Autrefois, les cauchemars de Johannes Boe s'appelaient Martin Fourcade. Soyez sûrs qu'ils ont été rebaptisés. Depuis la retraite de l'ancien maître de la discipline, aucun autre biathlète qu'Emilien Jacquelin n'a été capable de semer tant de doutes dans l'esprit du Norvégien. A Anterselva, le Français a encore fait mordre la neige à l'actuel leader du général. A la régulière. Avec la manière. Sur les skis. Et au mental.
On aurait pu vous décrire ce sprint comme un authentique exploit du Grenoblois sans avoir totalement tort. Certes, le jeune Sturla Holm Lægreid est aussi capable de suivre la cadence de son compatriote, y compris dans la course au dossard jaune. Mais il doit cela, avant tout, à sa précision de robot sur le pas de tir. Dominer Boe sur les skis, c'est une autre paire de manche. Jacquelin l'a fait. Et ce n'est pas la première fois. Ni même la deuxième. Peut-on donc vraiment parler d'exploit lorsqu'il se répète trois fois en moins d'un an ?

Le patron, c'est Jacquelin : revivez son sprint à couper le souffle face à Boe

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Sur le relais, Jacquelin a renforcé une autre réalité : il est tout simplement devenu la kryptonite du meilleur biathlète du moment. Il fallait voir l'envie avec laquelle le Tricolore a attaqué son relais, et surtout l'état physique de Boe à l'arrivée, pour en avoir la certitude. "Johannes est un athlète incroyable, a-t-il souligné après sa victoire. L'un des meilleurs de tous les temps. Mais à chaque fois que je suis avec lui dans le dernier tour, je veux me battre avec lui et donner tout ce que j'ai."
On savait que c'était quasiment fait
Jacquelin a pris le dessus sur le Norvégien et chacun de ses duels directs remportés semblent justement consolider ce rapport de force qui se joue maintenant, en grande partie, dans les têtes. Il y a un an, déjà à Anterselva, le Français avait décroché sa première médaille d'or mondiale en matant le favori sur la poursuite. Il avait encore mis le détenteur du gros globe de cristal dans ses rétros à Hochfilzen, en décembre dernier, cette fois-ci pour l'argent. Il avait surtout été l'un des rares à se dire capable de profiter de ses doutes. Et ça change tout. Pour lui. Et pour les autres.

Emilien Jacquelin lors du relais à Anterselva

Crédit: Getty Images

"Connaissant Emilien, on savait que c'était quasiment fait, a souri Simon Desthieux. Il a été malin, il a su attaquer quand il fallait pour arriver en tête dans cette dernière ligne droite". Désormais, la bête noire de Johannes Boe est en mesure d'assumer : il n'est plus tout à fait dans son état normal lorsqu'il est au coude-à-coude avec lui. "Sans le public, c'est difficile, a-t-il renchéri après l'épreuve. Mais sur cette dernière boucle, j'avais l'impression qu'il était encore là ! Et j'ai vraiment beaucoup apprécié…" Il n'est pas le seul.
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