. "Pour l’instant, il est hors de question de faire une pause", assure déjà Adam Silver, le commissionnaire. "On étudie toutes les options." Alors lesquelles ? Une "bulle", comme en 2020 ? Peu probable. Voire quasiment impossible. 97% des joueurs sont vaccinés et les deux tiers d’entre eux ont reçu leur troisième dose. Ce qui réduit très fortement la probabilité de développer une forme grave du Covid-19. Avec donc un intérêt moindre de réunir 30 franchises au même endroit, ce qui représente également un immense défi logistique.

Bradley Beal vs. Utah Jazz

Crédit: Getty Images

Alors quoi ? Une saison raccourcie ? Ce serait encore une fois synonyme de pertes financières. Pour l’instant, la ligue se contente d’intensifier les tests. Mais selon ESPN, les dirigeants songeraient à laisser jouer les cas positifs asymptomatiques. Même s’ils ne sont pas encore complètement décidés sur le sujet. Notamment en raison du message envoyé au reste du monde s’ils venaient à opter pour cette solution. "La NBA est une icône. Pour beaucoup de gens, la pandémie a commencé seulement à partir du moment où la ligue s’est mise à annuler des matches. C’est là qu’ils ont compris que c’était sérieux", explique un professeur à l’université de médecine de California. Pourtant, faire jouer les cas positifs sans symptômes est sans doute la prochaine étape. "On va devoir apprendre à vivre avec le virus", fait remarquer Silver. Un peu comme nous tous.
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