Fautive lors du relais mixte (5e) mercredi, la Française Anaïs Chevalier-Bouchet a réussi à "évacuer sa frustration" pour s'offrir la médaille d'argent du sprint aux Mondiaux de biathlon samedi à Pokljuka.
Que vous inspire cette 2e place?
Anaïs Chevalier-Bouchet (A.C) : Je suis super contente, j'ai eu un peu de mal après le relais mixte (5e après un tour de pénalité, ndlr). Avoir foiré une course d'équipe, c'est toujours un peu dur. J'étais triste, en colère contre moi. J'avais besoin d'évacuer ma frustration. Le meilleur moyen de me rattraper, c'était d'aller chercher des bonnes performances. Je suis quelqu'un qui n'aime pas trop afficher des objectifs. Je suis pudique là-dessus. J'ai enjolivé la réalité, je disais que je ne revenais pas pour faire grand-chose mais le sprint, c'était une des courses qui était sur ma liste.
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Avez-vous eu du mal à rebasculer après l'échec du relais mixte ?
A.C : Je suis allée m'excuser auprès des copains et du staff. Je me suis dit: "allez, on tourne la page et il faut se remobiliser". Je connaissais mes ambitions et il ne fallait pas que je broie du noir trop longtemps. Ce n'est jamais très agréable de rater une course et si je pouvais l'éviter, je le ferais, mais j'arrive à rebondir.

Chevalier-Bouchet voulait sa revanche : sa médaille d'argent lors du sprint

Vous confirmez que vous êtes plus forte physiquement qu'avant votre grossesse ?
A.C : Cela fait un moment que je le vois. Physiquement, ça va quand même plus vite qu'avant. J'avais plein d'interrogations et j'en ai encore plein. Je ne savais pas si ça allait tenir sur la durée. Mais pour l'instant ça roule, je prends et je ne me pose pas trop de questions. Un meilleur temps de ski, je n'ai jamais fait ça de ma carrière, même chez les jeunes. Je travaille aussi pour ça. Je me connais de plus en plus.
Quelle est la différence entre cette médaille et le bronze du sprint aux Mondiaux d'Hochfilzen en 2017?
A.C : L'âge, l'expérience, la maternité qui m'a beaucoup changée. Je n'ai plus le même statut qu'en 2017 aussi, je suis plus attendue et j'en attends plus aussi. Pour l'instant, ça vaut le coup, je suis revenue pour faire ce genre de courses. Mais je suis plus détachée qu'avant. Y a moins d'innocence, j'ai vieilli, il y a moins la fougue.
Quelles étaient vos sensations ce matin?
A.C : J'étais un peu tendue, je suis hyper sensible avec le froid et j'avais peur de me faire prendre par le froid. Mais finalement, j'étais tellement concentrée sur autre chose que j'étais un peu dans un état second. On sait qu'il n'y a pas grand-chose qui va vous arriver.

Anaïs Chevalier-Bouchet

Crédit: Getty Images

Un podium dès la première course individuelle, c'est rassurant pour la suite de la compétition...
A.C : Je ne sais pas. Ça m'ouvre le champ des perspectives, il y a une course demain (poursuite, ndlr), les écarts sont faibles. Je ne me suis pas encore trop projetée sur le sujet. J'ai fait le boulot pour que demain soit un peu plus aisé. Rien n'est facile mais au moins je suis placée. Maintenant, quoi qu'il arrive, au moins, j'en ai une. C'est mal me connaître de dire que je vais m'arrêter en si bon chemin. Mais je n'ai pas encore atterri.
Cette médaille efface aussi le zéro pointé des Mondiaux-2020 chez les dames...
A.C : C'est une très bonne chose pour le groupe. On a toujours eu ce petit complexe face aux garçons. J'espère que ça va libérer les choses, même pour le staff.
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