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Quatre Français dans le top 7 : les Bleus confirment qu'ils sont plus forts que jamais

Quatre Français dans le top 7 : les Bleus confirment qu'ils sont plus forts que jamais

Le 25/01/2019 à 20:37Mis à jour Le 25/01/2019 à 20:38

COUPE DU MONDE - Le tir groupé des Bleus lors du sprint d'Antholz-Anterselva, vendredi, est venu confirmer l'extrême densité de l'équipe de France masculine, plus forte que jamais cette année malgré un Martin Fourcade en recul. Reste à convertir cette émulation en victoire. Pas facile vu la domination sans partage de Johannes Boe. Mais il y a matière de progression au tir.

De mémoire, Simon Fourcade "n'avait jamais vu ça". Le doyen des Bleus, 34 ans dont 15 passés sur le circuit, ne se souvient pas d'un tir groupé pareil dans la riche histoire de l'équipe de France de biathlon. Antonin Guigonnat (3e), Martin Fourcade (4e), Simon Desthieux (6e) et Quentin Fillon Maillet (7e) ont sans doute créé un record en la matière en se plaçant tous les 4 dans le top 7 ce vendredi lors du sprint d'Antholz-Anterselva. Depuis le début de l'hiver, tous avaient à tour de rôle participé aux multiples festins collectifs. Mais ils n'avaient jamais performé tous les quatre en même temps. On avait ainsi vu à quatre reprises trois Français dans le top 9, ce qui était déjà salué comme un exploit :

  • Hochfilzen – sprint : 3 dans le top 7 (Fourcade 2e, Guigonnat 4e, Desthieux 7e)
  • Nove Mesto – poursuite : 3 dans le top 7 (Desthieux 4e, Fourcade 5e, Fillon Maillet 7e)
  • Nove Mesto – mass start : 3 dans le top 9 (Fillon Maillet 2e, Desthieux 7e, Fourcade 9e)
  • Ruhpolding – mass start : 3 dans le top 6 (Fillon Maillet 3e, Fourcade 4e, Desthieux 6e)

Parmi les multiples raisons à cet inédit coup de force à quatre, on peut déjà observer le retour en forme de Guigonnat, en délicatesse depuis un mois, et paradoxalement le plus costaud du quatuor ce vendredi. "J'ai retrouvé l'état d'esprit qui m'avait permis de performer en début de saison" confiait-t-il ainsi à la Chaîne L'Equipe, avant d'utiliser cette formule pour résumer la performance de son clan ce vendredi : "Ce n'est pas étonnant. En tout cas, on a envie de dire que c'est normal."

Antonin Guigonnat lors du sprint d'Antholz-Anterselva 2019

Antonin Guigonnat lors du sprint d'Antholz-Anterselva 2019Getty Images

Prochaine étape, une victoire en relais ?

De son côté, Vincent Vittoz avoue avoir un peu remonté les bretelles avant cette course. Quand bien même ses troupes se sont montrées d'une grande constance depuis le début de l'hiver (deux hommes dans le top 10 sur chaque course hormis la poursuite d'Hochfilzen remportée par Fourcade, dont c'est d'ailleurs le dernier podium), l'entraîneur jugeait qu'elles pouvaient faire mieux. Notamment en sprint où le podium leur avait échappé lors des trois dernières courses. "Tous les gars ont bien répondu aujourd'hui, se réjouissait l'ancien champion du monde de ski de fond. Le discours d'hier soir, c'était de dire qu'on était présents sur les poursuites et les mass starts mais qu'on se relâchait un peu sur les sprints."

Le message est visiblement bien passé. La prochaine étape à franchir pour ce groupe (hormis celle délicate de chiper la victoire à Johannes Boe sur les épreuves individuelles) serait de remporter un relais. Leur dernière victoire en la matière remonte à mars 2016 (Pyeongchang). L'hiver dernier, les Bleus n'ont décroché qu'un podium (avec un gros raté aux JO, 5e place). Et cette saison, ils ont bien réagi après la 9e place à Hochfilzen, enchaînant une 2e place à Oberhof et une 3e place à Ruhpolding. Le prochain relais aura lieu le 9 février à Canmore, au Canada. Ce sera le dernier avant celui des Mondiaux d'Ostersund, dans un peu moins de deux mois.

Historiquement, le rendez-vous mondial a rarement réussi à l'équipe de France masculine, seulement sacrée à une reprise (2001). Mais ils seront assurément les principaux adversaires des Norvégiens (vainqueurs à Ruhpolding), qui désormais ne comptent plus seulement sur les frères Boe pour briller (Bjoentegaard, Christiansen, L'Abbe Lund, Birkeland). Les Norvégiens devancent d'ailleurs les Français d'une courte tête au classement des nations (156 points d'écart alors que le 3e, l'Allemagne, pointe à 259 point des Français). Et ce seront encore les hommes à battre pour la poursuite de samedi, Johannes Boe et Erlen Bjoentegaard ayant fait le doublé lors du sprint. "Il nous manque encore quelque chose pour aller les chercher" relevait Vittoz, optimiste pour la suite du week-end vu l'énorme dernier tour de ses troupes vendredi. Fillon Maillet, Desthieux et Guigonnat ont été les trois plus rapides sur les derniers 3,3 kilomètres, même devant Boe. Un petit 20/20 et la victoire ne devrait pas être très loin lors de la poursuite et de la mass-start dimanche.

Guigonnat, Desthieux et Fourcade à Nove Mesto 2018

Guigonnat, Desthieux et Fourcade à Nove Mesto 2018Getty Images

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