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Carriacou, la belle histoire du Grand Steeple-Chase de Paris 2019

Carriacou, la belle histoire du Grand Steeple-Chase de Paris 2019

Le 22/05/2019 à 13:01

À l’issue des 6.000m de course, dimanche dernier, Carriacou a offert un premier Grand Steeple-Chase de Paris à Isabelle Pacault et son jockey Davy Russell. Retour sur un sacre intense et une histoire singulière d’un cheval dont la carrière était proche de la fin.

Miracle. Dimanche dernier, vers 16h22, après six kilomètres et sept minutes de course, Carriacou est entré dans l’histoire des courses en remportant l’épreuve mythique de l’année, le Grand Steeple-Chase de Paris. Le cheval de sept ans d’Isabelle Pacault a connu bien des remous durant sa carrière. N’était-il pas «condamné par les vétérinaires», comme l’a dit son entraîneur au micro d’Equidia. Le succès de Carriacou est également le premier pour une femme entraîneur dans l’histoire de cette course.

Très bon à quatre et cinq ans, puis…

Victorieux dès ses débuts à Compiègne le 20 mai 2015, Carriacou gravit les échelons au fil des courses et se signale moins d’un an plus tard en remportant le Prix Hopper (Groupe 3) sur l’hippodrome d’Enghien. Une première victoire de prestige qui le propulse dans le haut du classement de sa génération. Le 6 novembre, il justifie son titre avec une victoire de classe dans le Prix Maurice Gillois – Grand Steeple-Chase des quatre ans, son premier Groupe 1. Jugé digne de participer au Grand Steeple Chase de Paris en 2017, après deux belles deuxièmes places dans les préparatoires, il se classe troisième derrière les intouchables So French et Perfect Impulse. S’ensuivent 606 jours d’absence, soit un an et sept mois, des programmes de course. Une éternité pour un cheval d’une telle qualité. 

Le 17 janvier 2019, le fils de Califet signe son retour à Pau, sur les haies. Et déjà, il balaie l’opposition. Mais l’objectif n’est pas là. Il s’agit bien de retourner à Auteuil, ce qu’il fait en se classant deux fois deuxième. Carriacou évite les combats des courses préparatoires mais gagne le Prix William Head (Listed), comme Princesse d’Anjou en 2006, future lauréate du Grand Steeple. Une classique qu’il a remportée de la tête et des épaules ce dimanche.

Mieux que Lord Carmont

Isabelle Pacault a eu le nez creux. En l’absence de Stéphane Paillard, pas suffisamment remis d’une blessure, et de Jonathan Plouganou, retenu sur le favori Bipolaire, l’entraîneur de Maisons-Laffitte décide de confier Carriacou à Davy Russell. Le jockey Irlandais de trente-neuf ans, double lauréat du Grand National de Liverpool, est l’un des plus expérimentés outre-Manche mais il montait pour la deuxième fois seulement à Auteuil, la première fois en steeple. Bien lui en a pris puisqu’il a donc inscrit son nom au palmarès du Grand Steeple Chase de Paris! Carriacou a remporté sa neuvième course en vingt-trois sorties, après avoir avalé tous les gros obstacles d’Auteuil un à un. Il fait donc mieux que l’autre champion d’Isabelle Pacault, Lord Carmont, troisième en 2005 et deuxième en 2007. «C’est un cheval élevé à la maison, d’où une joie incommensurable», s’est-elle exprimée. «Vivre cela en famille, c’est magique. J’ai bien vécu la course, le cheval n’a pas commis de faute, il a gagné à la régulière. Je n’ai pas eu peur sur un seul obstacle, j’ai trouvé ça géant! C’est une démonstration!»

Émotion avec un grand É

Au retour du cheval dans le rond des vainqueurs, l’émotion a envahi Auteuil et plus particulièrement la famille Pacault, venue en nombre assister au sacre du champion façonné à la maison. «C’est la victoire de tous ceux qui se lèvent le matin, ceux qui sont au haras et à l’écurie», a poursuivi Isabelle Pacault. «Carriacou a un métabolisme exceptionnel. Il était condamné par les vétérinaires mais nous l’avons gardé au pré. Je n’ai jamais monté un cheval aussi intelligent de ma vie.» Place désormais à la récupération – bain de mer selon une vidéo partagée sur les réseaux sociaux – avant un automne studieux et en point d’orgue le Prix de la Haye Jousselin, l’autre épreuve majeure du calendrier.

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