Les Los Angeles Lakers se sont peut-être sortis d’une mauvaise passe en battant les Houston Rockets (132-123) mardi soir, mettant ainsi fin à une série de cinq défaites consécutives, mais ils suscitent toujours autant de doutes et d’inquiétudes après une trentaine de matches. Et ce n'est pas la défaite à Memphis dans la nuit de mercredi à jeudi qui va rassurer. Candidate assumée au titre, la franchise californienne erre à la septième place de leur conférence avec un bilan négatif (17 victoires et 19 revers). Loin des attentes et assez loin du compte.
Et surtout loin de pouvoir réellement prétendre au trophée avec autant de lacunes et d’incertitudes. Les Angelenos peuvent mettre en avant les blessures de LeBron James et d’Anthony Davis. Mais ils ne sont pas les seuls à jongler avec les forfaits des uns et des autres. Ils pourraient même presque s’estimer chanceux d’être encore dans le top-8 à l’Ouest. Au cœur des critiques, un homme, encore, toujours : Russell Westbrook.

Un profil qui ne colle pas avec les Lakers

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Le joueur divise depuis son arrivée chez les pros. Mais ses détracteurs sont de plus en plus nombreux. Plus les années passent, plus l’ancien MVP devient une caricature de lui-même. Surtout qu’il est plus exposé que jamais en jouant pour les Lakers de James, l’équipe la plus médiatisée du marché. "Westbrook, c’est cette jolie fille d'une école rivale que tu aimerais traiter comme une reine. Puis quand elle est à toi, tu réalises pourquoi tous les autres gars l'ont quittée", remarque l’éditorialiste Shannon Sharpe. Bon, la métaphore vaut ce qu’elle vaut mais elle illustre d’une certaine manière la situation du vétéran, transféré trois fois en trois ans.

Russell Westbrook (Lakers) contre Paul George (Clippers) / NBA

Crédit: Getty Images

Ses qualités sont indéniables. Mais ses défauts le sont tout autant. Sauf que, pour lui, tout va bien. "J’ai le sentiment que je ne m’en sors pas trop mal. Les conversations sont centrées sur ma manière de jouer. Mais tout le monde s’attend à ce que je tourne à 25 points, 15 rebonds et 15 passes, ce qui n’est pas normal. Je l’ai fait ces dernières années mais les gens doivent comprendre que ce n’est pas quelque chose de banal. (…) Je suis au-dessus de tout ce qui se dit."
Sa réponse aux critiques démontre qu’il ne les écoute pas. Ou alors, qu’il ne les comprend pas. Les statistiques, les points, les rebonds, les passes, n’ont rien à voir ici. Elles ne reflètent pas toujours l’impact d’un joueur sur le terrain. Et encore moins dans son cas. Ses triple-doubles sont effectivement traditionnellement synonymes de victoires mais le problème est plus profond. Ou alors, si, donnons des chiffres. 4,7 balles perdues par match. Seul James Harden fait pire. Un différentiel négatif de -3,6 points sur 100 possessions. Russell Westbrook est notamment venu à L.A. dans l’optique de soulager LeBron James et de diriger l’attaque quand ce dernier se repose. C’est raté.
Les Lakers sont catastrophiques avec le kamikaze seul aux commandes – un différentiel qui descend à -7,1 points sur 100 possessions. Son 4 sur 20 aux tirs (11 ratés près du cercle) et son -23 contre les Nets, le soir de Noël, illustre les difficultés du meneur All-Star. Encore d’autres statistiques. 31% à trois-points. Une inefficacité chronique dès qu’il ne touche pas le ballon. Moins de 5% des possessions jouées par Westbrook ont pour origine une coupe vers le panier. Il ne bouge pas. Il monopolise. Et il bazarde des parpaings, parfois même au-dessus de la planche.

Quel rôle pour Russell Westbrook ?

Les Lakers sont obligés de jouer "petit", avec même James en pivot lundi soir parce que les défenses adverses traitent de toute façon RW comme un pivot dès qu’il ne tient pas la gonfle. Elles l’ignorent complètement quand il est loin du cercle. L’idéal serait justement qu’il embrasse ce rôle de faux intérieur. Comme Gary Payton II aux Warriors ou Bruce Brown aux Nets, deux formations qui jouent justement vraiment le titre. Ces deux joueurs de devoir font la même taille que Westbrook et eux aussi ne sont pas des snipers à trois-points. En revanche, ils apportent énormément à leur équipe en se concentrant sur tous les petits détails : en posant de bons écrans pour provoquer des duels avantageux, en roulant fort vers le cercle, en allant aux rebonds offensifs, en coupant vers le panier dans le dos de la défense pour finir facilement de près, etc. C’est évidemment un rôle un peu ingrat.

Russell Westbrook

Crédit: Getty Images

Mais avec ses qualités athlétiques et ses aptitudes de finisseur, Russ brillerait tellement avec ce costume… tout en pouvant en faire encore plus, notamment en jouant des picks-and-roll balle en main. Parce qu’il reste un meilleur joueur que Payton ou Brown. Sauf qu’en s’entêtant de la sorte, il est finalement moins utile à son équipe.
Il se perd fréquemment en défense. Il se précipite, même dans les moments les plus chauds. Bien sûr qu’il n’est pas mauvais. Mais le rendement est insuffisant pour son temps de jeu et son niveau de responsabilité. Sans même parler de son salaire. Alors que peuvent faire les Lakers ? Un nouveau transfert paraît impossible, même s’ils y ont certainement songé. Sa valeur est trop basse et son contrat trop élevé. 44 millions cette saison, 47 l’an prochain ! Les voilà bloqués. Le problème, c’est que tant qu’elle ne change pas, Los Angeles restera cette équipe imprévisible, certes, mais aussi instable. Un peu à son image. Et il prouve saison après saison qu’il ne compte pas changer, malgré le temps qui passe. Le groupe peut encore s’améliorer et monter en puissance au retour de Davis. Mais même avec ça, ils ne paraissent pas en mesure d’aller au bout.
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