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Guigonnat, ça valait la peine d'attendre

Guigonnat, ça valait la peine d'attendre
Par AFP

Le 17/03/2019 à 19:14Mis à jour Le 17/03/2019 à 19:29

MONDIAUX OSTERSUND - A 27 ans, Antonin Guigonnat disputait ses premiers Mondiaux et y a décroché sa première médaille. Dimanche, il a illuminé la journée des Bleus au cours d'une mass start folle qui s'est décantée sur le tard... comme sa carrière.

Premiers Mondiaux et première médaille : Antonin Guigonnat a dignement fêté son baptême du feu dans la compétition en décrochant la médaille d'argent de la mass start disputée dimanche dans des conditions dantesques, une magnifique récompense pour un biathlète arrivé sur le circuit fin 2017.

Le Haut-Savoyard n'a définitivement intégré la Coupe du monde qu'il y a un an et demi mais il est rapidement devenu un visage familier des Bleus. Avec cette 2e place derrière l'Italien Dominik Windisch, arrachée au terme d'une course rendue aléatoire par la météo (vent, neige), il démontre qu'il est bel et bien une valeur sûre des Bleus à 27 ans, malgré son éclosion tardive. Cette 4e médaille dans l'escarcelle de l'équipe de France, après les trois bronzes de Quentin Fillon-Maillet (sprint, poursuite) et de Justine Braisaz (individuel) tient pourtant un peu du miracle.

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Rien ne prédestinait réellement Guigonnat, 8e après le 3e et avant-dernier passage sur le pas de tir, à monter sur le podium. Mais le temps épouvantable sur le site d'Ostersund a eu raison de tous les favoris derrière la carabine. A commencer par le nouveau roi de la discipline, Johannes Boe, qui a sabordé ses chances avec 5 grossières erreurs sur son ultime tir debout, et terminé 13e. Il n'y aura donc pas de 5e titre mondial à Ostersund pour le Norvégien, déjà assuré de soulever le gros Globe de cristal à trois courses de la fin de la saison, ni de record de victoires sur un hiver égalé (14).

Guigonnat, malgré une petite faute, en a profité pour griller la politesse à tout le monde en compagnie de Windisch, auteur d'un seul succès en Coupe du monde jusque-là, avant de tomber dans les bras de sa famille venue en Suède l'encourager.

" C'est assez fou"

"C'est assez fou de voir les dix premiers faire autant de fautes sur leur dernier tir", a réagi le Français. "Après il y a eu une belle bagarre avec les deux Autrichiens (Simon Eder et Julian Eberhard, 3e, ndlr). Je n'ai jamais eu de rêve olympique ni de médaille. J'ai juste envie de donner le meilleur de moi-même sur les compétitions. Le fait d'avoir réussi une course pareille en Championnat du monde, c'est du bonus mais ça ne m'excite pas plus que ça."

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Guigonnat aime être là où on ne l'attend pas. Arrivé sur la pointe des pieds en Coupe du monde lors de l'étape du Grand-Bornand en décembre 2017, il avait surpris en se classant 3e du sprint. Sa médaille à Ostersund, malgré les caprices de la météo, relève un peu du même modèle. "Il a un caractère particulier, c'est un joueur", a ainsi indiqué Patrick Favre, l'entraîneur de tir des Bleus.

Le barbu Guigonnat a longtemps travaillé au sein de l'entreprise de son père paysagiste. Il ne fait rien comme les autres et traîne son côté atypique sur le circuit, sans se soucier des standards du biathlon. Il était donc sans doute programmé à briller dans des conditions aussi extrêmes. Cette saison, quelque chose a changé chez le Français: avec 4 podiums et une 8e place au classement général de la Coupe du monde, il a véritablement pris une autre dimension. Mieux vaut tard que jamais.

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