Trois ans en arrière, en 2019, les Celtics prenaient une claque en subissant la loi de Giannis Antetokounmpo et des Bucks au second tour des playoffs. Ils se sont repris la saison suivante, avant de tomber aux portes des finales NBA en s’inclinant contre le Heat dans la bulle Disney. Puis les Nets n’en ont fait qu’une bouchée dès le premier round l’an passé. Boston vient donc de sortir coup sur coup ses trois derniers bourreaux – dans l’ordre : Brooklyn, Milwaukee puis Miami – au cours de cette campagne revancharde. La franchise du Massachusetts est de retour en finales, douze ans après son dernier passage (une défaite 4-3 contre les Lakers en 2010).
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Les Celtics vont maintenant affronter les Warriors. Sauf qu’il n’y a pas de rivalité ou de vécu particulier entre ces deux équipes. Le déficit d’expérience à ce stade de la compétition penche même plutôt en faveur de Stephen Curry et de ses camarades, qui disputent leurs sixièmes finales en huit saisons. Quitte à être là, autant tout donner pour aller au bout. La victoire morale reste le plus souvent un mythe. Des finales, ça se joue avec l’ambition de gagner. Mais rien que le fait d’atteindre la scène la plus prestigieuse des playoffs représente une forme d’accomplissement pour Boston. "Enfin", lâche même Marcus Smart. "On a traversé beaucoup de choses. Du sang, de la sueur et des larmes. On a été en position de se qualifier chaque année et on a toujours perdu. Il a fallu que l’on se regarde dans une glace. Il fallait que ça fasse mal."
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Un succès trop rapide et des désillusions

Ce groupe fait pourtant preuve d’une sacrée régularité aux sommets de leur Conférence. Les Celtics ont disputé 4 finales à l’Est en 6 saisons. Mais sans jamais passer le coche. Jusqu’à cette année. En fait, ça fait longtemps que les Celtics sont proches de toucher au but et, paradoxalement, cette équipe renvoie l’impression qu’elle vient de naître. Ou plutôt d’éclore. Jayson Tatum et Jaylen Brown, ses deux All-Stars, squattent les devants de la scène depuis un moment maintenant. Dès 2018, ils faisaient douter les Cavaliers de LeBron James en les poussant jusqu’à un Game 7 épique alors que Tatum faisait à peine ses débuts chez les professionnels. De quoi laisser penser qu’ils reviendraient plus forts, peut-être même beaucoup plus forts, dans les années à venir. Alors oui, ils sont revenus. Mais ils ont aussi déçu. Ils ont flanché quand ils étaient attendus et ils ont surpris quand ils l’étaient moins. Des épreuves qui les ont aidés à grandir en tant qu’équipe.

Jayson Tatum et Jaylen Brown (Boston Celtics) le 20 octobre 2021 en NBA

Crédit: Getty Images

"Ça fait mal de perdre toutes ces séries. C’est dur. Mais vous n’oubliez jamais. Je pense que c’est ce que nous avons tous en commun dans ce vestiaire. On a vécu tous ces moments-là et on se souvient de ce que ça fait", explique Tatum.
On n’y croyait même plus vraiment. Surtout après une intersaison 2021 marquée par le départ de Danny Ainge, l’architecte de cette formation des Celtics. L’ancien Président de Boston a été à l’origine du transfert des Paul Pierce et Kevin Garnett vieillissants en l’échange de plusieurs choix de draft. Dont celui qui a mené à l’arrivée de Jaylen Brown (troisième choix en 2016) et de Jayson Tatum (troisième choix en 2017). Ce dernier a d’ailleurs été le fruit d’une autre transaction : les Celtics ont envoyé le premier pick de la draft aux Sixers pour récupérer le troisième et d’autres sélections en plus.
Un coup de génie puisque Tatum est finalement devenu le meilleur joueur de sa promotion. Mais malgré un paquet d’atouts susceptibles de servir de monnaie d’échange, Ainge n’a pas réussi à trouver la superstar supplémentaire qu’il espérait. Sa démission a ouvert la porte à un changement de poste inattendu pour Brad Stevens. Considéré comme l’un des plus fins tacticiens NBA, Stevens a été promu à la tête de l’équipe, laissant ainsi le relais à Ime Udoka sur le banc. Longtemps assistant en NBA, Udoka héritait là de son premier boulot en tant que coach.

Boston, la meilleure équipe NBA en 2022

Des changements qui en appelaient d’autres et donnaient l’impression que les Celtics allaient peut-être même essayer d’entamer une nouvelle période de transition. On se demandait s’ils n’étaient pas partis pour chambouler l’effectif, en se séparant par exemple de joueurs clés comme Brown ou Marcus Smart. Leurs noms ont circulé dans le flot des rumeurs. Encore plus après le début de saison raté de Boston. La franchise végétait au milieu du classement à l’Est, sans vraie perspective d’aller jouer le titre cette saison. Mais plutôt que de céder à la tentation d’une reconstruction sur le tas, Stevens et les autres dirigeants ont préféré faire confiance à leurs hommes. "Toute l’organisation nous a fait confiance. Les coaches, le staff et toute la franchise nous a laissé notre chance de régler nos problèmes. On a grandi et toutes ces épreuves nous ont fait du bien au final", témoigne Smart. Bien leur en a pris. Quelques mois plus tard, les tuniques vertes sont en finales avec quatre titulaires draftés par le club (Tatum, Brown, Smart et Robert Williams). Soit autant que leurs adversaires, les Warriors.
Si l’équipe n’a pas éclaté en morceau, c’est aussi parce qu’elle a su se métamorphoser au début de l’année 2022. Les joueurs eux-mêmes avouent avoir doutés. "C’était difficile. Il y a des moments où on s’est demandé si on pouvait y parvenir. Il y a des moments où je me suis demandé si j’étais assez bon pour être le genre de gars qui porte sa franchise jusqu’au bout", confie Jayson Tatum. Critiqué publiquement pour son manque d’altruisme par Marcus Smart en pleine saison, le jeune ailier a été le principal acteur du changement de visage de sa formation. Il a mûri.
Parfois trop enclin à forcer ses tirs, le disciple de Kobe Bryant a appris à laisser le jeu venir plus souvent à lui, tout en impliquant ses camarades. Un ajustement qui l’a rendu encore plus difficile à contenir. Avec 27 point, 7 rebonds et 6 passes de moyenne, il est tout simplement l’un des meilleurs joueurs de ces playoffs. Et il vient d’éliminer tour à tour Kevin Durant, Giannis Antetokounmpo et Jimmy Butler.
Au-delà de son évolution, et celle de Brown, la patte Udoka a fini par prendre petit à petit. Ses ouailles ont assimilé ses principes après des débuts délicats et ils forment désormais une défense impressionnante. Peut-être même la meilleure de la ligue. Ils se sont appuyés dessus pour terminer les trois derniers mois de la saison avec le meilleur bilan, remontant ainsi à la deuxième place de leur Conférence, avant d’étouffer leurs vis-à-vis en playoffs. Peut-être qu’il fallait juste leur laisser du temps. Les voilà aujourd’hui plein de confiance. Et avec deux stars de moins de 26 ans, les Celtics sont à nouveau en position de dominer la NBA sur plusieurs années. Sauf que cette fois, ils ont maintenant une vraie équipe autour.

Boston Celtics

Crédit: Getty Images

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