Comment jugez-vous cette première année pleine avec la multiple Cravache d’Or Christophe Soumillon?C’était une année de transition car nous ne nous étions pas fixé d’objectifs si ce n’est de gagner de grandes courses. Nous nous étions dit que ce serait une saison pour apprendre à nous connaître et à travailler ensemble. Globalement, ce fut une année correcte avec un bon début à Meydan et un très bel hiver au Japon.

N’êtes-vous pas déçu de le voir hors du podium du classement final de la Cravache d’Or pour la première fois depuis neuf ans?À partir du moment où nous n’avons pas joué le début d’année à fond et en partant mi-octobre, c’était injouable, surtout avec le niveau de jockeys présents en France. Il faut être là du début à la fin pour être sur le podium.

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L’année 2019 a-t-elle été l’une des meilleures chez les jockeys, en termes de niveau global?Oui, on voit qu’il y a vrai bon niveau en France. Certains jockeys ont monté pour des écuries en forme, d’autres moins et cela joue forcément dans la balance.

L’année fut en effet compliquée pour la casaque de l’Aga Khan, dont Christophe Soumillon est le jockey numéro un…Malheureusement, il y a peu de victoires en termes comptables depuis deux ans, mais cela reste une grande casaque qui sait faire éclore de grands chevaux. On l’a vu cette année, on peut tomber sur une championne (Siyarafina) et gagner Groupe 1 (Prix Saint-Alary). Cela reste un élevage prestigieux, qui fait davantage de qualitatif que de quantitatif. C’est pourquoi il est plus compliqué de lutter au classement face à des jockeys qui ont un cheptel bien plus grand, à l’image de Maxime Guyon avec les Wertheimer ou Cristian Demuro avec les Augustin-Normand.

«Un Groupe 1 pour Alain Royer Dupré serait la cerise sur le gâteau»

Comment va se passer l’année 2020 avec la fin de carrière programmée d’Alain de Royer Dupré, entraîneur attitré de l’Aga Khan?Ce sera effectivement sa dernière année en tant qu’entraîneur. Il serait sympathique de gagner Groupe 1 pour lui. Pour Alain de Royer Dupré, ce serait la cerise sur le gâteau d’en remporter un avec Christophe. Cela lui tient à cœur.

Paradoxalement, il n’y a eu qu’un Groupe 1 en France mais six à l’étranger. Est-ce une consolation?Christophe a toujours une clientèle très intéressante à l’étranger, comme on a pu le voir cet hiver au Japon. À l’étranger, il prouve qu’il est un des meilleurs jockeys au monde. 

Y a-t-il toujours chez lui cette envie de voyager et de briller hors de nos frontières?Nous allons ré-attaquer tôt car il est resté très fit cet hiver. Il ne veut pas prendre trop de gras pendant la pause. Tout commence le 2 janvier à Meydan, puis il se rendra à Deauville, et à Meydan tous les jeudis jusqu’au mois de mars, tout en restant à Cagnes.

Cette année 2019 de transition a-t-elle été bénéfique pour lui?Oui, elle lui a fait énormément de bien mais il reste un compétiteur. Il a la niaque de la compétition. Il ne supporte pas de rester trois jours chez lui. Il aime monter, aller à droite, à gauche. Sa rage de vaincre est toujours là, que ce soit à Paris Longchamp, à Lyon La Soie ou à Marseille Vivaux.

Quels sont ses objectifs pour 2020?Le principal sera de gagner de belles courses en France, dont des classiques (la dernière remonte à mai 2015, lors de Poule d’Essai des Pouliches). Cela nous tient vraiment à cœur pour 2020. L’objectif sera la France d’abord et bien sûr l’étranger ensuite. Pour la Cravache d’Or, nous verrons où nous en serons après le meeting de Deauville (fin août) mais cela reste l’un de nos objectifs, dans un coin de nos têtes. Si on nous sommes largués au mois d’aout, nous ne ferons pas le forcing par la suite.

«Une chance d’avoir la crème des jockeys dans l’équipe»

À court terme et moyen terme, comment voyez-vous la suite de la carrière de Christophe Soumillon?Une fin de carrière est dure à envisager, ne serait-ce que parce qu’il est toujours aussi bon. Il a toujours autant envie alors il ne va pas s’arrêter de sitôt.

Comment se passe le quotidien d’agent?Avec Christophe, nous nous apprécions énormément humainement. Nous savons nous parler quand il le faut et nous disons les choses, ce qui nourrit notre bonne et saine entente. J’ai également récupéré Vincent Cheminaud en cours d’année et Stéphane Pasquier vient de nous rejoindre.

Comment ce dernier est-il arrivé dans l’équipe?Cet hiver, il s’est retrouvé sans agent. J’en ai parlé à Christophe, qui a trouvé que le récupérer était une bonne idée. Ce sont deux jockeys qui s’apprécient. Ils ont lutté certaines années l’un contre l’autre. Il y a entre eux une bonne rivalité et un respect mutuel.

Stéphane Pasquier reste sur deux très belles années. C’est une recrue de choix…Tout le monde la connaît. Avec Christophe, ils ont une grande renommée et demeurent dans le top français depuis plus de dix à quinze ans. Je travaille avec la crème, ce qui est une vraie chance à mes yeux. J’en suis conscient et j’apprécie.

Quelles sont vos attentes pour 2020?Je me suis retrouvé en «pseudo» vacances avec le départ au Japon de Christophe, car il ne me restait que Vincent Cheminaud. Le quotidien était plus calme. Je suis pressé de reprendre la saison. J’ai de bons atouts en main. L’année sera longue et compliquée mais je l’espère magnifique.

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