"Les Suns sont vraiment forts, il faudra compter sur eux." Le commentateur du choc au sommet entre Phoenix et Golden State semble presque étonné. C’est donc seulement après avoir battu les Warriors que les Suns font figure de candidats au titre ? Pourquoi être surpris du succès d’une équipe qui est allée jusqu’en finales l’an passé, et en plus sans passer si loin du sacre ? Bien sûr qu’elle est aussi favorite !
Est-elle encore sous-estimée ? "J’ai passé sept p****** d’heures chez ESPN et je ne suis pas sûr d’avoir parlé une seule fois des Suns", confie JJ Redick, ancien joueur NBA devenu consultant. La réponse de Mikal Bridges : "Qui sont les gens qui nous mettent de côté ? ESPN, Fox Sports, NBA TV… Mais est-ce que ce sont les c******* qui jouent contre nous ? Non, donc ce qu’ils pensent, je m’en fous." Peut-être qu’une partie des médias, du public et des passionnés ferment les yeux sur le vrai niveau de jeu de ce groupe. Pourtant, il est terrifiant.

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Les Suns viennent d’enchaîner 17 victoires de suite, série en cours. Ils ne sont plus qu’à un succès de plus d’intégrer le top-10 des plus longues séries de l’Histoire de la NBA. Ils doivent aller jusqu’à 20 pour rejoindre le top-5. Et dans le lot, ils ont donc battu les Nets de Kevin Durant et les Warriors de Stephen Curry. Les deux candidats au MVP, peut-être les deux meilleurs joueurs du monde et peut-être même les deux équipes perçues comme favorite pour le titre après un mois de compétition. Elles sont bien plus souvent citées que les Suns.
Pourtant, la victoire de Phoenix sur Golden State (104-96) est assez marquante. Les hommes de Monty Williams sont les premiers à avoir limité les Warriors sous les 100 points. En étouffant notamment Curry, auteur de 12 petits points à 4 sur 21 aux tirs. Mikal Bridges, Jae Crowder et les autres défenseurs de Phoenix l’ont muselé, en restant constamment devant lui, en le suivant à la trace et en le forçant à prendre des tirs très difficiles, même pour le plus grand pyromane du championnat. Devin Booker – le meilleur marqueur des Suns – n’a même pas joué la deuxième mi-temps (douleur aux adducteurs) mais ses coéquipiers ont trouvé une méthode pour gagner. Comme toujours en ce moment.

Curry McGee

Crédit: Getty Images

Chris Paul et ses partenaires ont peut-être été comparés un peu trop vite au Heat de 2020, celui de la bulle. Les Floridiens sont allés en finales dans un contexte particulier avant de sortir au premier tour des playoffs, cramés, dès la saison suivante. L’hypothèse du coup de pot est tentante pour Phoenix. Les Suns ont sorti les Lakers privés de LeBron James et d’Anthony Davis pendant une majeure partie de la série. Puis les Nuggets sans Jamal Murray avant de faire plier les Clippers orphelins de Kawhi Leonard. Ça fait beaucoup.
Et pourtant, dénigrer cette formation serait une erreur. C’est l’une des plus sérieuses de la ligue mais aussi l’une des plus fortes collectivement. La continuité qui prime. La progression est constante depuis le coup de chaud à Disney (8 victoires de suite, zéro défaite mais sans pour autant se qualifier en playoffs) suivi de l’arrivée de Paul dans l’Arizona. Les joueurs ont développé une vraie alchimie match après match et ils se connaissent par cœur. Mais ce groupe possède une âme qui lui donne encore une autre dimension : c’est comme si tous les joueurs agissaient exactement dans la même sens. Et ils savent exactement ce qu’ils doivent faire à quel moment pour l’emporter.

Une équipe complète et unie... qui fait peur !

L’évolution n’est pas surprenante finalement. Booker, Bridges, Deandre Ayton, Cameron Johnson – les quatre les plus importants autour de CP3 – ont tous moins de 26 ans. Ils ont engrangé une expérience très précieuse lors de la dernière campagne et les voilà encore plus forts et plus solides. Cette équipe est jeune et dynamique mais elle a aussi du vécu. Le bon mix. C’est aussi l’une des mieux coachées. Williams est un crack. Non seulement c’est un orateur inspirant et charismatique qui arrive à transcender ses joueurs mais il ne pêche pas sur le plan tactique, bien au contraire ! Les Suns sont constamment parfaitement préparés pour chaque duel. Avec les bons schémas, les bons ajustements. Et une attaque qui ne capote jamais, parce qu’elle trouve toujours une solution.
Bon ça, ça revient aussi à Chris Paul. Le meilleur playmaker de sa génération. Ses statistiques (14,5 points, 10,1 passes) n’en disent vraiment pas assez sur son impact. C’est d’ailleurs la troisième fois que le maestro mène une franchise à une série de 17 victoires de suite. Il l’a déjà fait avec les Clippers en 2013 et les Rockets en 2018. La preuve ultime que ce meneur hisse constamment ses équipes vers le haut. Et quand il est à la baguette, tout se passe bien pour les Suns. Surtout dans les moments chauds. Phoenix est une équipe redoutable dans le money time parce qu’elle ne commet quasiment aucune erreur. Idéal pour gagner les matches les plus serrés. Très encourageant pour les playoffs.
Les Suns ont aussi une défense de fer. Les Warriors peuvent témoigner. Le plus impressionnant reste leur manière de dicter à l’adversaire comment ils doivent jouer. Ils imposent un certain style, un certain rythme et il est très difficile d’en sortir. Avec autant d’ingrédients, comment ne pas considérer Phoenix comme un vrai candidat – pardon, favori – pour le titre ? C’est l’équipe à battre à l’Ouest.
Mais les Warriors, les Clippers et même peut-être les Lakers auront des arguments (Spoiler : les Mavericks sont à un joueur et un régime express en cours de saison de Luka Doncic d’aller en finales). Parce que ce sont les supers talents qui peuvent casser les plans collectifs des Suns. Et mettre à mal tout leur système. Un Stephen Curry accompagné de Klay Thompson. Un Kawhi Leonard avec Paul George. Ou une doublette James-Davis. Mais pour l’instant, les Suns ont beaucoup plus de certitudes. La balle est dans leur camp.
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