Anthony Jeanjean a terminé à la 7e place de la finale du BMX Freestyle dimanche matin. En soi, cette information aurait pu n'avoir qu'une importance relative sur le bilan global du cyclisme français à Tokyo. Sauf qu'il s'inscrit dans une interminable liste d'illusions perdues depuis huit jours. La route ? Zéro médaille. Le VTT ? Idem. Le BMX ? Pareil. Dans chacune de ces trois disciplines, la délégation tricolore pouvait pourtant nourrir des ambitions légitimes. Elle s'avançait avec de sérieux espoirs de podium, voire de titre. Rappelons que, un mois avant les Jeux, Michel Callot, le président de la Fédération française de cyclisme, évoquait un objectif de six médailles au Japon.
Ce fiasco collectif fait donc reposer sur les pistards un poids inattendu. Pas sûr qu'ils aient les moyens de le supporter. La piste française constitue pourtant depuis longtemps un vivier de médailles important, même si l'euphorie de la fin du XXe siècle, où les Bleus étaient portés par la génération dorée menée par Florian Rousseau, Félicia Ballanger ou Arnaud Tournant, a vécu depuis longtemps. Mais les pistards tricolores ont toujours trouvé le moyen de ne pas repartir bredouilles. La dernière fois, c'était en 1992 à Barcelone. La piste française peut-elle retourner près de trois décennies en arrière et entériner tout à la fois le recul entrevu lors de la dernière décennie, sans parler du naufrage intégral du cyclisme à Tokyo, toutes disciplines confondues ?
Tokyo 2020
Soudé et heureux, le duo français s’offre le bronze : le dernier tour de l’américaine en vidéo
06/10/2021 À 17:03
EditionMédailles
Atlanta 1996 6 (4 or, 1 argent, 1 bronze)
Sydney 2000 6 (4 or, 2 argent)
Athènes 2004 2 (1 argent, 21 bronze)
Pékin 2008 2 (1 argent, 1 bronze)
Londres 2012 3 (3 argent)
Rio 2016 1 (1 bronze)
La chose n'est pas impossible. Mais il y a tout de même quelques espoirs. Un, surtout. Si l'équipe de France a longtemps reposé sur ses sprinters, Benjamin Thomas en est aujourd'hui l'incontestable leader. Le patron de l'endurance française arrive à Tokyo fort de ses deux titres mondiaux en omnium (2017, 2020). Comme tout le monde, il ne sait pas trop où il en est. Depuis les Championnats du monde de Berlin en février 2020, juste avant le déclenchement de la pandémie du Covid-19, aucune compétition internationale n'a pu se tenir. "Le Covid nous a privés de repères, mais mon objectif sera l'or et uniquement l'or", assure Thomas, qui annonce la couleur : "Si je prends l'argent ou le bronze, j'estimerai qu'il s'agit d'un échec". Au moins, c'est clair.
Le coureur de l'équipe Groupama-FDJ, qui a alterné préparation spécifique et épreuves sur routes cette année (il a notamment été sacré champion de France du contre-la-montre), visera même une deuxième médaille, dans l'épreuve de l'américaine. Il y a décroché un autre titre de champion du monde, en 2017, avec Morgan Kneisky. Depuis, il a changé de partenaire et s'alignera à Tokyo avec le jeune Donavan Grondin (21 ans). Lors des Mondiaux 2020, la paire avait pris la 6e place. Le duo tricolore abordera cette américaine avec un statut d'outsider.

Benjamin Thomas, lors des Mondiaux sur piste 2020

Crédit: Getty Images

Fin de série pour la vitesse par équipes ?

Et à part ça ? Possiblement, pas grand-chose. Si Benjamin Thomas serait plus que déçu de ne pas repartir avec de l'or, pour tous les autres, un podium aurait valeur d'agréable, voire divine surprise. La France a notamment considérablement rétrogradé en sprint, où l'horizon est davantage Paris 2024 que Tokyo 2021. Aucune épreuve ne devrait mieux symboliser ce recul que la vitesse par équipes. Depuis son introduction au programme olympique en 2000, les Bleus n'ont jamais quitté le podium. Avec Florian Grengbo, 20 ans, au poste de démarreur, Sébastien Vigier et Rayan Helal, le trio aligné au Japon manque d'expérience et de vécu collectif : ce sera leur toute première compétition internationale ensemble. Dans ce contexte, difficile de leur demander de prolonger la série de podiums olympiques tricolores. Même chose dans les épreuves individuelles.
Chez les filles, le principal espoir se nomme Mathilde Gros. Après un début de carrière impressionnant qui l'avait installée comme la nouvelle pépite du sprint tricolore, la Cristolienne est en quête de confirmation. Médaillée de bronze en vitesse aux Mondiaux 2019, elle avait été sortie dès les huitièmes l'année suivante, à l'occasion du dernier rendez-vous international. Intrinsèquement, elle est capable de rivaliser avec les meilleures en vitesse pure. Mais dans le combat direct, elle a parfois péché tactiquement. Et l'absence de compétitions depuis un an et demi l'a empêché de progresser dans ce domaine, même si elle assure l'avoir énormément travaillé à l'entraînement, en se focalisant davantage sur des oppositions "proches des situations de match", dit-elle.
Une bonne partie du bilan de la piste bleue reposera donc sur Benjamin Thomas. A minima, l'idée est de ne pas imiter les collègues du BMX, de la route et du VTT en faisant chou blanc. Le grand espoir Thomas, y compris pour l'or, peut permettre d'être raisonnablement optimiste à cet égard. Mais cette équipe a peu de cartes à jouer pour les podiums. Elle aura donc peu de jokers à griller.

Comment Leslie Djhone est devenu l’agent de Mathilde Gros : "Il m’a battu au sprint… mais de peu !"

Piste - Le programme des finales

Lundi 2 août
Vitesse par équipes dames
Mardi 3 août
Poursuite par équipes dames
Vitesse par équipe hommes
Mercredi 4 août
Poursuite par équipes hommes
Jeudi 5 août
Keirin dames
Vendredi 6 août
Omnium hommes
Américaine dames
Vitesse individuelle hommes
Samedi 7 août
Américaine hommes
Dimanche 8 août
Vitesse individuelle dames
Omnium dames
Keirin hommes
Tokyo 2020
Kenny devient le plus grand pistard de l'Histoire
08/08/2021 À 03:30
Tokyo 2020
Comment Kenny a dynamité la finale du keirin
08/08/2021 À 03:20