AFP

"Une grosse claque"

Estanguet: "Une grosse claque"
Par Eurosport

Le 12/08/2008 à 10:45Mis à jour

C’est un terrible coup de massue qui s’est abattu sur la délégation française avec l’élimination prématurée, dès le stade des demi-finales, de Tony Estanguet. Digne dans la défaite, le Palois ne sera pas le premier sportif tricolore de l’histoire à être s

Que s'est-il passé ?

Tony ESTANGUET : Je sors dès la porte 3. Je perds du temps, plus une touche. Ce qui est assez terrible, c'est que je vois en plus le juge lever la plaquette (qui signifie une pénalité). A ce moment, je prends un coup de massue. Et puis derrière, c'est dur de se remettre dedans. C'est un bassin très exigeant. Dès que je suis en dehors de la ligne, je n'arrive jamais à la récupérer. Je me suis accroché, j'ai fait ce que j'ai pu jusqu'en bas. Il y a eu quelques bons mouvements, mais ça n'a pas suffi.

Hier déjà lors des qualifications, vous aviez accroché cette maudite porte 3…

T.E. : C'est vrai. Déjà, à l'entraînement, cette porte 3, je la touchais une fois sur trois. En compétition, j'ai effectue quatre passages et je la touche deux fois. C'est vraiment une porte que je ne sais pas négocier et que je n'ai jamais su maîtriser.

Vous devez tomber de haut…

T.E. : C'est une grande déception, bien évidemment, parce que ça fait deux ans qu'il n'y a qu'une seule course qui compte. Je suis passé à travers. C'est la première fois de ma carrière que je rate un objectif important. C'est comme ça, ça fait malheureusement aussi partie d'une carrière. D'un autre côté, il n'y a pas d'abattement. C'est comme si je m'y attendais un jour dans le sens où ça fait un an que je viens ici et je n'ai jamais réussi à placer ma navigation. Je voyais bien que partout ailleurs, j'étais compétitif alors qu'ici, même à l'entraînement, ça n'allait pas. Je crois que ce bassin est un peu ma bête noire. Je ne suis donc pas complètement surpris par ce qui me tombe dessus. C'aurait pu sourire si tout s'était enchaîné parfaitement bien. Mais je ne crois pas trop aux miracles…

Depuis hier (lundi), on a le sentiment que vous n'êtes jamais vraiment parvenu à rentrer dans votre compétition ?

T.E. : Ce qui est sûr, c'est que la compétition a été gérée différemment. Mais ça ne me surprenait pas vraiment parce que je suis arrivé avec un statut et des attentes différents. J'ai quand même essayé d'y croire jusqu'au bout. Les sensations n'étaient pas si mauvaises que cela à l'échauffement. Mais je me doutais que techniquement parlant, ce serait dur d'aller au bout.

Dans quelle mesure la cérémonie d'ouverture a-t-elle pu influer sur votre niveau de performance ?

T.E. : Le fait d'avoir été porte-drapeau n'est en rien responsable de mon échec. L'enjeu sportif, c'est bien. Mais il y aussi d'autres expériences à travers lesquels on peut s'épanouir. Et cette cérémonie a tout simplement été parfaite et magique pour moi.

L'enjeu sportif cumulé à votre rôle de porte-drapeau n'était-il pas un peu trop lourd à supporter ?

T.E. : Encore une fois, c'était inédit pour moi de vivre ces Jeux avec ce statut-là. C'était une chance extraordinaire. Je fais justement du sport de haut niveau pour vivre des situations inédites et j'ai trouvé ça à la fois très excitant et très excitant. Je savais au fond de moi que ce serait très compliqué. Mais encore une fois, je ne pense pas que ce soit l'explication de mon échec. L'explication principale, c'est que sportivement comme techniquement parlant, je n'ai jamais bien navigué ici. Ici, il m'arrive tout le temps des tuiles. Pendant un an, j'ai galéré avec le bateau, j'ai galéré avec le matériel, j'ai galéré avec ma navigation. Est-ce que ce bassin est ma noire ? Je ne sais pas. En tout cas, j'aurai du mal à revenir ici.

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

T.E. : Je n'en ai aucune idée. Je pense qu'il va me falloir un peu de temps pour digérer tout ça. C'est la première fois de ma carrière que je prends une telle grosse claque. Je n'ai jamais connu de défaites comme celle-la. Rien que pour ça, je pense que je vais connaître des jours difficiles. Je vais donc prendre mon temps. Ce serait dommage de finir comme ça. D'un autre côté, est-ce que j'aurais le courage de repartir ? Je ne sais pas. On verra. Il n'y a pas le feu au lac. Je vais attendre un peu et prendre une décision à tête reposée.

0
0