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JO 2018 - Martin Fourcade remporte la poursuite et égale Killy avec 3 médailles d'or

Fourcade, la revanche et la légende

Le 12/02/2018 à 13:39Mis à jour Le 12/02/2018 à 15:18

JO PYEONGCHANG 2018 - Martin Fourcade dans l'histoire ! Au lendemain d'un sprint déçevant (8e), le Français a pris une magnifique revanche lundi en conservant son titre olympique de la poursuite. Auteur d'une seule faute au tir, il a devancé le Suédois Samuelsson et l'Allemand Doll. Avec désormais trois titres olympiques à son palmarès, le biathlète tricolore égale Jean-Claude Killy.

Une éclatante revanche pour une page d'histoire. Une de plus. Au lendemain de sa déception sur le sprint, où ses trois fautes au premier tir l'avaient condamné à une frustrante huitième place, Martin Fourcade a montré pourquoi il était le pape du biathlon depuis des années. Avec un 19 sur 20 au tir, le porte-drapeau tricolore a survolé la course lundi à Pyeongchang pour décrocher sa troisième médaille d'or olympique. Il égale un certain Jean-Claude Killy pour devenir le Français le plus titré de l'histoire des Jeux d'hiver. Un champion rare, un champion à part.

Parti avec 22 secondes de retard sur le vainqueur du sprint, l'Allemand Arnd Peiffer, Fourcade a pourtant connu un début de poursuite mitigé. Rapide sur les skis, il a commis une nouvelle faute sur son premier tir couché, entretenant un soupçon de doute. Il ne pointait encore qu'au huitième rang. A mi-parcours, après un sans-faute sur son deuxième tir, le Catalan était encore dans le bon wagon, mais tout restait à faire pour aller chercher une médaille, et a fortiori l'or.

Impérial au tir debout

Tout s'est joué sur le premier tir debout. Alors que tous ses adversaires directs commettaient au moins une faute, Fourcade blanchissait ses cinq cibles. Le break était fait et il s'est alors trouvé nanti d'une vingtaine de secondes d'avance. Quand Fourcade s'envole ainsi, généralement, on ne le revoit pas. Appuyant un peu plus sur les skis dans la boucle suivante, le numéro un mondial a abordé son dernier tir debout dans une configuration idéale. Il pouvait se permettre de commettre une faute, peut-être même deux, pour s'imposer.

Mais il n'est pas homme à jouer les chefs comptables. Fourcade a claqué un dernier cinq sur cinq, histoire de régler définitivement cette affaire. Il y avait là un air de déjà-vu. Il y a quatre ans à Sotchi, il avait déjà manqué le coche sur le sprint. En Russie, il avait aussi remis les pendules à l'heure dans la poursuite et s'était présenté seul sur le pas de tir pour le dernier debout. Martin Fourcade avait fini sur un sans-faute avant de se tourner, poing levé, vers son clan. On a vu la même image lundi à Pyeongchang.

Martin Fourcade JO Pyeongchang

Martin Fourcade JO PyeongchangGetty Images

Le cauchemar de Johannes Boe

Ce nouveau triomphe du Catalan aurait pu s'accompagner d'une cerise sur ce gâteau. A Sotchi, Jean-Guillaume Beatrix l'avait accompagné sur le podium en terminant troisième. Simon Desthieux aurait pu l'imiter sans une faute de trop au dernier tir qui l'a empêché de ressortir à la bagarre pour une médaille. Il termine 7e, avec quelques regrets. Pour accompagner le roi Fourcade sur la boîte, ce fut à nouveau la valse des surprises. Le jeune Suédois Sebastian Samuelsson, 20 ans et aucun Top 10 en Coupe du monde dans sa courte carrière, s'est couvert d'argent, devant l'Allemand Benedikt Doll, médaillé de bronze.

Les grands perdants de ces Jeux sont pour l'instant les Norvégiens, à commencer par Johannes Boe. 31e du sprint, le grand rival de Martin Fourcade a entretenu l'illusion avec un cinq sur cinq sur son premier tir lundi, avant de sombrer à nouveau. Il finit 21e. Un vrai cauchemar pour lui. Il lui reste encore le 20km et la mass start pour sauver ses Jeux en individuel. Fourcade, lui, a déjà réussi ses Jeux. Il peut connaitre un accroc. Pas un fiasco.

Samuelsson Fourcade Doll JO Pyeongchang

Samuelsson Fourcade Doll JO PyeongchangGetty Images

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