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Martin Fourcade après le relais mixte en or : "La dernière balle ? Je savais que je la mettrais"

Fourcade : "La dernière balle ? Je savais que je la mettrais"

Le 20/02/2018 à 18:05Mis à jour Le 20/02/2018 à 18:23

JO PYEONGCHANG 2018 - Symbole du relais mixte victorieux mardi, Martin Fourcade a joué son rôle de porte-drapeau en portant ses coéquipiers et amis vers la victoire. En conférence de presse, il a mis en avant le rôle des équipes et a tiré son chapeau à Marie Dorin-Habert. Comme si la force collective des Bleus l’avait persuadé de la victoire.

13h05. Un Simon Desthieux parfait au tir et impeccable sur les skis lance Martin Fourcade pour le dernier passage de témoin de ce relais mixte. 32 secondes et des brouettes séparent l’Allemagne, seule en tête, d’une meute composée de l’Italie, la Norvège et la France. A cette heure-là, le relais allemand, pour lequel Arnd Peiffer va devoir boucler, est promis à l’or.

Mais le champion olympique français n’aime pas les choses prédestinées, établies à l’avance. Sur les skis, il mène la troupe, grapille les secondes. Signe un sans-faute au tir couché alors que Peiffer pioche à deux reprises, mais sort tout de même en tête. Six secondes séparent désormais l’Allemand du Français. Pulvérisées par Fourcade. Sur les skis, l’ogre tricolore place une attaque "froomesque" laissant l’Allemand derrière.

Symbole mais collectif

Et il le voulait ce titre, son premier métal olympique collectif. Bien sûr, Fourcade est devenu un peu plus une légende du sport français ce mardi avec cette nouvelle breloque en or massif. Mais il s’est surtout comporté en capitaine d’un relais éblouissant avant son passage. Car s’il a pu briller sur le final, c’est uniquement parce que Marie Dorin-Habert, Anaïs Bescond et Simon Desthieux avaient fait le job avant.

Oui, Fourcade est le symbole. Mais ce titre récompense les quatre comme il l’a détaillé en conférence de presse : "C'est génial. C'est une satisfaction énorme de pouvoir partager ça. Les relais ce sont des émotions différentes. On l'a vécu aux Mondiaux à de très nombreuses reprises, on a été champions du monde en 2016 avec ce relais mixte. Aujourd'hui, c'est simplement beaucoup de bonheur de pouvoir partager ça avec tout le monde".

Anaïs Bescond, Marie Dorin-Habert, Martin Fourcade et Simon Desthieux, le relais mixte en or aux Jeux de Pyeongchang

Anaïs Bescond, Marie Dorin-Habert, Martin Fourcade et Simon Desthieux, le relais mixte en or aux Jeux de PyeongchangGetty Images

" Je vois ça comme un passage de flambeau"

Car les relais ont toujours eu une place particulière dans son cœur à l’écouter. "C'est une belle histoire. Je pense beaucoup au relais mixte des Mondiaux ici-même en 2009. Je n'étais pas dans ce relais, les coaches avaient décidé de mettre Vincent Defrasne, qui avait pourtant été classé moins bien que moi sur le sprint. Ce n'était pas une souffrance mais c'était logique. J'étais aussi heureux que les autres sur le podium et voir les émotions du staff était quelque chose d'assez fort. A aucun moment, il y avait eu de la jalousie. Ce sont des courses qui vous donnent envie d'embarquer dans l'aventure" a-t-il détaillé.

Alors, il a embarqué. Et quelle aventure. "L'histoire de cette équipe a commencé en 2009. Il n'y a pas un seul athlète de l'équipe qui est le même mais on est trois à avoir été présent en 2009 et à être aux Jeux, Marie (Dorin, ndlr), Simon (Fourcade, ndlr) et moi. Je vois ça comme un passage de flambeau, avec un staff, qui est un point d'attache entre toutes ces générations et des gens qui ont traversé les époques". Une médaille qui récompense finalement le biathlon français dans son ensemble, qui régale chaque hiver.

Dorin Habert, la métamorphose de l’hiver

D’ailleurs, Fourcade le capitaine a eu un mot particulier envers Marie Dorin-Habert, celle qui l’accompagne depuis de longues années sur le circuit et qui tirera sa révérence à la fin de la saison. "Notre relation est particulière. En début de saison, le staff est venu me demander si je voulais changer de partenaire sur le relais mixte parce que Marie était un peu en méforme. Pour moi, c'était hors de question. C'est quelqu'un que j'adore et avec qui j'adore courir. Même quand Marie était au plus bas mentalement, elle a toujours été dans les plans parce qu'on savait que sur ce relais mixte, on aurait besoin d'elle pour être champions olympiques". Il avait vu juste. Avec son sans-faute et une course parfaitement menée, la doyenne de l’équipe de France de biathlon a lancé parfaitement les Bleus vers la victoire.

Au fond du trou au début de l’hiver, Dorin-Habert a finalement terminé sa saison sur une apothéose inattendue et est devenue au passage la biathlète française la plus médaillée de l'histoire. Fourcade toujours : "C'est une magnifique leçon de courage. Quand on a joué le haut de l'affiche pendant cinq ans comme elle l'a fait, il faut avoir une grande classe et une grande humilité pour accepter les déceptions du début d'année, ne pas se faire détruire par ça et ne pas tout envoyer bâcher. Bravo". Oui, bravo. À elle. À lui. A Desthieux. À Bescond. À ce relais français qui aura fait vibrer l’Hexagone. Et permis à certains individus de rentrer dans la légende. Grâce au collectif. La magie du sport. Celle du biathlon.

Le relais mixte de biathlon sacré à Pyeongchang

Le relais mixte de biathlon sacré à PyeongchangGetty Images

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