Son oncle et sa tante comme seuls sponsors

"Onkl'U & Tant'A". Voilà ce que vous pouviez lire sur la carabine de Sturla Holm Laegreid lors de ses trois premières victoires cette saison. Si dorénavant il est un nom qui compte et le rival le plus sérieux à Johannes Boe, Laegreid n'était encore qu'un jeune qui débutait sa première saison complète en Coupe du monde en novembre. Aussi, les sponsors se faisaient rares pour lui. "Pendant pas mal d’années, je suis allé à la chasse aux sponsors, sans succès. Quand mon oncle en a entendu parler, il a suggéré qu’il pourrait acheter un emplacement sur ma carabine. Ma tante a dit, moi aussi", raconte-t-il à NRK, un média norvégien.

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Sturla Holm Laegreid au tir

Crédit: Getty Images

En début d'année, la fédération norvégienne de ski a finalement annoncé que Sturla Holm Laegreid allait être sponsorisé par AF Gruppen, une entreprise de construction norvégienne. "Je suis fier de faire équipe avec eux, c'est très excitant d'avoir mon premier partenariat", se félicitait le biathlète de 23 ans. Précision importante : Laegreid a conservé l'inscription pour son oncle et sa tante sur sa carabine. La famille avant tout.

22 000 balles tirées pour devenir une gâchette

22 000 balles. Sturla Holm Laegreid assure avoir tiré 22 000 balles entre avril et décembre 2019. Il faut dire que le Norvégien avait du temps à tuer. Mis en marge des compétitions par une mononucléose diagnostiquée après les Mondiaux juniors 2018 d'où il a ramené une médaille d'argent, Laegreid s'est astreint à un entraînement très intense. "Si je ne pouvais pas m’entraîner physiquement, j’étais encore capable de tirer", explique-t-il à Nordic Magazine.

Et si c'était lui, le successeur de Fourcade ? Laegreid, un mimétisme assumé

Un entraînement intensif qui paye puisque pour ses débuts en Coupe du monde, à Nove Mesto et Kontiolahti en fin de saison dernière, il réussit un incroyable 59/60. Une précision chirurgicale qu'il confirme cette saison avec une réussite de 94% (160/170). Seul Simon Eder (163/170) fait mieux pour de moins bons résultats finaux. Pour son tir, Laegreid assure s'être inspiré d'un des plus grands. "J’ai passé beaucoup de temps à étudier Martin Fourcade, en vidéo, je me suis inspiré de lui et de sa gestuelle pour lâcher ses balles."

Il apprend très (très) vite

Quatre courses puis la victoire. Le passage du natif de Bærum, ville de la banlieue d'Oslo, en Coupe du monde en fin de saison dernière lui a servi à prendre ses repères. Une fois l'environnement apprivoisé, le jeune loup n'avait plus qu'à faire parler son immense talent. Chose faite sur l'Individuel de Kontiolahti qui ouvre traditionnellement la saison de biathlon. Favorable aux bons tireurs, cette course lui allait à merveille. Encore fallait-il le prouver sur la piste.

Un 20/20 (évidemment), le cinquième temps de ski derrière les deux Boe, Samuelsson et Ponsiluoma mais devant Jacquelin et Fillon Maillet notamment, et voilà le biathlon mondial qui fait connaissance avec sa future terreur. Depuis, trois autres succès ont suivi pour un total de quatre, soit de deux plus que Johannes Boe. Ce n'est pas la première fois que Laegreid fait une arrivée remarquée. En IBU Cup (la deuxième division), il avait pris la 17e place d'un sprint pour commencer avant de remporter la mass-start le lendemain.

Un 20/20 au tir et Laegreid s'offert la première victoire de sa carrière : sa victoire en vidéo

Il pratique la méditation avant chaque course

Comment un gamin de 23 ans qui arrive sur le circuit de la Coupe du monde aux côtés de l'ogre du moment, Johannes Boe, peut-il être si serein ? Nombreux sont ceux à s'être posé cette question. La réponse tient peut-être dans le rituel d'avant course du Norvégien : la méditation. "Avant chaque course, il s'assoit tout seul et médite, de préférence en position du lotus. Si quelqu'un le regarde étrangement, il l'ignore tout simplement. Il se ferme à tout le monde", rapporte NRK.

"Je ne reste pas assis là comme un esclave devant mon téléphone portable toute la journée, j'ai des pauses mentales. Il est particulièrement important dans ce sport de ne pas épuiser sa concentration mentale avant de courir", pose-t-il assurant que ceci l'aide quand il arrive sur le pas de tir. Laegreid avoue même qu'il tente de convaincre ses coéquipiers de se mettre à la méditation, sans succès pour le moment.

Des études prometteuses… remises à plus tard

Avant cette saison, Laegreid avait donc semé de belles promesses et son talent paraissait indéniable mais le Norvégien naviguait entre les compétitions nationales, la maladie, l'IBU Cup et pour finir la Coupe du monde. Jusqu'à la saison dernière, il avait donc le temps de faire autre chose. Dans un entretien à Nordic Mag, il a ainsi révélé qu'il suivait des études d’ingénierie des énergies renouvelables. Une activité qui lui prenait "50% de son temps" selon lui.

"J’espère continuer comme cela l’année prochaine, mais cela dépendra de beaucoup de facteurs, souhaitait-il en avril dernier. Le biathlon est ma principale préoccupation et, si mes études deviennent un obstacle à ma formation et à mon développement, je les mettrai en suspens." Avec un calendrier chargé et les sollicitations qui augmentent au gré des succès, il y a fort à parier qu'il ait dû effectivement stopper ses études.

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