JASON LAMY-CHAPPUIS, la saison débute ce vendredi à Kuusamo. Qu'avez-vous fait depuis la fin de l'hiver dernier ?
J.L-C. : Juste après Oslo, je suis parti un mois et demi aux Etats-Unis. J'avais besoin de voir autre chose, de voir d'autres gens. De me ressourcer. Début juin, j'ai réattaqué les stages. Puis il y a eu des sollicitations. De nouveau des stages, puis des sollicitations. Je n'ai pas arrêté. Pendant ce temps-là, j'ai dû passer une demi-journée chez moi dans la semaine.
Ces conditions vous ont-elles permis de bien vous entraîner ?
Kuusamo
Lamy-Chappuis 3e
27/11/2010 À 13:49
J.L-C. : Pas trop, non. C'était difficile de se remettre dans le bain. Je me suis rendu compte que j'avais beaucoup de retard. J'ai donc décidé de me couper un peu du monde, d'arrêter les sollicitations. A partir de fin juillet, début août, j'ai mis les bouchées doubles à l'entraînement. Mi-août, j'ai eu un coup de fatigue pendant les Grands-Prix. C'est pour ça que je ne les ai pas tous faits. Début septembre, j'ai commencé à sentir les progrès. A Lillehammer, on a fait un stage en saut où tout s'était bien passé. La semaine d'après, à Oberhof, je me suis bien amusé aussi. Depuis, tout va bien. J'ai pu tester correctement mon matériel, notamment les skis de saut Atomic.
A l'intersaison, vous avez décidé de changer vos skis de fond. Vous avez quitté Fischer pour rejoindre Salomon. Pour quelles raisons ?
J.L-C. : C'était une opportunité, un nouveau challenge aussi. Je voulais bosser avec une marque française. Fischer possède 75% des athlètes en combiné nordique. Le service n'est pas trop à la carte. En gros, pour résumer, j'avais les mêmes skis que tout le monde. Salomon, qui travaille déjà avec Roddy Darragon ou Cyril Miranda en fond, me proposait beaucoup d'échanges. Avec eux, je peux tester du matériel régulièrement, leur redonner s'il ne me convient pas. Il y a un vrai dialogue. Et puis, eux étaient intéressés par mes "retours" car ils sont encore en phase de développement. En combiné, on est quatre à être chez Salomon. Il y a Jonathan Felisaz, deux juniors qui sont en Coupe Continentale et moi-même.

COMBINE NORDIQUE 2009-2010 Jason Lamy-Chappuis

Crédit: Zoom

Avant d'évoquer les JO de Vancouver, quelles images gardez-vous de votre saison de Coupe du monde ?
J.L-C. : En fait, dès la première étape, à Kuusamo, j'ai senti que ça allait être grand. Dès le début, je prends le maillot jaune. Et de le garder, c'était sympa. Je garde aussi en mémoire le week-end de Ramsau, où je fais un doublé. Après, il y a Chaux-Neuve. C'était magique même si je n'ai pas gagné. C'était la fête. Et puis, à la fin, l'étape de Lahti où je décroche le gros globe pour de bon. Terminer à Oslo, c'était top aussi.
Oslo accueillera les prochains Championnats du monde du 22 février au 6 mars. C'est un lieu que vous aimez ?
J.L-C. : J'ai fait ma première Coupe du monde là-bas, en 2004. Depuis, j'ai toujours bien marché à Oslo. J'aime bien l'endroit, la vue sur le fjord. De savoir que les Mondiaux auront lieu là-bas, cela me donne encore plus de confiance. La défense de mon globe ne sera pas mon objectif principal cet hiver. Pour moi, les Mondiaux passent avant. J'adore le stress du coup d'un jour. Si je ne parviens pas à conserver le globe, mais que je suis champion du monde, ma saison sera réussie.
Revenons à l'épisode olympique. A Vancouver, vous avez tout vécu. Une joie immense avec ce titre en petit tremplin puis une énorme frustration sur le grand...
J.L-C. : C'est ça. Concernant le concours de saut du grand tremplin, j'ai eu cette sensation d'être impuissant. Le jury a pris cette décision de nous envoyer dans le vent. C'était impossible de bien sauter dans ces conditions si particulières. Si cela avait été une erreur de ma part, une mauvaise prise d'élan, j'aurais pu m'en prendre qu'à moi-même. Mais là, c'est cette passivité qui m'a frustré. Heureusement, il y a eu le titre sur le petit tremplin, qui efface tout. Si la compétition sur le grand tremplin avait eu lieu avant le petit tremplin, je n'aurais rien dit évidemment (rires).
Vous faites-vous de temps en temps ce petit plaisir de revoir votre sprint final pour l'or olympique ?
J.L-C. : Ça m'arrive (rires). J'ai toujours autant de frissons à revoir ces images. Surtout quand j'entends Guillaume (NDLR : Di Grazia) s'époumoner sur mon arrivée. C'était génial. L'arrivée dans le stade, c'était grandiose. Quand je revois les images, je repense à cette journée parfaite, du matin jusqu'au soir.
Et puis, vous avez reçu la légion d'honneur...
J.L-C. : Oui, et c'est une fierté même si ça n'a rien à voir avec le fait de recevoir une médaille sportive. La fierté de se voir décerner la légion d'honneur, c'est surtout d'avoir parfaitement représenté son pays. C'est agréable de voir son gouvernement nous remercier de la sorte pour avoir représenté les couleurs de la France.
Cet hiver redémarre sans Fabrice Guy, qui ne sera plus à vos côtés. Comment vivez-vous ce changement ?
J.L-C. : Je reste toujours en contact avec lui, même si, c'est vrai, il ne sera plus sur les épreuves avec nous. On s'appelle de temps en temps. Lui s'occupe désormais du Pole France. En gros, il entraîne de jeunes athlètes qui sont au collège, à partir de la quatrième, ou au lycée. C'est un sport étude du combiné nordique en quelque sorte.
Avez-vous décidé de ce que vous ferez après les JO de Sotchi de 2014 ?
J.L-C. : Très honnêtement, je ne sais pas encore. Je verrai si la motivation est encore là. J'aurais peut-être d'autres opportunités, notamment au niveau de ma reconversion, dans l'aviation. Là, je repars pour quatre ans, c'est sûr. Après, on verra. Si Annecy obtient les JO en 2018, ça serait bête de ne pas disputer les JO en France.

COMBINE NORDIQUE 2009-2010 Jason Lamy-Chappuis

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