Le concept

La piste tient sa Ligue des champions. L'UCI Track Champions League, première du nom, va se tenir du 6 novembre 2021 à Majorque au 11 décembre 2021 à Tel Aviv, à travers cinq étapes. 72 des meilleurs spécialistes mondiaux (36 femmes, 36 hommes) vont y participer, répartis en quatre groupes de 18. Il y aura quatre classements et donc quatre vainqueurs : une femme et un homme vont triompher dans la discipline de la vitesse ; une femme et un homme vont triompher dans celle de l’endurance.
UCI Track Champions League
Deux monstres, deux amis, deux adversaires : Lavreysen - Hoogland, drôle de rivalité
07/12/2021 À 13:15
Lors de chaque round, il y aura des points en jeu. L’objectif : proposer le cyclisme sur piste comme un feuilleton, alors qu’il cristallise d’habitude l’attention sur des évènements prestigieux (Championnats du monde, Jeux Olympiques) mais ponctuels et déconnectés. Autre carte de l'UCI Track Champions League : la densité du programme, avec deux heures de spectacle lors de chaque étape, à suivre sur Eurosport.
  • L’œil de notre consultant Arnaud Tournant
"Je suis impatient d’assouvir ma curiosité. Impatient et curieux, c’est ça. Curieux de savoir comment les coureurs vont aborder ce qui pour moi ressemble à ce que l’on pouvait avoir sur des "6 jours" (Les Six Jours de Gand, les Six Jours de Paris, NDLR), qui représentent un monument, un rassemblement populaire, un évènement festif, quelque chose qui fait vibrer autrement, qui est plus en partage avec le public. Je prenais énormément de plaisir à rencontrer les gens à ces occasions.
Ce sont des compétitions un peu plus tournées vers le spectacle que vers la performance, même s’il y aura de la performance. Cela fait partie du métier. Mais je pense que le schéma de l’UCI Track Champions League, avec cette tournée européenne, avec une compétition sur plusieurs manches, c’est un peu ce que j’ai pu découvrir à travers les épreuves de 6 jours.
C'est un nouveau schéma, une nouvelle dynamique. Deux heures de programme, pas plus. (...) On est sur un show, qui peut plaire aux puristes mais aussi à ceux qui vont tomber dessus un peu par hasard. Et plutôt qu’aller au cinéma, pourquoi ne pas aller au vélodrome ? Deux heures, c’est comme aller voir un film. Trois ou quatre heures, avec des enfants en bas âge, cela peut être compliqué… Deux heures peut être le bon compromis."

Gros : "Une atmosphère de spectacle : c'est ce qui manquait à la piste aujourd'hui"

Les épreuves

  • Vitesse - Le keirin
Du classique : six coureurs s'affrontent, départ groupé. Les deux premiers tours de piste sont effectués derrière une moto Derny pour donner le rythme, les trois derniers à fond. Les dix-huit sprinteurs sont répartis en trois courses. Les deux premiers passent en finale.
  • Vitesse - Le sprint
Matches à trois, sur trois tours de piste, jusqu'en finale. Le vainqueur de chacune des six premières séries passe en demi-finale. Le vainqueur de chaque demie se qualifie pour la finale, qui répond au format (devenu) plus classique du un contre un (voir analyse d'Arnaud Tournant).
  • Endurance - Le scratch
Pas besoin de se plonger dans d’interminables calculs : l’ordre d’arrivée des athlètes définit leur classement. L’épreuve est longue de 5 km (soit 20 tours d’une piste de 250m).
  • Endurance - La course à l'élimination
Les dix-huit protagonistes débutent en peloton, par un premier tour neutralisé. Puis le dernier coureur à franchir la ligne d'arrivée lors d'un tour sur deux est éliminé de la course. Jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un concurrent en piste, le vainqueur.

Une accélération fulgurante et Fortin se pare d'or : le final de la course à l'élimination

  • L’œil de notre consultant Arnaud Tournant
"Le scratch se rapproche d’une course sur route (le premier à franchir la ligne d’arrivée est déclaré vainqueur, NDLR). C’est donc assez simple à comprendre pour ceux qui vont découvrir la discipline. L’éliminatoire, c’est un esprit highlander : il n’en restera qu’un.
Le keirin et le sprint sont les épreuves de vitesse les plus spectaculaires (…) Et concernant le sprint, on va revenir sur le schéma des années '80. Un schéma à trois que j’ai connu, pourtant j’ai commencé ma carrière élite en 1997. C’est bien parce que ça va apporter du dynamisme, de la variété.
Les sprints à deux se ressemblent. On a très, très souvent un premier tour d’observation, un deuxième tour où l’allure s’accélère et le dernier tour à fond. On est tombé dans un classico-classique de physionomie de match. Je pense que certains peuvent s’en être lassés. Cela va rendre le sprint un peu plus incertain... et difficile. Parce que lorsque vous êtes en troisième position, sur un vélodrome de 250 mètres, c’est compliqué de déborder.
Il va falloir que les champions en un-contre-un soient capables de se renouveler, de se différencier, de mettre un peu plus de folie dans leur sprint et c’est plutôt intéressant pour le spectateur. J’attends cela avec impatience, j’ai hâte d'être au 6 novembre pour commenter des sprints qui auront une physionomie différente. Je vais prendre mon pied."

Hoy sur l’UCI Track Champions League : "Une performance exceptionnelle ne suffira pas"

Les participants

Illustration de la qualité du plateau : Harrie Lavreysen et Jeffrey Hoogland, les deux terreurs du sprint mondial sont de la partie. Les Néerlandais ont fait 1 et 2, dans cet ordre, en keirin et en vitesse individuelle (sprint), lors des Mondiaux à Roubaix le mois dernier. Le Français Rayan Helal, qui a obtenu une médaille de bronze olympique en vitesse par équipes cet été à Tokyo, répond aussi présent, comme ses compatriotes Mathilde Gros et Tom Derache.
Katie Archibald et Kirsten Wild figurent également parmi les têtes d’affiche de l’évènement, qui regroupe globalement les cadors de la piste. Un bémol : des cyclistes qui brillent également sur route et ont donc des calendriers d’autant plus complexes à articuler, comme Lisa Brennauer, Elia Viviani, Filippo Ganna ou Benjamin Thomas, manquent à l’appel.
  • L’œil de notre consultant Arnaud Tournant
"Il ne faut pas se tromper, ce n’est pas une compétition où l’on peut se dire : 'J’ai envie de la faire, je m’inscris.' (...) C’est comme si on faisait une compétition de foot et que l’on sélectionnait Messi, Neymar, Mbappé et tous les autres joueurs emblématiques du football actuel et qu’on les mettait dans deux équipes. C'est à l'image du Masters de tennis aussi.
Les participants sont 72 champions et championnes. Le top du top, la crème de la crème (…) Lors des prochaines éditions il y aura peut-être de nouvelles stars, des coureurs qui auront été impressionnés par cette UCI Track Champions League et qui auront envie d’y faire une apparition.
Mais je pense que ce sera plutôt un honneur que l’on fera à ceux qui ont voulu se recentrer sur la route. Ce sera une faveur qu’on leur fera si on les accueille, parce que les garçons et les filles qui participent à cette première édition ne sont pas des coureurs de seconde zone."

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