Vous adorez les victoires sans pression, sans combat et avec une marge sur la concurrence ? Alors, avec Julia Simon, passez votre chemin. Car, avec la Française, c’est sensations fortes garanties. La semaine passée, à Oberhof, elle avait parfaitement su exploiter la défaillance des autres pour s’imposer au terme d’une remontée complètement folle. Ce samedi ? Bis repetita évidemment.
Malgré un tir en délicatesse, la native d’Albertville a su puiser dans des ressources insoupçonnées pour s’offrir le doublé et le maillot de leader sur la mass-start. Alors, copier-coller ? Pas vraiment. "Je fais trois fautes comme la semaine dernière, le dernier tour est accroché comme la semaine dernière, par contre il n'y a rien à voir dans la manière, a-t-elle déclaré après coup. Mes tirs sont beaucoup plus construits, ça me conforte dans mon travail et je suis bien plus contente aujourd'hui. La course, je suis allée la chercher, c'est une grande fierté."
Il y a de quoi. Car la Française semble prendre une épaisseur nouvelle ces derniers temps, elle qui nous avait habitués à un yo-yo incessant dans ses performances. La preuve, juste avant son exploit d'Oberhof, elle n'avait pris que la 59e place du sprint et il y a deux jours elle avait quitté l'individuel d'Anterselva sur une piteuse 62e position.
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Le triomphe de Julia Simon : 3 fautes mais un dernier tour d'anthologie dans la mass start

"C’est ce qui fait la beauté de la mass-start"

Mais la mass-start, c’est autre chose. Un chaos génial, une atmosphère spéciale et des renversements de situation improbables. C’est dans cet environnement que Simon s’épanouit. "J’aime être directement en concurrence avec les filles dans cet état d’esprit de bataille, détaille-t-elle auprès de Nordic Magazine. C’est peut-être étrange mais j’arrive plus à me concentrer sur moi-même sur ces courses-là. On voit directement où on en est par rapport à la concurrence et, quand ça va bien, c’est très sympa à vivre. Les sensations viennent directement. Aujourd’hui, c’était de la satisfaction et du plaisir".
Ce samedi, après être revenue à hauteur, c’est sur les skis qu’elle a su faire la différence. "Je ne voulais pas être le dindon de la farce avec le retour des filles de derrière pour finir quatrième ou cinquième, glisse-elle avec un sourire. J’ai essayé de passer, de mettre des à-coups pour les mettre dans le dur et, finalement, ça fait une très belle course se jouant à pas grand-chose. C’est ce qui fait la beauté de la mass-start". On ne saurait pas mieux dire.

Julia Simon devant Hanna Oeberg à l'arrivée de la mass start à Antholz - Anterselva un dernier tour d'anthologie

Crédit: Getty Images

Dossard rouge bien accroché

Alors que s’approchent les Mondiaux (10-22 février à Pokljuka), elle semble croire en ses chances. A raison. A condition de corriger encore quelques erreurs fâcheuses. "Il me manque de la performance au tir, c'est quelque chose qu'il va falloir que je trouve et que j'arrive à mettre en place, a-t-elle admis. Peut-être que ce sera aux Mondiaux…", a-t-elle expliqué.
En attendant, la voilà en tête dans la course au petit globe de la mass-start avec cette deuxième victoire d'affilée dans cette spécialité. De quoi en faire un objectif ? Visiblement, ce n’est pas l’obsession majeure. "Tant que j'ai le dossard rouge (de leader de la mass-start, ndlr), je vais me battre à chaque course. Mais ne penser qu'au maillot, ce serait se rajouter de la pression", a-t-elle prévenu. Elle a raison. Julia Simon est une femme d’instinct. Et c’est bien mieux ainsi.
Avec AFP
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